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Comment la startup française Mistral peut profiter du drama OpenAI

Bien que Sam Altman soit revenu aux commandes, la saga OpenAI, qui a duré cinq jours, remet en question la position de l’entreprise.

Hier, OpenAI a mis fin à la saga Sam Altman en annonçant le retour de celui-ci au poste de PDG, et en annonçant la formation d’un nouveau conseil d’administration. On peut donc espérer un retour à la normale des opérations d’OpenAI, tandis que Microsoft et les autres clients de l’entreprise pourront à nouveau exploiter ses modèles. Cependant, cette saga de cinq jours pourrait laisser des traces dans l’écosystème, et profiter aux rivaux d’OpenAI, dont la startup française Mistral.

Pour rappel, après le renvoi de Sam Altman par l’ancien conseil d’administration d’OpenAI, Microsoft avait recruté celui-ci pour diriger une nouvelle entité spécialisée dans l’intelligence artificielle. De son côté, OpenAI a bien failli imploser. En effet, presque tous les employés de l’entreprise ont signé une lettre dans laquelle ils menacent de démissionner et de rejoindre Microsoft, si le conseil d’administration ne démissionne pas, et si Sam Altman ne revient pas chez OpenAI.

Dans un article, CNBC indique avoir interrogé plusieurs dirigeants de sociétés utilisant l’intelligence artificielle. Ceux-ci ont indiqué que la situation qu’OpenAI a traversée les a conduits ou a conduit leurs clients à réduire leurs dépendances vis-à-vis des modèles d’OpenAI. Le média américain a également discuté avec des dirigeants de la tech qui ont évoqué leurs préoccupations par la concentration du développement de l’IA chez une poignée d’acteurs.

“À l’heure actuelle, seule une poignée d’entreprises disposent des ressources nécessaires pour créer ces modèles d’IA à grande échelle et les déployer à grande échelle. Et nous devons reconnaître que cela leur donne un pouvoir démesuré sur nos vies et nos institutions”, a par exemple déclaré Meredith Whittaker, présidente du service de messagerie Signal, selon par CNBC.

Mistral, l’anti-OpenAI français ?

En tout cas, Mistral, basé en France, fait partie des alternatives à OpenAI les plus souvent mentionnées. En réaction aux récentes évolutions, son PDG, Arthur Mensch, a déclaré : “Le développement open source est le seul moyen validé de créer des logiciels en collaboration, et l’IA n’est pas différente. Questions de gouvernance.”

Pour rappel, Mistral a fait parler de lui dans le monde en juin, lorsqu’il a levé 105 millions d’euros. Le tour de table a été mené par Lightspeed Venture Partners. Xavier Niel, Rodolphe Saade ainsi que l’ancien PDG de Google, Eric Shmidt, font également partie des investisseurs de la startup.

Puis, en juin, Mistral a sorti son premier modèle, appelé Mistral 7B, qui, d’après la startup, est “le modèle de langage le plus puissant pour sa taille à ce jour.” Et la startup française a décidé de publier ce modèle sous licence Apache 2.0, ce qui autorise son utilisation sans aucune restriction.

“Nous sommes convaincus qu’en formant nos propres modèles, en les publiant ouvertement et en favorisant les contributions de la communauté, nous pouvons construire une alternative crédible à l’oligopole émergent de l’IA”, expliquait Mistral en septembre.

Une nouvelle levée de fonds en vue ?

Par ailleurs, il se murmure qu’une nouvelle levée de fonds serait déjà en vue. Début novembre, Business Insider a publié un article qui cite des sources proches du dossier et qui indique que Mistral serait en discussion pour une levée de 400 millions de dollars, qui pourrait porter sa valorisation à 2 milliards de dollars.

Parmi les investisseurs potentiels cités dans l’article, il y a Andreessen Horowitz, General Catalyst, Abstract Ventures et Bezos Expeditions, la branche personnelle de capital-risque du fondateur d’Amazon Jeff Bezos. Mais bien entendu, puisque ces informations n’ont pas été confirmées, la prudence reste de mise.

  • Les récents événements qui ont affecté OpenAI (qui a presque implosé) pourraient profiter à ses rivaux, dont la startup française Mistral
  • Des utilisateurs des modèles d’OpenAI auraient déjà cherché à réduire leurs dépendances vis-à-vis de cette entreprise
  • Et des dirigeants de la tech remettent en question la concentration du développement de l’IA chez un petit groupe d’entreprises
  • Selon les rumeurs, après avoir levé 105 millions d’euros en juin, Mistral serait déjà à la recherche de nouveaux investissements

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