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Ce député interroge un ministre sur les risques de l’IA… avec ChatGPT

Un député de l’opposition a voulu montrer les dangers de l’intelligence artificielle.

  • Le député socialiste Hervé Saulignac a fait rédiger sa réponse à un ministre par ChatGPT
  • Il veut insister sur les risques posés par cette IA et les besoins de régulation
  • Les critiques et réactions se multiplient depuis quelques jours en Europe

Son intervention aurait pu passer inaperçue, noyée au milieu d’une discussion portant sur la stratégie du gouvernement en matière d’investissement, de recherche et de formation, mais aussi d’intelligence artificielle et de souveraineté. Mais le député socialiste Hervé Saulignac a conclu en expliquant qu’il avait fait rédiger son texte par ChatGPT.

Il ajoute pour souligner ses craintes : « Vous noterez que le robot qui vient de vous interroger n’a pas soulevé de question de sécurité, de liberté, de démocratie ou de menace pour notre civilisation. Or les vrais sujets sont précisément ceux que le robot contourne. Ne contournez pas les réponses monsieur le ministre, c’est d’ailleurs ce qui fait la différence entre vous et le robot ».

Il ajoute : « Il y a urgence, la recherche est aux mains de groupes privés qui n’ont aucun intérêt à ralentir leur course folle ».

Dans sa réponse, le ministre délégué au numérique, Jean-Noël Barrot, est revenu sur la stratégie mise en place par Emmanuel Macron en matière d’IA. Il ajoute qu’une régulation est actuellement discutée au sein de l’UE afin de mieux encadrer cette technologie.

Il faut noter qu’une tribune signée par mille personnalités de la Tech dont Elon Musk et Stephen Wozniak a récemment demandé une pause de six mois pour mieux discuter des conséquences de l’IA et établir des protocoles plus sécurisés.

Le gouvernement prudent sur ChatGPT

De son côté, l’Italie a annoncé l’interdiction du robot conversationnel d’OpenAI car il ne respecterait pas le RGPD européen, mais aussi les règles de protection des mineurs mises en place dans le pays.

En France, le gouvernement adopte pour l’heure une position un peu plus prudente. Il y a quelques jours, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est en quelque sorte émerveillé des capacités de ChatGPT sur le plateau de C Médiatique sur France 5.

« J’ai demandé  :  faites-moi un discours sur la Chine de Xi Jinping en 2023. Et j’ai eu un discours assez intelligent, bien structuré, en exactement 5 minutes. Là où il y a vingt ans, il m’aurait fallu trois ou quatre heures », s’est-il enthousiasmé.

Il reconnaît néanmoins : « Il faut engager très rapidement une réflexion sur la meilleure régulation possible de ChatGPT qui doit être menée au niveau national et au niveau européen. D’où viennent les données ? Comment est-ce qu’on rémunère par exemple les articles de presse ou de chercheurs qui seront utilisés par ces machines ? Comment est-ce qu’on indique les sources ? »

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