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Comment Free écrase la concurrence

Free semble avoir tout compris. C’est en tout cas ce qui ressort des résultats du groupe Iliad, maison-mère de l’opérateur, pour l’année 2024. Free a conquis 1 million d’abonnés supplémentaires (box et mobile) et affiche des résultats record. Mais pourquoi est-il aussi méchant ?

Les chiffres frôlent l’insolence. En 2024, Free a franchi deux caps symboliques : il compte désormais plus de 60 millions d’abonnés en Europe et son chiffre d’affaires dépasse les 10 milliards d’euros. Cette performance remarquable propulse désormais le groupe Iliad au rang de cinquième opérateur télécom européen, une consécration pour cette entreprise qui n’a cessé de bousculer les codes depuis son arrivée sur le marché des télécoms.

En France, Free termine l’année avec 668 000 nouveaux abonnés nets, dont 513 000 sur le mobile et 155 000 sur le fixe. Une performance qui lui permet de conserver, pour la troisième année consécutive, sa position de leader des recrutements d’abonnés fixe et mobile combinés. Le parc d’abonnés français dépasse désormais les 23 millions, soit près d’un tiers de la population française.

Sur le plan financier, les résultats sont tout aussi impressionnants. Le chiffre d’affaires en France a progressé de 8,2% pour atteindre 6,534 milliards d’euros. Le revenu moyen par abonné (ARPU) augmente également, avec une hausse de 3,7% sur le fixe (37 euros) et de 1,7% sur le mobile (12,3 euros). Le résultat net du groupe a bondi de 15,5% à 367 millions d’euros. Whaou !

“Une sacrée envie de foutre le bordel”

Livre Xavier Niel Anecdotes
© Presse-citron

Comment Free parvient-elle a enregistrer de telles performances dans un marché aussi concurrentiel ? Grâce à une stratégie aux antipodes de la concurrence, élaborée dès son arrivée sur le marché.

Free a une démarche que certains détracteurs qualifieraient de populiste. Mais ça marche ! Alors que l’ensemble de ses concurrents ont choisi de répercuter l’inflation sur les tarifs de leurs forfaits, Free a promis de ne pas y toucher au moins jusqu’à 2027. Mieux, l’opérateur a enrichi son offre en dopant les enveloppes de data incluses dans ses différents forfaits.

Contrairement à ses rivaux, Free ne joue pas le jeu des promotions : ses tarifs lisibles et stables renforcent la confiance des consommateurs et, par ricochet, leur fidélité.

Cette culture de la différence, Free l’entretient aussi dans ses innovations. L’entreprise développe son matériel et ses interfaces en interne et les promeut grâce à une approche marketing ficelée, avec des keynote dignes des plus grandes entreprises américaines.

L’aura de son patron Xavier Niel participe grandement à cette image d’entreprise technologique, capable de bouleverser tout un marché. Avec la Freebox, puis les offres mobiles, le « trublion des télécoms », doué d’un certain sens de la formule, a réussi à faire de Free une marque cool. Suffisamment pour reléguer ses concurrents au rang d’opérateur à Papa. Certains qualifient même Free de « Apple des télécoms ». On a vu pire comparaison.

Le carton de la Freebox Ultra

Freebox Ultra Xavier Niel
© Presse-citron

Le lancement de la Freebox Ultra en début d’année 2024 illustre parfaitement cette stratégie d’innovation à prix contenu. Proposée à 49,99€ par mois pendant 12 mois puis 59,99€, cette box haut de gamme offre des performances techniques impressionnantes (8 Gbit/s en téléchargement et en envoi, WiFi 7).

Mais c’est surtout par la richesse de son offre de contenus que la Freebox Ultra se démarque. Free a réussi un tour de force en intégrant cinq services de streaming majeurs dans son abonnement : Netflix Standard avec pub, Disney+ Standard avec pub, Prime Video, TV by CANAL, et même Canal+ en direct. Au total, plus de 280 chaînes sont accessibles : c’est tout simplement l’offre la plus généreuse du marché français.

Si l’on devait souscrire séparément à tous ces services, la facture s’élèverait à près de 84€ par mois, bien au-delà du prix de l’abonnement Freebox Ultra. La formule semble fonctionner puisque la direction de Free qualifie ce produit de “carton commercial”.

Cap sur l’IA

xavier niel photo portrait
© Groupe Iliad

Malgré ces excellents résultats, quelques signaux indiquent un léger ralentissement. Les recrutements de Free ont marqué le pas au dernier trimestre 2024, avec seulement 50 000 nouveaux abonnés sur le mobile et 5 000 sur le fixe. L’opérateur a sans doute fait les frais des nombreuses promotions concurrentes en fin d’année, mais pas seulement.

Les performances de 2024, bien qu’excellentes, demeurent légèrement en retrait par rapport à 2023 (Free avait recruté 787 000 nouveaux abonnés sur le mobile et 234 000 sur le fixe). Sur le segment des box internet, Bouygues Telecom a même fait mieux que Free en 2024, avec 262 000 nouveaux abonnés contre 155 000 pour l’opérateur de Xavier Niel.

Pour maintenir sa dynamique de croissance, Free mise désormais sur l’intelligence artificielle. Le groupe prévoit d’investir 2,5 milliards d’euros dans ce domaine en 2025, à travers trois entités stratégiques : Scaleway pour le cloud, Kyutai pour l’innovation en IA, et Opcore pour les centres de données.

Cette orientation vers les technologies d’avenir confirme la volonté de Free de ne pas se cantonner au rôle d’opérateur télécom traditionnel, mais de s’imposer comme un acteur majeur de la tech européenne. Une ambition qui s’inscrit dans la continuité de sa stratégie de différenciation et qui pourrait lui permettre de conserver son avance sur ses concurrents dans les années à venir. Free semble effectivement avoir tout compris.

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Par : Opera