Passer au contenu

Civil War : pourquoi ce film est en train de retourner le cerveau de l’Amérique ?

Cette pépite sort cette semaine dans les cinémas français.

Un film réservé à un public adulte qui ravit la première place du box-office américain au blockbuster ultra-populaire Godzilla x Kong : le nouvel empire. Civil War est un ovni cinématographique qui surprend un peu comme l’avait fait Oppenheimer l’été dernier. S’il ne connaîtra peut-être pas le même succès que le long-métrage de Christopher Nolan, ce bijou d’Alex Garland parvient à toucher l’imaginaire d’une Amérique fracturée. Voici tout ce qu’il faut savoir sur Civil War qui sort cette semaine dans les salles françaises.

De quoi ça parle ?

Le synopsis officiel de ce long-métrage s’avère assez simple, mais efficace, car il permet d’aborder la situation politique profondément divisée des États-Unis, non sans proposer quelques scènes d’actions spectaculaires :

Le réalisateur Alex Garland nous propose un voyage à travers une Amérique dystopique du futur, en suivant une équipe de journalistes enrôlés dans l’armée dans une course contre la montre pour atteindre Washington avant que les factions rebelles ne s’emparent de la Maison-Blanche.

Un casting solide

La distribution a également de quoi convaincre avec notamment Kirsten Dunst, que l’on a vu dans la version Spider-Man de Sam Raimi. À ses côtés, une brochette d’acteurs bien connus à Hollywood, et notamment Wagner Moura (Narcos), Nick Offerman (The Last of Us), Jesse Plemmons (Killers of the Flower Moon), ou encore Stephen McKinley Henderson (Dune), et Nelson Lee (Ahsoka).

Pourquoi Civil War cartonne ?

Si ce film plaît autant, c’est évidemment car il matérialise les craintes de nombreux Américains de voir les clivages politiques et géographiques du pays dégénérer en une nouvelle guerre civile. Comme l’explique à juste titre le New York Times, la sortie de Civil War tombe à point nommé alors qu’une élection présidentielle cruciale va se tenir en novembre prochain.

De même, le marketing du film a beaucoup insisté sur l’aspect thriller d’action et sur “une exploration grinçante de ce qui est effrayant, mais pas impensable”. Cité par nos confrères, David A. Gross, consultant en cinéma, analyse ainsi :

Les thrillers dystopiques se déroulent généralement dans des mondes futuristes très différents de la vie contemporaine. Ils utilisent beaucoup d’effets spéciaux et de science-fiction pour raconter leurs histoires. Civil War fait l’inverse : Il ressemble à ce qui se passe aujourd’hui. (…) L’histoire n’est pas directement partisane, mais elle provoque des sentiments partisans. C’est un équilibre délicat à trouver. Les spectateurs sont émotionnellement engagés, et c’est impressionnant.

La question de la pertinence de la sortie d’un tel film en année électorale a justement été posée au cinéaste Alex Garland dans une interview qu’il a accordée à Vulture. Il souligne à cet égard :

La chose la plus vraie que je dirais à ce sujet, c’est que je ne sais honnêtement pas si c’est responsable ou irresponsable, car j’aurais besoin de savoir trop de choses que je ne sais pas pour pouvoir répondre à cette question. Mais ce que je pense, c’est qu’il y a un inverse, un contre-courant, qui est : « Quelle est la conséquence de ne pas dire les choses ? Quelle est la conséquence du silence ? De se faire taire ou de faire taire les autres ?

Et le cinéaste de préciser sa pensée sous la forme d’un avertissement : “C’est une simple reconnaissance du fait que ce pays, mon pays, de nombreux pays européens, des pays du Moyen-Orient, d’Asie et d’Amérique du Sud, ont tous une politique populiste et polarisée qui provoque et amplifie des divisions extrêmes, et l’état final du populisme c’est l’extrémisme, puis le fascisme”.

Avez-vous pu voir Civil War, ou avez-vous prévu de vous rendre dans les salles obscures ? Dites-le-nous dans les commentaires.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech

3 commentaires
3 commentaires
  1. En gros , comme la majorité des journalistes français ( faisant toujours preuve d’une malhonnêteté intellectuelle), Garland ne dénonce rien et ne prends aucun parti : c’est ce qui fait la force de ce film.

    Avec ce film, il met en avant les fractures qui se creusent depuis des décennies sur le territoire nord américain dont les conséquences nous ont amener à une première élection de Trump ( il n’est pas la cause des problèmes de ce pays … Avec une vraie analyse journalistique … Vous devriez le savoir ).

    Et au passage Garland, et prend parti neutre est Anglais ( il est né
    à Londres qui ne se situe pas aux Etats Unis ) …et non américain …. Comme quoi, votre analyse du film est extrêmement fausse. Surtout que Garland reste neutre en nous donnant une vision d’une Amérique aux proie au chaos. Et cela fait la force du film….

    Que vous ne donniez votre point de vue, votre ressenti sur ce film … Vous en avez le droit. Mais vous donnez une vision très simpliste d’un problème beaucoup plus profond et ne datant pas d’aujourd’hui ( dommage, j’apprécie la plupart de vos articles pourtant)

    Heureusement que j’ai vu le film et c’est une bonne surprise. Mais, si j’avais lu l’article avant … Je pense que je n’aurai pas apprécié autant ce film .

  2. J’ai vu ce film hier, je l’ai trouvé très bien mais très choquant car ça reflète la réalité, ça se passe dans notre présent et c’est ce qu’il pourrait se passer si les elections américaines ne se passent pas comme certains voudraient qu’elles se passent.
    Toute cette haine, cette terreur qui nous envahi à cause de tous ces délis qui restent impunis ou mal puni afin d’éviter l’embrasement de nos cités.

  3. Je suis allée voir ce film avec mon fils de 22 ans sans réellement savoir de quoi il s’agissait (je pensais juste qu’il s’agissait d’un film de science fiction).
    J’ai été à la fois choquée par son extrême violence – on est non seulement dans un pays en guerre mais aussi dans la tête de l’héroïne, photographe de guerre, qui se remémore des scènes de conflits qu’elle a couverts et qui sont particulièrement violentes – et séduite par son esthétisme (la photo, justement, est magnifique) et sa justesse. J’avoue qu’à la fin la première chose qui m’est venue en tête était : ce film a été fait pour montrer à Trump ce qui pourrait arriver si il revenait au pouvoir. Malgré son extrême violence je le recommande car son propos n’est pas manichéen, il n’y a pas d’un côté le bien de l’autre le mal, c’est beaucoup plus subtil, et donc très réaliste, certains ne savent plus pourquoi ils se battent, si ce n’est pour sauver leurs peaux, d’autres deviennent fous ou encore font semblant d’ignorer la réalité. On a donc une multitude de points de vue différents sur ce conflit, cette guerre civile qui a embrasé l’Amérique. Et, certains apprécieront les clins d’œil plus ou moins marqués à Apocalypse Now : les militaires camés qui deviennent fous et surtout la scène avec les hélicos, la violence brutale et au final sans fondement réel si ce n’est le délire d’un chef de meute, ou ici d’État, qui conduit ses troupes à tuer sans raison autre que celle de défendre sa vision déformée du monde.
    Bref, un très bon film à voir absolument (je recommande quand même d’attendre un moment où on est en forme car il faut supporter de sursauter toutes les 5 mn sur la durée 😉 !

Les commentaires sont fermés.