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« Les provisions vont devenir très rares, le moral sera au plus bas » : un militaire américain du porte-avion Abraham Lincoln raconte la privation de la guerre en Iran

Des soldats américains déployés en Iran rentrent quasiment bredouilles de la cantine. Rations insuffisantes, produits d’hygiène en rupture… La guerre a un coût humain que les familles tentent désespérément de compenser, sans succès.

À bord des navires américains mobilisés dans le conflit en Iran – l’USS Tripoli, chargé de faire respecter le blocus des ports iraniens avec ses 3 500 marins et marines, et les deux porte-avions USS Abraham Lincoln et USS Gerald Ford – des soldats ont faim. Certains sont en mer depuis des mois.

Des photos partagées à USA Today par des membres de l’équipage ne donnent pas vraiment envie : un plateau-repas à deux tiers vide, une petite portion de viande effilochée et une unique tortilla. Ou encore, au dîner, une poignée de carottes bouillies, une galette de viande sèche et une tranche de charcuterie grisâtre. Loin de l’image d’une armée surpuissante.

Pour compenser, les familles remplissent des colis de friandises, de produits d’hygiène et de petits conforts du quotidien. Mais ils n’arrivent jamais à destination.

Porte Avions Americain
© Cacio Murilo / Shutterstock.com

Les livraisons sont tout bonnement suspendues

Car depuis début avril, le service postal américain a suspendu les livraisons vers 27 codes postaux militaires, en raison des fermetures d’espace aérien et des perturbations logistiques liées au conflit. Conséquence directe : des dizaines de colis sont bloqués en transit, sans date de livraison connue.

Les soldats, eux, doivent faire avec. Un marin à bord de l’USS Tripoli décrit une situation qui se dégrade : « Les provisions vont devenir très rares », écrit-il. « Le moral va être au plus bas. » À bord, les membres d’équipage se partagent équitablement ce qu’ils ont. Les produits frais ont disparu. La machine à café est en panne.

Pour leur part, Les familles s’organisent comme elles peuvent. Une paroisse de Virginie-Occidentale a envoyé 22 colis à un paroissien embarqué sur l’Abraham Lincoln pour plus de 540 dollars de frais de port. Six ont atteint Tokyo le 14 avril. Aucun n’a encore rejoint son destinataire.

Cette situation n’est pas sans précédent. Lors du débarquement de juin 1944, le courrier destiné aux soldats s’était accumulé en masse, sans pouvoir être acheminé. En 2003, pendant la guerre en Irak, les délais atteignaient deux semaines. Cette fois, en revanche, les familles n’ont reçu aucune communication officielle, et ignorent où se trouvent leurs colis.

Notre analyse

Ces privations surviennent au pire moment. Certains soldats, notamment à bord de l’USS Gerald Ford, sont déployés depuis près de 300 jours. Or, nourrir correctement ses troupes est l’une des obligations les plus fondamentales d’une armée, et des manques risquent de sérieusement miner la cohésion.

Ceci est d’autant plus critique que l’opinion publique américaine voit très défavorablement la guerre en Iran. À l’approche des élections des midterms, Donald Trump ne peut pas se permettre d’images de soldats affamés. De quoi le fragiliser face aux démocrates qui critiquent vivement les décisions du président en termes de politique étrangère.

  • Des soldats américains déployés en Iran à bord des navires de guerre signalent des rations insuffisantes et des pénuries de produits de première nécessité.
  • Depuis début avril, les livraisons postales vers 27 codes postaux militaires sont suspendues indéfiniment, laissant des dizaines de colis de proches bloqués en transit.
  • Ces privations risquent de peser très lourd sur le moral des troupes.

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