Lancée le mercredi 10 avril dernier par l’association 40 millions d’automobilistes, la pétition demandant de plafonner le prix du carburant à 1,50 euro le litre en France est un carton. Retour en 3 questions sur cette opération pour mieux comprendre ce phénomène.
Quel est l’objectif de la pétition ?
Sur le site dédié, l’association n’y va pas par quatre chemins et dresse un réquisitoire contre l’inflation du prix des carburants :
Consommés quotidiennement par des millions d’usagers de la route, les carburants routiers sont également touchés de plein fouet par l’inflation. Les prix affichés en station-service dernièrement sont sans précédent et flirtent allègrement avec les 2€/L. En 1 an, le litre de SP95 a ainsi gagné 32 cts€ et celui du gazole a augmenté de 21 cts€. Cela correspond à un surcoût moyen d’un peu plus de 200 € par an (+13,3%) pour chaque automobiliste.
Elle demande donc : « L’État doit agir de toute urgence pour réformer la fiscalité sur les carburants, afin de modérer leur prix et préserver la mobilité et le pouvoir d’achat des ménages français.Objectif : garantir aux citoyens que les prix affichés à la pompe soient toujours inférieurs à 1,50€, seul tarif limite acceptable ».
Pour rappel, d’après une récente étude de l’association CLCV (Consommation, logement, cadre de vie), les taxes de l’État restent bien le poste le plus important dans le prix que nous payons lorsque nous passons à la pompe. Les experts ont toutefois noté que les marges des distributeurs ont explosé depuis l’année dernière, sans aucune autre justification que la recherche du profit. Un point qui n’est pas mentionné dans cette pétition.
Rappelons par ailleurs que ces taxes servent à financer en partie la Sécurité sociale, mais aussi les collectivités locales et leurs services publics, ou encore les infrastructures routières. Il ne s’agit donc pas uniquement d’argent abstrait que l’on enverrait dans les caisses de l’État sans jamais en revoir la couleur.
Est-ce que ça marche ?
La pétition est un véritable carton depuis quelques jours. Dans un article publié vendredi, Le Figaro annonçait 1.038.796 signatures. On peut légitimement penser qu’il a largement augmenté tout au long du week-end. 40 millions d’automobilistes espère que cela va alerter au sommet de l’État pour l’inciter à agir sur les taxes.
Le gouvernement doit-il s’inquiéter ?
Cette initiative pourrait interpeller le gouvernement. Comme le soulignent à juste titre nos confrères, le mouvement des gilets jaunes était notamment parti suite à une pétition lancée par Priscillia Ludosky en 2018. Cette mobilisation sociale dénonçait initialement le prix des carburants avant d’aborder ensuite de nombreux autres aspects.
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