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Daredevil saison 3 : une tuerie.

Critique et analyse avec spoilers de Daredevil saison 3, une très grand réussite et sans doute la meilleure des séries Marvel sur Netflix.

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Daredevil saison 3 : critique, analyse, avis

La saison 3 de Daredevil vient nous rappeler pourquoi nous avions misé tant d’espoir sur les séries Marvel de Netflix à leur lancement.

Attention, cet article est truffé de spoilers, la série étant disponible depuis un mois, il est destinée à ceux qui l’ont vue. Si vous vous demandez si elle vaut le coup d’être regardée, la réponse est clairement « oui ».

S’il y a bien une série qui m’avait convaincu de m’intéresser à Netflix en 2015, c’était Daredevil. Ces séries portaient la promesse d’une approche différente des super-héros, une approche qui se positionnait comme le complément idéal à ce que proposaient les films du MCU.

Avec Daredevil saison 3, le patron est de retour

Au cinéma, on avait le grandiose, le spectaculaire, l’héroïsme super puissant dans toute sa splendeur avec une bonne dose d’humour. Les séries Netflix permettraient d’explorer des facettes plus sombres et tout aussi passionnantes du genre avec des personnages plus inscrits dans la réalité et le quotidien de l’humanité.

Avec sa saison 3, Daredevil vient rappeler qui est le patron et pourquoi cette promesse est devenue si crédible dès le départ.
Évacuons rapidement la question des quelques faiblesses ou points négatifs que j’ai pu ressentir, j’ai hâte d’en venir au meilleur, qui domine largement.

Ce qui m’a le plu gêné, même si ça ne m’a pas du tout gâché le plaisir d’ensemble, c’est qu’on a deux personnages qui « chouinent » quand même beaucoup, Matt et Karen.

Daredevil saison 3 : critique, analyse, avis

Matt, arrête de chouiner

Certes, les états d’âme et les questionnements moraux sont essentiels au personnage de Matt Murdock et tout cet aspect fait aussi beaucoup pour la richesse de ce héros atypique.

C’est plutôt le comportement de Matt, durant les premiers épisodes, qui donnait l’impression d’un adolescent insupportable rejetant tous ceux qui se préoccupent de lui.

Certaines répliques de Matt, dans son rejet de Dieu notamment, sonnaient un peu faux, un peu exagérées, même si on peut parfaitement comprendre le fond de ses interrogations sur le fameux plan divin pour l’humanité.

Du côté de Karen, je sais que certains spectateurs n’ont pas apprécié de voir un épisode entièrement dédié à son histoire. Personnellement, je ne me suis pas ennuyé dans ce long flashback, mais il est certain que Karen Page baigne dans une sorte de tragédie sans fin.

Karen Page semble n’avoir que deux modes de fonctionnement : déterminée ou dévastée. Ce qui m’a le plus pesé à son sujet, c’est de ne quasiment jamais la voir dans état d’esprit ou une situation intermédiaire ou même carrément heureuse, ne serait-ce que pour un bref moment.

Cela n’enlève en rien à la performance de Deborah Ann Woll qui s’en sort très bien (je reviendrai évidemment sur son face à face avec Fisk !), mais tout le pathos traîné par ce personnage explique sans doute pourquoi elle n’est pas forcément très aimée.

Pour continuer sur les dialogues, il y en a sans doute encore un peu trop, mais dans l’ensemble, ils restent nettement plus percutants que dans la plupart des autres séries Marvel.

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Born Again et Guardian Devil

Deux petits regrets enfin, d’abord celui de ne jamais retrouver Daredevil dans son costume rouge. Matt Murdock est parfois têtu au point d’en devenir stupide. Porter cette armure lui aurait donné un sérieux avantage dont il avait grand besoin face à un adversaire telle que Benjamin Poindexter.

Second regret concernant la scène de l’église, qui était déjà excellente, mais qu’on aurait pu pousser encore plus loin sans doute en termes de massacre perpétré par Poindexter.

En effet, cette série tire ses principales inspirations des comics Born Again et Guardian Devil et dans ce dernier, on a quasiment la même scène de l’église, sauf que Bullseye à tué et torturé bien plus de monde et c’est là aussi qu’il tue Karen Page.

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C’est une bonne idée de ne pas avoir copié le déroulement de la BD, d’ailleurs cela jouait beaucoup sur le suspense autour du destin de Karen pour les connaisseurs, mais l’horreur de la situation aurait pu être poussée encore un cran plus loin.

Me voilà débarrassé de ces quelques remarques, il est temps de plonger dans le reste de cette saison magistrale.

La relation entre Matt et Sœur Maggie est plutôt intéressante, plus dynamique en tous cas que celle que le héros entretenait avec le Père Lantom. Au passage, que Matt en veuille autant au père Lantom est une nouvelle illustration de l’aspect exaspérant de Matt durant cette saison. Ce n’était pas à lui de révéler le secret de Sœur Maggie…

> Lire aussi :  Bientôt une série sur Nick Fury ?

Quoi qu’il en soit, l’abandon de Matt par sa mère s’inscrit parfaitement dans les thématiques de la culpabilité et de la rédemption qui traversent la série, des thématiques très inscrites évidemment dans la religion Catholique.

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Wilson Fisk, meilleur méchant Marvel

Venons-en au gros morceau, si j’ose dire, avec Wilson Fisk.

Après cette saison 3, si je pouvais refaire mon classement des meilleurs méchants de Marvel, il est clair que Fisk passerait de la deuxième à la première place.

Vincent d’Onofrio était déjà parfait dans la première saison de Daredevil, mais bon, le temps passe, après 3 ans et demi, l’impact de sa performance s’était légèrement estompé sur mon cerveau et là « bim », retour de l’incarnation parfaite du Caïd et cette fois, on a même droit à son surnom, Kingpin, prononcé par les agents du FBI qui travaillent pour lui.

Ce que cette saison fait admirablement bien, c’est nous montrer à quel point Fisk est redoutable et ce à tous points de vue. Il ne faut pas sous-estimer le danger physique qu’il représente et je vais y revenir, mais cette fois on prend conscience de l’incroyable capacité de manipulation de Fisk.

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Je pense notamment à la scène de révélation de l’enfance de Poindexter quand Wilson Fisk se promène dans ses souvenirs en noir et blanc. Outre l’excellence de la mise en scène, on découvre alors la capacité de Fisk à disséquer une personnalité pour en retirer exactement ce dont il a besoin pour faire de Benjamin Poindexter sa créature.

Evidemment, sur ses derniers épisodes, la série joue la carte extrêmement classique de la créature échappant à son créateur, sachant que c’est par la révélation de la vérité que viendra la chute de Fisk.

Le parallèle entre Fisk et Trump

Ici, même si quelques aigris m’en feront j’en suis certain le reproche en commentaire, il faut souligner les références multiples de la série qui tracent un parallèle évident entre la stratégie de Fisk et les méthodes de Donald Trump.

Pour redorer son blason, Fisk met en œuvre trois approches assez simples, mais extrêmement bien exécutées.
D’abord, il décrédibilise ses adversaires, Daredevil et Matt Murdock, ceux qui l’ont envoyé en prison.

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Ensuite il crée une diversion médiatique en créant un bouc-émissaire qui va attirer l’attention des médias et détourner de lui la haine populaire. Enfin, il va remettre en cause la réalité de toute information gênante pour lui en les qualifiant de fake stories, des histoires mensongères.

En résumé, Wilson Fisk joue sur les peurs, il nourrit les divisions entre les gens et relativise la notion de vérité et de mensonge.

Evidemment, Wilson Fisk, c’est aussi une présence physique terrifiante, une force de la nature qui peut entrer dans une rage meurtrière d’un instant à l’autre, sans prévenir.

Kingpin, le Caïd et ses explosions de rage

Trois scènes m’ont particulièrement marqué de ce point vu. D’abord on a l’homme de main que Fisk tue à coups de poings dans la voiture, en lui demandant d’abord sa veste auparavant pour lui couvrir le visage.

La violence symbolique de cette soumission vient rejoindre l’explosion de violence physique alors que la rage de Fisk retombe aussi vite qu’elle est arrivée. Le cadavre n’est plu alors qu’un objet vaguement encombrant.

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La deuxième scène est évidemment celle du face à face avec Karen Page. Toute la violence à peine contenue qui passe sur le visage de Fisk est véritablement glaçante et Deborah Ann Woll est parfaite dans cette joute verbale, cette bataille de nerfs qu’elle finit pas emporter.

Enfin, il y a le combat final et la démonstration que Fisk reste un adversaire formidable. Alors que Matt a échoué encore et encore contre Poindexter, Fisk le soulève et lui brise la colonne vertébrale contre un mur. Simple, basique.

Matt Murdock va-t-il tuer ?

On le sait depuis la saison 2, Matt Murdock est toujours à la limite, il est à un mauvais jour de devenir le Punisher en franchissant cette ligne et en tuant.

De ce point de vue, j’ai particulièrement apprécié son exultation primale quand il hurle à la face de Fisk : I WIN, I BEAT YOU !

On y sent à la fois toute la rage contenue de Matt, mais aussi la satisfaction de son ego après avoir sombré au plus profond et avoir flirté avec une folie obsessionnelle de Fisk au point d’en avoir des visions.

On retrouve ici l’inspiration très bien utilisée du run Born Again. C’est de là aussi que vient notamment la scène du taxi plongé dans l’eau avec Matt coincé à l’intérieur. Malheureusement, la série n’a sans doute pas eu les moyens pour rendre la scène aussi génératrice de claustrophobie qu’elle aurait pu l’être.

> Lire aussi :  La série Daredevil va-t-elle faire son retour ?

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Le plan séquence de la prison

En parlant de scène, impossible de ne pas évoquer le plan séquence complètement dingue de l’épisode 4 dans la prison. C’est une performance incroyable de la part de toute l’équipe impliquée. Même si Charlie Cox se fait très astucieusement remplacer par un cascadeur à deux reprises dans ce plan, il est plus qu’évident qu’il se donne à fond et qu’il est très crédible dans les bagarres. Enchaîner ces combats avec les scènes de dialogues relève vraiment de la performance de haut niveau.

Ce que cette saison fait aussi très bien, c’est de tracer un parallèle entre les parcours de Benjamin Poindexter et Matt Murdock, mais pour aboutir à des résultats diamétralement opposés.

Une version de Bullseye qui touche droit dans le mille

Evidemment, Bullseye est l’autre immense réussite de cette saison 3. L’interprète, Wilson Bethel, est excellent.
Le personnage est passionnant, à tel point qu’on ressent parfois de l’empathie pour lui, notamment quand il cherche à canaliser ses pulsions psychopathes grâce aux enseignements de sa thérapeute tragiquement disparue.

Daredevil saison 3 : critique, analyse, avis

Son côté stalker avec la jeune bénévole de SOS suicide est presque émouvant aussi, surtout quand elle accepte finalement de l’aider malgré tout, mais tout ça est balayé par l’effet Wilson Fisk et paf ça fait des Chocapic ! … enfin un Bullseye.

J’ai vraiment adoré les confrontations entre Daredevil et Bullseye, justement du fait des différences dans leurs capacités. Les chorégraphies étaient excellentes et mettait exactement en valeur la supériorité de Daredevil au corps à corps et sa vulnérabilité à distance, jusqu’à ce qu’il utilise enfin de quoi dévier les projectiles.

Cette saison 3 nous offre donc la version parfaite d’un autre méchant emblématique avec celui capable de transformer n’importe quel objet du quotidien en arme mortelle.

Au final, il faut quand même reconnaître l’audace scénaristique qui consiste à décider que Matt n’est jamais capable de vaincre définitivement Poindexter dans un affrontement en face à face.

Il faut le formidable combat à 3 du dernier épisode pour que ce soit Fisk qui le mette enfin hors d’état de nuire.

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Scène post-crédit : Docteur Oyama et adamantium

Un mot sur la scène finale bien sûr avec l’introduction du Docteur Oyama qui répare la colonne vertébrale de Poindexter avec un alliage.

Dans les comics, Oyama est le Seigneur Dark Wind, un maître du crime qui est à l’origine des techniques d’utilisation de l’adamantium pour renforcer les squelettes comme avec Logan ou encore sa propre fille Lady Deathstrike.

Evidemment, on ne parle pas d’adamantium dans la série, mais sait-on jamais, lorsque la récupération des droits qui appartenait à la Fox par Marvel sera effective, on peut espérer.

Même si le final avec la cible dans l’œil de Poindexter était un peu « too much » à mon goût, la bonne nouvelle c’est que Bullseye serait encore plus mortel dans une éventuelle suite, d’autant plus qu’il n’a plus aucune retenue. On sait qu’il a totalement sombré depuis qu’il s’est pointé avec le cadavre de Julie, celle qui lui servait de référence morale, installé sur le siège passager.

On sait que le showrunner de cette saison 3 a déjà pitché une saison 4 à Netflix, espérons qu’elle voit le jour malgré les annulations d’Iron Fist et Luke Cage.

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Ray Nadeem était bien le cœur de cette saison

Un mot quand même sur une autre décision narrative très forte de cette saison avec la mort de Ray Nadeem. Ce n’est que par l’intermédiaire de ce sacrifice qu’il devient possible de faire chuter Wilson Fisk, même si Vanessa restera sans doute en liberté. En perspective on comprend l’importance cruciale du personnage, bravo aussi pour une autre scène énorme, celle de la fusillade alors qu’il est guidé par Matt.

Justement, il était très intéressant de voir Vanessa pleinement embrasser le mal faisant partie de Fisk. La métaphore du tableau blanc éclaboussé de rouge venait souligner ce mélange terrible qui signe l’impossibilité totale d’une rédemption pour Fisk alors que celle qui aurait pu l’éloigner du crime ne fait que l’y encourager davantage.

Daredevil saison 3 : critique, analyse, avis

Concernant Foggy Nelson enfin, il était un peu plus en retrait cette saison, mais sa présence était très utile pour apporter de l’énergie positive, de l’enthousiasme et une amitié sans faille à Matt malgré son comportement horripilant.

8 Commentaires

8 Commentaires

  1. Daredebile

    24 novembre 2018 at 1 h 32 min

    Ton avis est drôle parce qu’on sent que tu es un fanboy daredevil et que rien ne pourra objectivement te déplaire dans cette adaptation très ennuyeuse, remplissant ses épisodes de blablas inutiles et de débats métaphysiques vides de sens. Cette saison 3 rejoint les dernières productions ronflantes de Netflix /marvel avec the defenders, Iron fist 2 et luke cage 2. Vivement l’arrêt de daredevil.

    • Captain Popcorn

      27 novembre 2018 at 14 h 33 min

      Ton avis est drôle parce qu’on sent que tu es un hater de base qui n’a absolument rien compris à la richesse de cette adaptation à différents niveaux.

  2. Wade Castle

    24 novembre 2018 at 8 h 04 min

    A titre personnel j’ai préféré Punisher.

    • Captain Popcorn

      27 novembre 2018 at 14 h 34 min

      Punisher est une excellente série 🙂

  3. Borrelli

    24 novembre 2018 at 10 h 28 min

    Pas du tout d’accord avec vous, à croire que vous découvrez l’hommage sans peur dans cette saison. 3e saison qui aurait dû s’appeler Matt Murdock plutôt que Daredevil. Le personages sont mous et pathos, pas de rythme, un scénario hésitant, des inventions rocambolesques. J’ai pourtant regardé jusqu’au bout de cette saison et je me suis bien fait chier. Bullseye, n’importe quoi !! Ils ont bousillé l’un des pire ennemi de daredevil, ai secours !!! Kingpin sauve l’honneur à la limite. Votre enthousiasme pourrait cette saison est incompréhensible… Une grosse bouse. Je me demande si chez Netflix les mec ont lu daredevil étant enfant ??…

    • Captain Popcorn

      27 novembre 2018 at 14 h 36 min

      Utiliser l’argument de la légitimité du lecteur de comics à l’ancienne n’est absolument pas valable. On peut apprécier cette série en ayant de longue date lu les comics et inversement. Bullseye est absolument fascinant dans cette adaptation. Tout ce qui ne vous plaît pas n’est pas forcément une « bouse ». Quelle approche extrémiste désolante.

  4. Antoine

    24 novembre 2018 at 17 h 08 min

    Ben, moi, j’ai lu DD quand j’étais gamin, au début des années 80, et je préfère mille fois cette adaptation, sans costume de super-héros/super-vilains, avec de vrais sentiments, avec une vraie noirceur. On en sort rincé, un peu écœuré ET C’EST TRÈS BIEN COMME ÇA.
    C’est DD, les gars, c’est pas oui oui au pays des méchants.
    D’Onofrio est juste énorme, puissant de cinglerie malsaine.

    • Captain Popcorn

      27 novembre 2018 at 14 h 38 min

      Je suis parfaitement d’accord avec toi, Antoine. On sait bien qu’en France on exprime plus facilement le négatif que le positif, heureusement que certains prennent quand même la plume pour défendre ce qu’ils ont apprécié.

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