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Cette poubelle trie toute seule les déchets grâce à l’IA, mais son prix va vous refroidir

Elle fait le sale boulot à votre place, si vous êtes prêts à y laisser un bras.

Il fallait bien que ça arrive. Après les balances connectées qui jugent notre poids, les smartwaches qui surveillent notre vie, et les réfrigérateurs qui nous font la morale sur notre régime, un nouveau challenger apparaît dans l’arène. Une poubelle connectée, dopée à l’IA, venu tout droit de Bulgarie. Si elle sert le même objectif que les poubelles à puces françaises – réduire la production de déchets – sa conception n’a rien de commun avec celles-ci.

Elle est fabriquée par la start-up Aneru, qui se présente, sur son site officiel, comme : « un phare pour les entreprises éco-responsables ». Rien que ça. Alors, est-ce que la promesse est tenue ? Parce qu’une poubelle qui coûte aussi cher qu’une voiture d’occasion et qui est un amalgame de composants électroniques et de lithium, on pourrait presque se dire que le vrai déchet, c’est l’idée de ce projet elle-même.

Aneru
Elle passerait presque pour une poubelle normale vue de loin, jusqu’à ce qu’on aperçoive son écran tactile. © Aneru

Un cerveau dans une boîte à déchets

Chez Ameru, on semble avoir pris le problème du tri sélectif très au sérieux. À tel point qu’on a enfermé une intelligence artificielle dans un caisson métallique pour qu’elle puisse deviner si ce que vous tenez entre les mains est une canette, une coquille d’œuf ou un emballage de kebab.

Le dispositif est assez bien pensé : un plateau motorisé, quatre compartiments de 80 l (ou 100 l selon la version) ; plastique, verre et métal, papier, déchets organiques ; et un écran tactile pour que l’usager valide les choix de l’IA. Même si elle envoie automatiquement les déchets dans la benne (voir vidéo ci-dessous), il est toujours possible de valider ce qu’elle a décidé de trier. Pour faire correctement son travail, elle est équipée d’une caméra de 8 Mpx et d’un module de calcul embarqué NVIDIA (Jetson Orin Nano) conçu spécifiquement pour les applications d’intelligence artificielle (IA) et de robotique.

Toutefois, cette poubelle 3.0 ne fait pas que trier : elle apprend et s’améliore au fur et à mesure. Grâce à sa connexion internet, elle compile les rejets, les classe, les analyse, et peut vous livrer un rapport mensuel sur ce que vous jetez.

Pour vous offrir les services de ce bac intelligent, il faudra débourser la coquette somme de… 4 000 euros en précommande (avec 10 % d’acompte). Pour la version destinée aux lieux publics ; plus volumineuse ; il faudra allonger 500 euros de plus. Des tarifs assez hallucinants, mais si l’on en croit la façade marketing d’Aneru, l’entreprise ne semble pas s’adresser aux particuliers, mais aux entreprises. Espaces de co-working, bureaux, halls d’aéroport ou écoles.

Eugène Poubelle, qui a inventé la poubelle en 1884, serait-il fier de voir ce qu’est devenu son objet ? Lui qui voulait simplement qu’on arrête de jeter nos immondices par les fenêtres, il se serait probablement demandé : « Mais pourquoi ? ». Il y a tout de même un sacré glissement conceptuel entre éviter les épidémies et transformer un sac-poubelle en données exploitables. À force de tout vouloir déléguer à la machine, même les gestes les plus élémentaires deviennent des niches à start-up.

  • Une start-up bulgare commercialise une poubelle automatisée capable d’identifier et trier les déchets via une IA embarquée, caméra et module de calcul.
  • L’appareil, connecté et interactif, produit des rapports mensuels sur les déchets collectés, apprend et peut corriger ses choix grâce à l’intervention humaine.
  • Proposée à partir de 4 000 euros, elle cible les entreprises et les lieux publics, avec une promesse d’écologie technologisée à un coût déconcertant.

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