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Casa de Papel Saison 3 : machine à suspense

La Casa de Papel partie 3 est disponible sur Netflix depuis le 19 juillet et mise sur une formule gagnante en ouvrant déjà sur la saison 4

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© Netflix

Sentiment de déjà-vu et rebondissements à gogo semblent antinomiques, mais c’est là toute la force de la formule de La Casa de Papel partie 3, disponible sur Netflix depuis le 19 juillet. L’article sera d’abord sans spoiler, puis avec !

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La Casa de Papel cartonne à fond sur Netflix et, pour cette partie 3, le parti-pris consiste à reprendre une formule qui a fait ses preuves et déjà conquis des millions de téléspectateurs. Dans la vidéo que j’avais consacrée aux deux premières parties de la série, j’avais opposé le sens du suspense de la Casa de Papel à son manque de cohérence.

Une version concentrée de La Casa de Papel parties 1 et 2

C’est une dynamique qu’on retrouve à l’identique en partie 3. Comme je savais cette fois à quoi m’attendre, je me suis laissé porté et j’ai passé un bon moment de divertissement, à condition quand même de régulièrement mettre mon cerveau en veille.

Pour commencer, cette partie 3 passe très vite, avec ses 8 épisodes contre 13 pour la partie 1 et 9 pour la 2 (du moins selon le découpage Netflix). Me récit s’en trouve resserré et peut-être encore plus rythmé qu’auparavant, d’autant qu’on connaît déjà la plupart des personnages.

La machine à suspense reprend donc de plus belle en remettant en marche une mécanique bien huilée.

Casa de Papel saison 3 reprend une recette éprouvée

On retrouve le même schéma appliqué en boucle : coup de pression des policiers qui déclenche le suspense, puis la révélation d’un plan de secours préparé en amont, puis on relance une boucle en entrecoupant avec des scènes d’émotion ou de crise au sein de la famille.

Et oui, la famille, puisque cette partie 3 met à profit tout ce que les personnages et les spectateurs ont traversé ensemble pour jouer à fond la carte de la loyauté, mais aussi des tensions qui apparaissent forcément quand on a la brillante idée de mélanger famille et business.

On pourrait même aller plus loin et dresser des parallèles entre Palerme et Berlin et leur trajectoires respectives.

Plus de budget

Alex Pina, créateur de la série, a obtenu deux fois plus de budget grâce à la reprise par Netflix sachant que la Casa de Papel était initialement financée en Espagne par la chaîne Antena 3. Une rallonge qui se voit un peu à l’écran (plus d’extérieurs, destinations exotiques), sans plus.

Il ressort clairement qu’Alex Pina a décidé de jouer la sécurité en reprenant tous les ingrédients pour ne pas perdre et décevoir les fans.

Message politique et social… vite fait

Selon certains, la progression se situerait dans le message politique plus affirmé de cette partie 3. Alors effectivement, on retrouve un vernis de message politique, mais en grattant un peu, on ne trouve rien de bien concret là-dessous, j’y reviendrai dans la partie spoilers.

À ce vernis politique, il faut ajouter une petite couche « message de société » sur les thèmes du machisme et de la misogynie, sachant que l’Europe du sud est souvent considérée comme fortement touchée par ces phénomènes.

Je vous laisserai juge de la pertinence du propos, sachant que l’aspect caricatural de personnages tel que Tokyo ou encore une nouvelle inspectrice sur laquelle je reviendrai n’aide vraiment pas à faire passer ce type de message en subtilité.

Faut-il regarder Casa de Papel partie 3 ?

En résumé, avant de passer aux spoilers, si vous avez aimé les parties 1 et 2, la troisième vous offrira la même recette en version plus concentrée, donc foncez, vous serez ravis. En revanche, si les incohérences et les exagérations vous avez déjà gâché le plaisir auparavant, mieux vaut sans doute consacrer votre temps libre à autre chose.

Une histoire de famille

Pour commencer les spoilers, ce qui fonctionne bien dans cette partie 3, c’est de mettre la loyauté entre les membres au cœur de l’intrigue et de faire du sauvetage de Rio l’objectif central de l’équipe.

Il est intelligent de jouer sur l’attachement aux personnages et on retrouve avec plaisir Andrès grâce à la construction rusée des flashbacks permettant de ressusciter Berlin, que la plupart des fans de la série adorent ou adorent détester.

Il faut dire que les acteurs tiennent toujours aussi bien leurs personnages, avec des mentions particulières pour Andrès, le Professeur, Nairobi et Denver.

La torture, c’est mal

Le seul message politique qui trouve à mes yeux une certaine consistance porte sur le respect des droits de l’homme et la condamnation de la torture. Comme Nairobi le dit à Palerme après qu’il ait tabassé le garde du corps avec sa canne, ce genre de pratique les réduit au même niveau que les Talibans.

Evidemment, il y a de l’exagération, ça fait partie de la personnalité de Nairobi, mais le fond est assez juste.

Au-delà de ce point, on peut dire que la relative grisaille morale des parties précédentes cède la place à une opposition assez nette entre les gentils braqueurs et les méchants policiers et militaires.

De la caricature bien « bourrine »

En effet, tous les membres de l’équipe du colonel semblent caricaturaux, à commencer par lui-même, la pire de toutes étant clairement l’inspectrice Alicia qui se résume à quatre caractéristiques : sadique, manipulatrice, accro au sucre et enceinte jusqu’aux yeux.

Alors, une opération aux retombées internationales serait-elle confiée à une femme de 47 ans en fin de grossesse et identifiée par la presse comme liée à une probable affaire de torture, j’en doute fortement, mais justement, parlons un peu de ces énormités qui font partie des meubles de la maison de papier.

Quelques incohérences de la saison 3…

Dès le départ, l’équipe arrive à visage découvert, notamment Tokyo que tout le monde reconnaît, sauf les policiers stationnés devant la banque d’Espagne.

Bon point en revanche, le coffre de la Banque d’Espagne bénéficie réellement d’un système qui l’inonderait en cas de tentative de vol et on comprend pourquoi cela a pu inspirer les créateurs.

Passons sur la faisabilité de faire arriver tranquillement plusieurs zeppelins dans l’espace aérien du centre de Madrid…

Parlons plutôt des faux scandales préparés en 15 minutes pour contrer les révélations potentielles par le Professeur. Si le gouvernement espagnol est capable de ça, il fonctionne bien mieux que tous les autres réunis.

Le pire, c’est qu’ensuite on fait comme si les véritables informations compromettantes devenaient véritablement inutiles, alors que cela ne repose que sur une supposition des plus farfelues. Ceci dit, je ne désespère pas que le contenu des fameuses boîtes rouges revienne jouer un rôle dans la suite de l’histoire.

Autre moment qui m’a fait vraiment rire, c’est Angel qui entre le premier, seul et un smartphone à la main dans le camping-car abandonné. Là, je dois dire qu’on fait fort dans le respect des protocoles de la police.

On pourrait les enchaîner, mais je m’arrête sur une dernière scène surréaliste, celle de l’inspectrice Alicia qui approche, non seulement enceinte, mais aussi avec un enfant, à portée de tir du bâtiment et sous les yeux des manifestants, mais surtout des objectifs et caméras de la presse.

C’est ridicule, mais bon, comme je le disais, on peut passer outre et profiter de toute l’énergie de la série.

De l’énergie à revendre

Justement, on retrouve avec un certain plaisir le côté pas du tout lisse, voire carrément trash, mais surtout très vivant des personnages et de leurs interactions passionnées, quitte parfois à en faire des tonnes.

Dans le style, j’apprécie particulièrement Denver et Nairobi. La scène de coaching de séduction dans les toilettes est particulièrement décalée avec tout le reste, celle dans laquelle Denver explique les base à l’informaticien qui parle constipation à la femme de ses rêves.

Tokio reste insupportable

Quant à Tokyo qui m’insupportait déjà en saison 1, que dire sinon que son « je m’en foutisme » et son instabilité la rendent particulièrement crispante, avec une performance tout particulière quand elle tente de chauffer Denver dans l’ascenseur. Un véritable poison…

Pour moi, s’il devait y avoir un personnage à sacrifier pour obtenir une forme de rédemption cette fois ci, ce serait évidemment Tokyo et puisque la recette semble avoir été copiée jusqu’au bout, ce ne serait pas étonnant que la partie 4 se termine ainsi pour faire écho à la mort de Berlin.

Un temps d’écran inégal

Même si on a grand plaisir à retrouver ces personnages hauts en couleurs, j’ai aussi quelques regrets sur le très faible temps d’écran accordé à la vie de Denver et Monica ou encore de Nairobi et Helsinki après le premier casse.

Parmi les nouveaux personnages, Palerme est clairement le plus développé. Un personnage aussi humain qu’antipathique, qui pourrait bien d’ailleurs lui aussi reprendre le rôle du sacrifice de Berlin en fin de partie 4.

Quant à Marseille et Bogota, clairement le second est plus intéressant, même s’il se résume à deux diatribes, notamment la plus marquante sur sa définition du rôle de père.

La « résistance », vaste blague opportuniste ?

Pour ce qui est du pseudo message politique, on parle de résistance et on retrouve même le mot « indignés » dans la bouche du professeur, un terme très connoté et puissant en Espagne avec les soulèvements populaires.

Toutefois, le message ressemble plus à une rébellion adolescente qu’à un propos construit. On retrouve un amalgame de toutes les formes de rejets de l’ordre en place, mais pour proposer quoi en face ?

C’est presque comme si la série surfait sur le sentiment diffus de rejet du système, de l’idée du « tous pourris » concernant la classe politique et autre message potentiellement populiste et démagogique.

La musique dans La Casa de Papel saison 3

Autre élément incontournable de la Casa de Papel, la musique évidemment ! La série renoue avec des moments partagés par Andrès et Sergio notamment et c’est plutôt agréable.

En revanche, les chansons sont à mon gout surexploitées et, surtout, il y a un sacré problème de variation du volume d’une scène à l’autre.
Quand vous regardez ça à 2 heures du matin sur une télé, ça devient carrément pénible de devoir toujours tenir la télécommande.

Cliffhanger final et saison 4

Concernant le final de cette partie 3, et la pseudo-mort de Raquel, personnellement je n’y ai pas cru une seconde et j’ai trouvé dommage que la série estime indispensable d’expliquer qu’il s’agissait d’une manipulation.

Pour ce qui est de Nairobi, elle est aux portes de la mort, mais si je devais parier, ce serait pourtant sur sa survie in extremis. On a d’ailleurs du mal à comprendre pourquoi le Professeur n’a pas inclus un médecin de guerre parmi les nouveaux membres du groupe, vaste question !

La partie 4 est d’ores et déjà officielle, elle comptera 8 épisodes et son tournage a commencé. Elle pourrait arriver fin 2019 ou début 2020 au plus tôt, mais il n’y a pas encore de date communiquée.

Malgré les défauts de la série, il sera presque impossible de résister à l’envie de voir comment cette machine à rebondissements rocambolesque parviendra à sortir les Dalis de leur guêpier.

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2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Mathieu R

    24 juillet 2019 at 12 h 03 min

    Dans la catégorie incohérence:
    Le camping-car communique avec la banque en ondes courtes, vieux système qui nécessite une grosse antenne sur le toit du camping-car.
    Mais tout à la fin le professeur est en communication avec une toute petite oreillette.

  2. Vengeur

    25 juillet 2019 at 22 h 31 min

    La pseudo mort de Rachel j’y ai crus dans le sens que la police avait torturé Rio et qu’on insiste sur le fait que la police était méchante c’était cohérent tandis que la rousse qui imagine ça c’est impossible de prévoir ça !

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