La Maison Blanche n’a jamais caché son enthousiasme concernant le secteur de l’intelligence artificielle. L’IA représente le fer de lance de la technologie américaine et est déjà utilisée dans beaucoup d’administrations. Comme le révèle aujourd’hui ProPublica, elle pourrait bientôt être mise à contribution pour rédiger des textes de lois.
Cela concerne le ministère américain des transports, qui compte se servir de Gemini afin de rédiger ses propositions de loi. ProPublica s’est procuré des comptes rendus de réunions qui se sont tenues au sein même de l’institution. Gregory Zerzan, le conseiller juridique du ministère, explique ce choix par la nécessité d’aller vite, la qualité d’écriture n’étant pas un facteur déterminant pour ce type de texte :
« Nous n’avons pas besoin d’une réglementation parfaite, ni même d’une très bonne réglementation. Nous voulons juste quelque chose d’assez bon »
Le fait est que le ministère veut aller vite, très vite. Des propositions et des réglementations peuvent prendre des semaines, voire des mois à être mises en forme, alors qu’une IA peut le faire en quelques minutes. De toute façon, selon Zerzan, la plupart des introductions à ces textes ne sont que « du charabia » que pourrait très bien rédiger Gemini. Nulle question d’éliminer l’humain dans le processus décisionnel, puisque l’idée est de tout simplement faciliter la vie des rédacteurs. Le but affiché est de passer d’un projet de loi à une version finale en moins de 30 jours. « Donald Trump est très enthousiaste à propos de cette idée », aurait déclaré Zerzan lors d’une réunion.
Les IA peuvent-elles écrire des lois ?
ProPublica indique que les employés sont ravis à l’idée d’utiliser l’IA, avec la promesse de prendre en charge 80 à 90% de la rédaction des lois. Pourtant un certain scepticisme plane tout de même au sein du ministère. Certains anonymes arguent qu’il s’agit d’un travail précis, complexe, nécessitant une expertise, une expérience et un raisonnement que ne peut avoir Gemini. Dans le secteur des transports, une erreur factuelle ou d’interprétation peut entraîner, au pire, des blessures ou des morts. Le site a interrogé Mike Horton, ancien employé du ministère des transports en charge de l’IA. Il estime que ce projet serait comme « confier l’élaboration des lois à un stagiaire ».
L’intelligence artificielle fait désormais partie de nos vies, il serait fou de penser le contraire. Cependant, confier la rédaction de projets de loi à ce genre d’outil semble bien périlleux. Pour l’instant, cela se limite au ministère des transports américains. Pourrait-on voir une telle chose en France ? Aujourd’hui, cela semble impensable. Outre le tollé que cela susciterait, la langue française est trop complexe et précise pour laisser une IA décider des nuances et des interprétations possibles.
- L’administration Trump veut utiliser l’IA pour rédiger des propositions de loi, visant à accélérer le processus législatif.
- Le ministère américain des transports prévoit d’utiliser Google Gemini, malgré des préoccupations sur la qualité et la précision des textes générés.
- Certains employés expriment des doutes sur la capacité de l’IA à gérer des tâches législatives complexes, craignant des erreurs graves.
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