Sur le papier, tout va très bien. Ce mercredi 17 juin, la Formule 1 a dévoilé son bilan carbone et indique avoir enregistré une réduction de 35 % de son empreinte carbone l’an dernier par rapport à 2018.
De quoi placer ce sport automobile sur la bonne voie pour atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2030. Dans le détail, la F1 déclare une baisse de 12 % de son empreinte carbone par rapport à 2024 et une réduction de 27 % des émissions liées aux déplacements depuis 2018.
Citée par l’agence Reuters, l’organisation commente :
L’engagement transversal en faveur de la réduction des émissions de carbone a permis d’éliminer près de 80 000 tonnes de dioxyde de carbone des opérations de la Formule 1 depuis 2018. Cela équivaut à ce qu’une personne parcoure plus de 500 millions de kilomètres en avion ou effectue plus de 100 000 allers-retours transatlantiques (Londres-New York).
Cela est de nature à donner le sourire au président et directeur général de la Formule 1, Stefano Domenicali, qui cite la rationalisation du calendrier et l’investissement accru dans les carburants durables et les solutions énergétiques alternatives pour expliquer ces progrès. La F1 entend désormais réduire de « plus de 50 % du fret lié aux retransmissions de la Formule 1 sera retiré du transport aérien d’ici 2030 ».
Un bon bilan à nuancer
Cela dit, il convient de relativiser ces résultats. En mars dernier, L’Équipe se référait ainsi à un rapport de Greenly, une entreprise lancée en 2019 et qui fournit une solution spécialisée dans le calcul de l’empreinte carbone des entreprises. Alors que la Formule 1 évaluait son empreinte carbone en 2024 à 168 720 tonnes de CO2, la société en décomptait 1,04 million de tonnes de CO2 par an.
Pourquoi ? Arnaud Delubac, cofondateur de la jeune entreprise, expliquait au quotidien sportif que la F1 « s’était limitée à l’impact carbone direct des courses, à savoir celui produit par le groupe F1, les écuries, les promoteurs de Grand Prix, les prestataires logistiques et principaux fournisseurs comme les fabricants de pneus ou services traiteurs ». Mais cette technique exclut les déplacements du public ; or, ces derniers représentent 655 600 tonnes de CO2 par an. Plus d’informations à ce sujet dans l’article de nos confrères ici.
Ce qu’il faut retenir :
- La Formule 1 a réduit ses émissions de CO2 de 35 % depuis 2018 et vise la neutralité carbone d’ici 2030
- L’organisation a éliminé près de 80 000 tonnes de CO2 grâce à des initiatives comme la rationalisation du calendrier et l’utilisation de carburants durables
- Cependant, des analyses externes soulignent que la F1 pourrait sous-estimer son empreinte carbone réelle, notamment en excluant les déplacements du public
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