Les clients de Bouygues Telecom ne verront plus les mails reçus de l’opérateur du même œil. Les envois tels que l’objet « Une nouvelle facture est disponible dans votre espace personnel » lui ont permis de suivre ses clients, collecter (sans anonymiser) les adresses IP, et encourager la publicité ciblée d’une entreprise tierce.
C’est ce que veut pointer du doigt l’association eWatchers ce jeudi, un organisme lancé dans le but de lutter pour les droits et la protection des individus en ligne. Après une découverte de taille, l’association a décidé de porter plainte. Elle accuse Bouygues Telecom d’avoir utilisé des « pixels espions », une technique de traçage alternative aux cookies. Le tout, sans consentement.
Bouygues Telecom dans la tourmente
L’opérateur français aux plus de 18 millions d’abonnés mobile et 4 millions d’abonnés fixe est accusé directement devant la Cnil, la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Celle-ci régit le RGPD (règlement général sur la protection des données) et pourrait écoper d’une correction sévère pour avoir eu recours à ce moyen de tracer ses clients en totale discrétion.
La méthode du « pixel espion » est une alternative aux cookies classiques. Pour pouvoir récupérer des informations sur l’utilisateur, Bouygues Telecom aurait intégré des images de 1 pixel par 1 pixel, invisible pour l’internaute, mais qui demanderait bien à l’ordinateur de télécharger le contenu ce qui aurait pour effet de partager nos données au serveur en question.
Les recherches de l’association eWatchers ne s’arrêtent pas là. Les pixels espions en question utilisés par Bougyes Telecom renverraient à la fois vers Google Analytics – certainement à des fins de statistiques internes à l’entreprise – ainsi qu’à Weborama, une société spécialisée dans la collecte de données marketing et la diffusion de campagnes publicitaires en ligne.
L’association dit que Bouygues a « omis d’activer l’option permettant d’anonymiser les adresses IP collectées par Google Analytics et omis de désactiver l’option permettant de ne pas utiliser les données collectées à des fins de publicité ciblée ». Ce qui devrait d’autant plus peser sur son dossier.
Bouygues Telecom n’a pas encore fait de déclaration au sujet de ces pixels espions. Et de son absence de consentement pour récupérer les données des utilisateurs, si les accusations sont avérées. Une demande de dédommagement à tous les clients a également été envoyée à la Cnil.
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A suivre … cette pratique si elle est avérée mérite des sanctions très lourdes !
Suivant les sanctions prises, si les faits sont avérés, nous saurons si nous sommes otages des outils que nous utilisons quotidiennement ou s’il nous reste encore un peu de liberté. J’ai bien peur de connaître la réponse…