Depuis quelques mois, on observe une stagnation des prix du carburant avec une très légère tendance à la baisse en France. Or, les tarifs auraient dû bien plus diminuer si l’on se réfère au prix du baril. Que se passe-t-il exactement ? Pour y voir plus clair, l’association CLCV (Consommation, logement, cadre de vie) vient de publier une étude fort intéressante.
Les distributeurs se goinfrent, les consommateurs trinquent
L’organisation a ainsi passé au crible l’ensemble des éléments qui contribuent au prix de l’essence. On en dénombre cinq : cours du baril, marges de raffinage, marges de transport et de distribution, taxes.
Sans surprise, ce sont les taxes de l’État qui restent le poste le plus important dans le prix que nous payons. Mais CLCV a remarqué une autre évolution intrigante. En effet, il apparaît que les marges des distributeurs ont explosé depuis l’année dernière, sans aucune autre justification que la recherche du profit.
Concrètement, l’association a relevé des marges brutes qui dépassent les 25 centimes par litre depuis début 2023. À titre de comparaison, c’était 15 centimes en moyenne sur la période allant de 2018 à 2021.
L’organisation commente ainsi dans son rapport :
Ces marges brutes transport/ distribution exceptionnellement élevées interrogent sur la juste rémunération des distributeurs, en vue d’assurer un équilibre entre les intérêts des consommateurs et ceux des professionnels. La CLCV appelle les distributeurs de carburants à respecter leur engagement de ne pas pratiquer des marges de distribution excessives.
Signalons que les marges des distributeurs avaient été rognées dans le cadre de la guerre en Ukraine. Alors que la tension sur les prix du baril s’apaise, on peut imaginer que les géants du pétrole ont souhaité gonfler leurs bénéfices.
Quid des opérations de carburant à prix coûtant ?
Dans cette étude, décidément très instructive. CLCV s’est aussi concentré sur les opérations de vente de carburant à prix coûtant des distributeurs. Une mesure demandée par le gouvernement pour soulager le pouvoir d’achat des consommateurs.
Sur la période analysée (du 29 septembre au 13 octobre 2023), les enseignes de la grande distribution et les discounters de groupes pétroliers ont dans l’ensemble joué le jeu avec des baisses de tarifs entre 3 et 6 %. Il n’en va clairement pas de même pour les grandes enseignes telles que TotalEnergies et Avia où aucun effort significatif n’a été relevé.
Ce qu’il faut retenir :
- Une étude sur les prix du carburant en France révèle des surprises
- La marge des distributeurs s’est considérablement accrue
- Cela explique le fait que les tarifs ne baissent pas autant que le prix du baril
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