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[Critique] Sur Netflix, faut-il voir la saison 2 de Sex Education ?

Netflix vient de mettre en ligne la saison 2 de Sex Education, une série originale dont la première saison avait remporté un franc succès. Ces huit nouveaux épisodes sont-ils à la hauteur ? Voici notre avis. Attention, cet article contient des spoilers.

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Netflix Sex Education Saison 2
© Netflix

Netflix a récemment dévoilé la deuxième saison de Sex Education, une série britannico-américaine abordant de nombreuses questions liées aux sexualités de près ou de loin. Nous avons regardé ces huit épisodes et voici notre critique, dont le bilan global est (ultra) positif.

On le répète : Attention, cet article contient des spoilers des saisons 1 et 2 de Sex Education.

Disponible sur Netflix depuis vendredi dernier, la deuxième saison de Sex Education fait son arrivée tout juste un an après une première saison réussie. Le service de streaming a estimé que cette dernière avait été vue plus de 40 millions de fois lors des quatre premières semaines suivant sa sortie.

Il y avait donc un certain risque pour cette deuxième saison, qui se devait d’être au moins aussi réussie que la première. Sachant que Netflix a tendance à capitaliser sur les séries qui fonctionnent en termes d’audiences en faisant des suites plus ou moins appréciées, le pari n’était pas gagné. Et pourtant, la plateforme de streaming a relevé ce défi avec succès.

Sex Education se concentre sur la vie d’Otis, un adolescent de 16 ans dont la mère est sexologue. Pris dans ses propres questions liées au dépucelage et à la masturbation, il se retrouve à lancer un cabinet de sexologie accompagné par sa camarade Maeve.

Sur le papier, Sex Education a tout d’une série qui pourrait rapidement prendre le chemin d’un show pour ados pleins de stéréotypes vus et revus sur les écrans. On retrouve pourtant les schémas traditionnels propres aux groupes des lycées, à l’exemple des sportifs ou des geeks. Même les personnages pourraient revêtir les plus absolus des clichés, que ce soit Maeve, la jeune rebelle aux cheveux roses, Jackson, le sportif lassé ou Eric, le meilleur ami gay et noir d’Otis. Et pourtant, aucune des deux saisons ne s’éparpille vers ces écueils dépassés.

Sex Education Saison 2 spectacle

Sex Education © Netflix

Sex Education, une série inclusive

Au même titre que la saison 1, la deuxième saison de Sex Education prend le parti de s’intéresser à des thématiques fortes —que ce soit l’asexualité, la bisexualité, la sororité ou encore les agressions et leurs conséquences concrètes.

S’il avait choisi de mettre fin au cabinet de sexologie clandestin, Otis se voit bien vite obligé de le rouvrir. C’est la rentrée et la totalité du lycée panique suite à une potentielle épidémie de chlamydia. Très vite, Jean, la mère d’Otis interprétée par la géniale Gillian Anderson se retrouve propulsée dans le rôle de la consultante vouée à construire un nouveau programme dédié à l’éducation sexuelle des lycéens. Elle rate totalement sa première intervention publique, se met même à chanter dans un moment de malaise ultime puis réussit à faire évoluer son rôle dans un établissement où la parole des ados aux adultes semble cloisonnée.

La création de ce nouveau programme d’éducation sexuelle est un fil rouge sur les huit épisodes. S’il ne voit pas vraiment le jour d’ici la fin de la saison 2, il a le mérite de questionner à plusieurs niveaux. Lors de sa prise de parole, elle s’adresse aux lycéens, mais aussi à nous, spectateurs, nous faisant nous remémorer les cours que nous avons pu avoir sur le sujet —ou non. Mais surtout ce que nous aurions aimé (s)avoir. L’avantage, c’est que nous avons droit à une séance de rattrapage apportée par la série Sex Education elle-même.

Perdu lorsqu’il s’agit de ses propres questionnements, Otis se veut d’une maturité rare lorsqu’il se fait « petit sexologue » auprès de ses camarades. Peu importe le sujet abordé, il suit toujours la même ligne directrice, celle d’engager ses interlocuteurs à parler, parler à la personne avec qui ils sont, à leurs amis, enlevant du même coup le poids d’une honte potentielle. Et tout d’un coup, le problème pèse déjà moins lourd pour ceux qui l’abordent. Comme la saison 1, la saison 2 de Sex Education aborde des sujets sociaux, amoureux ou sexuels, sans jamais culpabiliser ou effrayer le personnage et le spectateur. Même lorsque les thématiques sont crues, elles sont présentées avec une tendresse certaine qui ne prend pourtant aucun trait mièvre.

Cette deuxième saison, c’est aussi celle de l’inclusion —particulièrement celle des femmes, et de la sororité. Les personnages féminins parlent et, surtout, se parlent. Accusées d’avoir slut-shamé (jugé les personnes selon leur comportement sexuel) une des leurs professeurs, elles se retrouvent d’ailleurs dans une même pièce lors de l’épisode 7.

Vouées à se questionner sur ce qui les rassemble en tant que femmes, elles finissent par trouver l’intime dans les agressions dont elles témoignent devant ce petit groupe. C’est un autre groupe qui sort de cette salle quelque temps plus tard, un groupe prêt à s’unir pour résoudre les problèmes plutôt que de s’accuser aux noms des hommes. En découle donc cette excellente scène durant laquelle Aimee, victime d’une agression sexuelle vécue dans le bus, se défoule sur une vieille voiture à coups de batte de baseball, encouragée par ses camarades. Si le plan ne dure pas, il a une fois de plus le mérite de ne pas sombrer dans les clichés des épanchements souvent associés au genre féminin sur les écrans, laissant place à une réelle prise de position —et de pouvoir.

Difficile de parler de cette deuxième saison sans évoquer la relation qui se construit entre Jean et Maureen Groff. Assises au bar, elles s’émancipent de leur statut de mère et d’épouse pour retrouver celui de femme. Plus tard, c’est sur l’iconique chanson de Gala, Freed from desire, qu’elles se confient sur leurs émotions tout en dansant, sans trop s’entendre.

Sex Education saison 2

Sex Education © Netflix

Quels défauts pour cette deuxième saison de Sex Education ?

Seul bémol de cette saison à notre goût, la fin un peu trop téléphonée (… c’est le cas de le dire) et inutile. Pourquoi avoir tenté un twist final qui n’avait pas besoin ni lieu d’être dans Sex Education. S’il laisse à supposer qu’il y aura une saison 3, on imagine déjà le quiproquo entre Maeve et Otis —qui prendront certainement une éternité avant de comprendre qu’Isaac a supprimé le fameux message vocal.

Toute la série tient plutôt bien le coup en termes de réalisme sans qu’il n’y ait besoin d’y ajouter une péripétie éculée qui, pour le coup, est extrêmement cliché. En espérant que la troisième saison saura éviter ce risque.

Sex Education — Saison 2

9

Note globale

9.0/10
3 Commentaires

3 Commentaires

  1. Matthieu

    22 janvier 2020 at 20 h 37 min

    Note globale

    9

    Je suis totalement en phase avec cette critique. Saison 2 quasi parfaite sauf cette fin vraiment inutile. J’ajouterai le recours un peu trop régulier au triangle amoureux.

    Sinon une pure merveille, et dire qu’il faut attendre maintenant 11 mois et 3 semaines.. 🤧😭

  2. Jcg

    23 janvier 2020 at 0 h 00 min

    Note globale

    9.5

    Sur le final, moi je pense qu le dernier sourire de Maeve pourrait en dire long… Pas sûr qu’elle n’ai pas écouté avant de quitter la caravane

  3. dr_niko13

    24 janvier 2020 at 15 h 24 min

    Comment elle aurait pu écouter sachant que la messagerie annonce: « vous avez 1 nouveau message »
    Pas fan non plus de ce final avec ce quiproquo otis/maeve

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