La BNP Paribas échafaude son plan pour mener à bien la fermeture de 500 agences à travers l’Hexagone d’ici à 2030. Une démarche qui s’inscrit dans une tendance plus globale : le secteur bancaire est, lui aussi, en pleine mutation.
Le tiers des agences va fermer
C’est un tiers du parc actuel de la banque qui est amené à disparaître. Alors qu’elle clôturait jusqu’ici une cinquantaine d’agences par an, ce rythme devrait nettement s’accélérer dans les années à venir.
Ainsi, des expérimentations locales sont prévues dès septembre 2025, dans plusieurs régions encore non précisées. Objectif : évaluer l’efficacité du nouveau modèle, notamment en matière de réorganisation des équipes, de transfert des clients vers d’autres agences ou vers les canaux digitaux, et d’accompagnement des salariés concernés.
Ces tests serviront de base pour ajuster le déploiement national de la réforme, qui s’étalera ensuite jusqu’en 2030. Ils permettront également de mesurer la réceptivité des clients face à la fermeture de leur agence habituelle et de tester les nouvelles synergies avec Hello Bank, la banque en ligne de BNP Paribas.

Du grand changement en interne
Côté main-d’œuvre, le groupe assure qu’aucun plan de départs n’est prévu dans le cadre de sa réorganisation, mais anticipe tout de même une baisse progressive des effectifs, estimée entre 2,2 % et 2,5 % par an entre 2026 et 2030.
Pour accompagner cette transformation, un accord vient d’être signé avec le syndicat majoritaire SNB-CFE-CGC, incluant plusieurs mesures destinées à atténuer l’impact sur les salariés : prime de 800 euros pour les conseillers transférés vers la plateforme à distance « Service Client », maintien temporaire de la rémunération variable en cas de mobilité, et revalorisation des primes horaires décalés.
Par ailleurs, la banque entend étendre le recours au télétravail : à partir du 1er octobre 2025, les agences de plus de sept salariés n’auront besoin que de 60 % de personnel en présentiel, contre 75 % actuellement. Des décisions qui sont loin de faire l’unanimité, plusieurs syndicats contestant un texte « signé à la hâte » qu’ils jugent « incomplet, médiocre et dangereux » pour les conditions de travail et la qualité du service client.

Le monde se numérise
Cette réorganisation s’explique avant tout par l’évolution des habitudes des clients, largement accélérée depuis la pandémie. Les services à distance, en ligne ou par téléphone, ont pris le pas sur la visite en agence. En parallèle, BNP Paribas cherche à moderniser son réseau et à optimiser ses coûts, dans un contexte bancaire où la rentabilité repose de plus en plus sur l’efficacité des canaux digitaux.
Et ce phénomène ne touche pas uniquement BNP Paribas. Depuis 2020, plus de 3 300 agences ont disparu en France, un chiffre en forte accélération par rapport à la décennie précédente. Dans les petites communes, ces fermetures s’ajoutent à celles d’autres services essentiels, accentuant le sentiment d’abandon.
- BNP Paribas prévoit de fermer 500 agences d’ici 2030, soit un tiers de son réseau.
- La banque mise sur des tests régionaux et des mesures d’accompagnement pour les salariés.
- Cette restructuration reflète une tendance nationale, portée par la digitalisation des services bancaires.
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