Passer au contenu

Critique The Batman : une plongée saisissante dans les bas-fonds de Gotham

On y est : le Chevalier Noir revient dans les salles obscures aujourd’hui, le mercredi 2 mars. Cette plongée sombre dans les rues de Gotham est-elle à la hauteur de nos attentes ? Verdict dans notre critique de The Batman (garantie sans spoilers).

Après presque trois ans d’attente, The Batman débarque enfin dans nos salles de cinéma. Dès aujourd’hui, les fans vont pouvoir découvrir le Chevalier Noir sous la direction de Matt Reeves. Après les adaptations de Christopher Nolan ou de Tim Burton, on peut dire que la barre était haute et le défi de taille pour le réalisateur de La Planète des Singes. Cette réécriture des aventures du Justicier masqué fait-elle le poids ? Découvrez notre avis sur The Batman dans notre critique garantie sans spoilers. Cependant, cet article reprend des éléments déjà révélés dans les bandes-annonces et le synopsis.

Bon retour à Gotham

La tâche est ardue : les fans du super-héros DC sont exigeants, des réalisateurs de renom nous ont déjà offerts des films qualitatifs et des acteurs mythiques ont enfilé le Batsuit. Ainsi, The Batman est attendu au tournant. Matt Reeves a-t-il réussi son pari et a-t-il tenu toutes ses promesses ?

The Batman nous plonge dans les débuts du Justicier masqué, une origin story sombre à l’instar du Joker. Une guerre solitaire contre les criminels. Sa quête de vengeance. Les élections municipales approchent à grand pas à Gotham et les puissants de la ville tombent un à un de la main du Riddler… Il s’amuse à laisser des énigmes derrière lui et invite Batman à jouer, ce dernier étant apparemment concerné dans cette affaire mystérieuse. Et sanguinaire.

Sombre, si sombre

Disons-le tout de suite, The Batman n’est pas à proprement parler un film de super-héros puisqu’il penche plutôt dans le thriller et le film noir. Comme on nous l’a promis, Batman mène l’enquête aux côtés du commissaire Gordon. Ensemble, ils suivent les différentes pistes, délient les fils de cette pelote de laine meurtrière pour arrêter la folie du Riddler.

Dès les premières minutes de The Batman, on pose les bases : il s’agit d’un film sombre et brutal. Le justicier rôde la nuit. Son ombre est pesante. Elle plane sur les criminels… Elle crie “Vengeance !”. Les meurtres perpétrés par le Riddler vont pousser l’Homme Chauve-Souris dans ses retranchements. Sombre, toujours plus sombre. Gotham est gangrénée. La ville pue la criminalité et la corruption. Notre héros est torturé. Meurtri.

Malgré les doutes de certains fans, Robert Pattinson a su capturer avec justesse la noirceur du héros et se révèle être Batman plus que convaincant : impressionnant. On ressent ses tourments, ses questionnements… Le justicier dévoile une sensibilité inédite sous couvert de brutalité et soif de vengeance.

Robert Pattinson dans The Batman
© Warner Bros.

Avec les morts des notables de Gotham, l’enquête est au cœur de l’intrigue. Riddler nous met au défi et comme il le fait avec Batman, il nous balade en bonnes et dues formes. Énigmes sur charades sur devinettes, la traque pour arrêter le criminel nous tient en haleine. Quels squelettes allons-nous trouver au fond du placard ?

Plus seul ?

À ses débuts, Gordon est le seul à faire réellement confiance au Justicier masqué. Pour les autres, il n’est qu’un monstre. Un “freak”. Un mot fort, rabâché. The Batman retranscrit avec efficacité l’alchimie du duo Batman/Gordon, les deux font la paire. Dans sa quête de vengeance, le Chevalier Noir n’est plus si seul.

Dans son enquête, il rencontre Catwoman, personnage iconique de l’univers DC. Zoë Kravitz est impeccable, ensorcelante, dans son rôle de Selina Kyle mais on pourrait regretter que ce dernier soit assez superficiel. Finalement, Catwoman apporte surtout une certaine dimension romantique à l’intrigue malgré un potentiel intéressant.

Autre allié de Batman, on imaginait un Alfred Pennyworth plus présent et plus essentiel. C’est, du moins, ce que laissaient entendre les bandes-annonces. Majordome, bras-droit, confident, figure paternelle… Alfred est tout cela pour Bruce Wayne. Pourtant, le jeune milliardaire se montre relativement peu démonstratif envers son tuteur dans The Batman, incarné par Andy Serkis, et j’aurais aimé une relation légèrement plus chaleureuse entre les deux hommes. Juste un chouïa.

The Batman, un film envoûtant…

Autre clé du succès pour The Batman ? Sa photographie. Greig Fraser (Dune) connaît bien son travail et on se prend une sacrée claque pendant toute la durée du film. Visuellement, nos pupilles jubilent avec des plans magnifiques et marquants ainsi qu’un jeu avec l’obscurité intéressant dans une ville où la pluie règne en maître.

Pour sublimer le tout, Matt Reeves a fait appel à Michael Giacchino, à qui on doit la bande-originale de Là-haut ou plus récemment Spider-Man : No Way Home. La bande-son de The Batman est à l’image du film : tonitruante. Remarquable. Elle décuple nos émotions et s’articule autour de l’angoisse. Elle permet d’appuyer l’atmosphère oppressante, presque étouffante, que cherche à créer Matt Reeves.

Malgré quasiment trois heures de film, on ne s’ennuie pas une seule seconde devant The Batman. Ce jeu du chat et de la (chauve-)souris nous captive jusqu’au générique. On peut noter quelques longueurs mais rien de dramatique. Rien qui ne vient gâcher notre expérience. Matt Reeves préfère prendre son temps pour nous présenter la construction du Batman sauveur. Et on aime cela.

Enfin, The Batman ne serait pas une bonne réécriture sans des scènes d’action puissantes dignes de ce nom. Visuellement, on se régale quand le Chevalier Noir se castagne.

Des antagonistes à la hauteur

Il n’y a pas à dire : Paul Dano est phénoménal dans son rôle de Riddler. Un vilain perturbant et dérangeant qui vient secouer le trou à rats qu’est Gotham. On est loin de l’excentricité exhubérante du Riddler de Jim Carrey en 1989 mais cette nouvelle interprétation est délicieuse. J’ai beaucoup aimé la manière dont le personnage utilise les réseaux sociaux pour promouvoir sa cause.

Autre personnage iconique, le Pingouin répond également présent à l’appel. Colin Farrell est absolument méconnaissable dans le rôle d’Oz Cobblepot. Comme on nous l’avait teasé, l’antagoniste ne se positionne pas en tant que réel ennemi de Batman. Il s’agit simplement d’un obstacle dans l’enquête du Chevalier Noir.

Énième gêne sur la route de notre Justicier, Carmine Falcone aurait pu briller un peu plus dans son rôle de parrain de la pègre…

Verdict : The Batman est un régal

Origin story réussie, The Batman marque un véritable tournant chez DC. Ce blockbuster à part entière devrait plaire aux fans des comics, en allant puiser dans l’essence de ces derniers, comme aux néophytes préférant les films sombres et torturés aux films de super-héros “classiques”. L’énorme puzzle proposé par le réalisateur ne ménage pas le spectateur, qui s’en prend plein les yeux, plein les oreilles et plein les méninges.

The Batman fait honneur à Bob Kane et Bill Finger et ne déçoit pas. Pourtant, le défi était de taille pour Matt Reeves mais le réalisateur a su le relever haut la main. Pendant trois heures, le film nous fait vibrer et nous plonge dans les bas-fonds de cette ville viciée, empoisonnée. Noir c’est noir, direction les ténèbres et la pénombre. N’y a-t-il plus d’espoir pour Gotham ?

Finalement, Matt Reeves nous livre une œuvre puissante qui sort des sentiers battus. The Batman est un plaisir à découvrir sur grand écran. Cependant, le film n’est pas exempt de tout reproche. Malheureusement, pour ne pas tout dévoiler dans cette critique garantie sans spoilers, je ne peux en dire trop mais un élément crucial de l’intrigue aurait pu ouvrir à une exploration plus poussée. Vous vous en rendrez compte par vous-même… Malgré des reproches minimes, The Batman s’est montré à la hauteur de nos attentes.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

The Batman

9

Note Globale

9.0/10

On aime

  • Une intrigue haletante
  • Une bande-originale magistrale
  • Des plans magnifiques et une photographie impeccable
  • Des acteurs à la hauteur

On aime moins

  • Deux personnages qui auraient mérité qu'on creuse un peu plus