Tout commence le 29 novembre dernier à Mayence, lorsqu’un homme fait une chute mortelle à la sortie d’un restaurant. Dans le cadre de son enquête, la police fait alors usage de Luca, l’application de “contact tracing” utilisée en Allemagne, afin de tenter de retrouver des témoins de la scène.
Finalement, les forces de l’ordre ont pu retrouver 21 personnes pour les aider dans leur investigation. Si cette démarche partait d’une bonne intention, il va sans dire que cela a vite provoqué un tollé chez nos voisins. L’application de traçage de contacts n’est en effet pas du tout conçue pour permettre à la police de mener des enquêtes mais bien à des fins sanitaires pour lutter contre le Covid-19.
Un précédent à Singapour
Dès lors, et comme le rapporte Capital, le commissariat local à la protection des données a annoncé l’ouverture d’une enquête. Stefan Brink, le commissaire à la protection des données du Bade-Wurtemberg explique ainsi :
Le cas présent est grave car l’interdiction légale d’utiliser les données de suivi des contacts à des fins policières est clairement et sans équivoque inscrite dans la loi sur les infections.
En théorie, il semble en effet impossible que des policiers aient accès à ces données. Plusieurs pare-feux ont même été ajoutés pour les protéger, précisent nos confrères. Ces informations ne sont donc visibles que par les services de santé. L’app Luca est aujourd’hui utilisée par 35 millions de personnes en Allemagne et nul doute que cette affaire devrait beaucoup faire réagir.
L’an dernier, nous vous avions déjà parlé d’une histoire similaire qui avait défrayé la chronique. Ainsi, Desmond Tan, le ministre de l’Intérieur de Singapour n’y était pas allé par quatre chemins et avait affirmé que les données récoltées par l’application de suivi de contact TraceTogether pourraient être utilisées par la police du pays dans le cadre d’enquêtes criminelles.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.