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« Ça me brise le coeur » : après 9 mois de mission, un marin du porte-avions Abraham Lincoln apprend que son père a été expulsé par la police d’immigration de Trump

Mobilisé depuis neuf mois sur le porte-avions USS Abraham Lincoln, un soldat américain pensait avoir tout enduré au Moyen-Orient jusqu’à ce qu’un appel n’anéantisse ses espoirs de retrouvailles. Alors que le navire s’apprête enfin à rentrer, le marin a appris que son père venait d’être arrêté en vue d’une expulsion imminente.

Déjà éprouvé par plus de 250 jours passés en mer à enchaîner des gardes sans le moindre jour de repos, Joshua Aviles pensait avoir atteint ses limites à bord de l’USS Abraham Lincoln, porte-avions déployé dans le cadre de la guerre en Iran. Mais un appel téléphonique reçu depuis les États-Unis est venu un peu plus assombrir son quotidien : le jeune marin a appris l’arrestation de son père par les services de l’immigration.

« C’est déchirant pour moi », écrit-il, expliquant se battre « pour un pays qui m’a tout donné ». « Je ne sais pas comment je peux continuer mentalement à travailler plus de 12 heures par jour en sachant que mon père est quelque part, éventuellement traité comme un criminel », déplore-t-il. Coup du sort : selon Katherine Delgado, la sœur du soldat, il s’était justement enrôlé dans la Navy pour améliorer les chances de son père d’obtenir la nationalité américaine.

Abraham Lincoln
© Satoshi Mizushima / Shutterstock.com

L’administration Trump a durci sa politique contre l’immigration

Originaire du Nicaragua, Luis Manuel Aviles, 48 ans, vivait pourtant aux États-Unis depuis 19 ans. Titulaire d’un permis de travail temporaire, il était installé à Key West, en Floride, où il a été interpellé par la patrouille frontalière alors qu’il se rendait chez le garagiste. Sa femme, Argelia Aviles, décrit pourtant un homme sans histoires, dont la seule priorité est son foyer : « C’est un bon père, il aime ses enfants de toute son âme ». Il attendait l’approbation de sa carte verte.

Mais aucune concession n’est envisagée malgré le statut du fils déployé. Le département de la Sécurité intérieur (DHS) a confirmé, dans un communiqué, que le père de famille resterait en détention dans l’attente de son expulsion : « Avoir un membre de sa famille dans l’armée n’est pas un passe-droit pour violer les lois de notre nation », a martelé l’instance. En effet, l’administration Trump a progressivement restreint le military parole-in-place, un dispositif permettant d’accorder une protection contre l’expulsion aux proches de soldats engagés.

Dans ce contexte, plusieurs dizaines de parents ou conjoints de militaires en service actif sont aujourd’hui arrêtés et déportés. C’est la douche froide pour Joshua Aviles, lui qui a été confronté à la dégradation des conditions de vie à bord du porte-avions. Un situation si terrible qu’elle a mené à des tentatives de suicide au sein des rangs de l’armée. « Il va bientôt rentrer à la maison… mais il va rentrer sans son père », regrette sa sœur, Katherine.

  • Après plus de 250 jours en mer sur l’USS Abraham Lincoln, un soldat américain a appris l’arrestation de son père par la police de l’immigration.
  • L’administration Trump refuse tout « passe-droit » pour les familles de militaires.
  • Alors que les proches de soldats étaient autrefois protégés, le durcissement politique prive le marin d’un retour en famille.

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