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ChatGPT, le psychologue du XXIème siècle : Plus besoin de divan, juste d’une connexion Internet

Le divan traditionnel du psychologue a-t-il rencontré son rival numérique ?

C’est le point de vue audacieux partagé par une employée d’OpenAI, la start-up à l’origine de ChatGPT. Apparemment, cette nouvelle technologie serait en mesure de révolutionner le paysage thérapeutique. L’IA générative en tant que soutien émotionnel va-t-elle mettre les psychologues au chômage ?

ChatGPT, un nouveau thérapeute ?

C’est Lilian Weng, actuellement responsable des systèmes de sécurité d’OpenAI qui a partagé son expérience avec les internautes. C’est en conversant avec le chatbot qu’elle a eu la sensation d’être entendue sur les thématiques du stress et de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. L’échange lui aurait provoqué une sensation de “bien-être”.

Cependant, elle a tout de même précisé qu’elle n’était jamais passée par la case de la thérapie conventionnelle avant d’essayer de se confier à ChatGPT. Une vision controversée qui lui a valu d’être fortement critiquée.

L’héritage d’ELIZA et l’émergence des IA thérapeutiques

Si cette actualité peut paraître complètement absurde, il faut savoir que l’idée d’utiliser des machines en substituts thérapeutiques est loin d’être nouvelle.

Dans les années 60, c’est un projet sous la gouverne du MIT mené par Joseph Weinzenbaum, qui fait office de précurseur. Il est connu pour avoir créé l’agent conversationnel ELIZA. Une forme de chatbot très rudimentaire qui visait à refléter les questionnements internes des patients qui l’utilisaient.

Cet ancêtre des IA conversationnelles est à l’origine d’un phénomène nommé l’effet ELIZA. Comme l’expliquent Iona Cristea, Mădălina Sucala et Daniel David dans leur article de 2013Can you tell the difference ? Comparing face-to-face versus computer-based interventions, the ELIZA effect in psychotherapy” : l’effet ELIZA est “un phénomène psychologique décrivant la tendance anthropomorphique des individus à attribuer des caractéristiques humaines aux agents informatiques“.

Ce n’est donc pas la première tentative de création d’un thérapeute informatisé. En 2015, le projet Ellie voit le jour. Un pari tenté par l’Institut pour les technologies créatives en Californie. C’était une machine capable de détecter les expressions corporelles, le ton de la voix et les mouvements du corps pour déterminer l’état psychologique de la personne en face d’elle.

Les déclarations récentes de Lilian Weng ne manqueront pas de susciter des réactions. Si on peut prêter à ChatGPT un certain nombre de qualités, l’envisager comme véritable soutien thérapeutique reste aujourd’hui questionnable. S’il est possible de trouver une forme de réconfort dans l’utilisation de cet outil, le considérer comme une panacée relève pour le moment clairement du domaine de la science-fiction.

  • Une employée d’OpenAI a déclaré récemment avoir eu un échange “thérapeutique” avec ChatGPT.
  • Si l’émergence de l’IA dans le domaine public est très récente, d’autres tentatives de création de chatbots thérapeutiques ont existé auparavant.
  • Parmi ces itérations, on peut citer les projets ELIZA et Ellie.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Même si le résultat est contestable, car il aurait fallu une comparaison avec AI et un bon thérapeute, la question mérite d’être posée. Je ne crois pas personnellement qu’on pourra remplacer l’intuition du thérapeute par une AI; j’espère seulement avoir raison sur la durée…
    Louis Szabo, thérapeute émotionnel

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