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De la vie sur Mars ? Entre mythes et réalités scientifiques

La fascination pour Mars a été entretenue par des siècles de spéculations et d’observations. Avec les récentes missions spatiales sur la planète rouge, l’espoir de découvrir des traces de vie passées a été ravivé. Qu’en est-il vraiment ?

Les Égyptiens, les Grecques et les Romains avaient déjà l’œil sur Mars avant même l’invention du télescope, qui n’est arrivé qu’au 17ᵉ siècle. Chaque peuple lui a attribué des caractéristiques et une symbolique propres, bien souvent liés au sang et à la guerre en raison de sa couleur rougeâtre unique. C’est d’ailleurs de cette planète que tirait son nom Mars, dieu romain de la violence, de la guerre et de la jeunesse. Cette fascination a été largement amplifiée par la suite au 19ᵉ et 20ᵉ siècle par le cinéma et la littérature. Des œuvres comme La Guerre des Mondes (1898) de H. G. Wells ou encore Les Chroniques Martiennes (1950) de Ray Bradbury ont largement contribué à la démocratisation de Mars dans la culture populaire.

Si les spéculations sur l’existence d’une vie martienne remontent en réalité au 17ᵉ siècle, les premières réelles explorations de la planète dans le but de rechercher des signes de vie sur la planète n’ont commencé que dans les années 1970. Le programme Viking de la NASA a été le premier à poser des engins américains dans cet objectif. En 2011, la mission Curiosity a fourni de nouvelles preuves que Mars aurait pu abriter la vie. La présence passée de composés organique et d’eau liquide ont ranimé les espoirs sur la potentialité d’une vie martienne. Plus récemment, le Rover Perseverance a marqué une étape supplémentaire dans la recherche d’une quelconque trace de vie. À quel stade sommes-nous arrivés et que dit la science sur le sujet actuellement ?

À la recherche de vie sous la surface martienne

Le 18 février 2021, Perseverance s’est posé sur Mars. Une de ses missions est de collecter des échantillons de roches et de sol martiens aux endroits de la planète qui auraient pu être habitables. Ces derniers pourraient être renvoyés sur Terre pour que les chercheurs les analyse de manière plus poussée. Le cratère Jezero (lieu de son arrivée), selon les observations préliminaires, aurait contenu autrefois de l’eau liquide sous forme d’un lac, ce qui est une excellente nouvelle.

Toutefois, la présence d’eau n’est pas suffisante pour déterminer si Mars a été habitée un jour ; c’est pour cela que Perseverance cherche également des composés spécifiques : carbone, hydrocarbures, acides aminés ou lipides. La recherche de ces composés organiques est essentielle, car ils sont les briques élémentaires à la vie telle que nous la connaissons. Au mois de juillet 2023, Perseverance a bien détecté des molécules organiques dans le cratère Jezero, datant « d’au moins 2,3 à 2,6 milliards d’années » selon cette publication parue dans Nature.

Parallèlement à cela, la mission Curiosity (un autre rover de la NASA) poursuit un objectif équivalent à Perseverance, et effectue également différentes analyses et des mesures environnementales. Fin 2021, celui-ci « a observé un mélange d’isotopes du carbone dans les roches du cratère Gale qui, sur Terre, serait signe de vie » peut-on lire dans cet article de National Geographic. Là aussi, rien n’indique que ces variations isotopiques tirent leur origine d’une activité biologique.

Indices et interprétations : le défi de la preuve

L’analyse des données issues de ces deux missions, ainsi que d’autres (ExoMars, Insight, etc.) avancent l’hypothèse que des formes de vie microbiennes pourraient subsister dans le sous-sol martien. Ces communautés microbiennes seraient le résultat du contact entre des roches issues de météorites et de l’eau. Mais cela reste encore à prouver et l‘hypothèse est en cours d’étude.

Jesse Tarnas, chercheur au Jet Propulsion Laboratory, (USA) a expliqué dans un communiqué de l’Université de Brown : « Nous ne savons toujours pas s’il y a eu de la vie sous la surface de Mars. Nous disons seulement qui si ça a été le cas, nous pensons qu’il y aurait aussi sur place, suffisamment d’énergie pour la maintenir jusqu’à aujourd’hui ». Rien n’indique encore explicitement aujourd’hui que Mars a été un jour peuplée par une forme de vie.

Il faut bien garder à l’esprit que tous les indices biologiques découverts sur Mars peuvent tout à fait s’expliquer par des processus géologiques ou chimiques dont nous ne connaissons pas les dessous. En réalité, nous sommes assez peu renseignés sur le fonctionnement de Mars. La communauté scientifique interprète les résultats des missions sous le prisme de la connaissance actuelle et, par conséquent, des modèles théoriques développés jusqu’alors. La prudence est donc nécessaire et de nombreuses recherches sont encore nécessaires pour tirer des conclusions définitives.

Poursuivre la quête de la vie sur Mars reste encore à ce jour un défi scientifique herculéen, où les chercheurs oscillent constamment entre les espoirs apportés par de nouvelles observations et la prudence qui doit rester de mise pour interpréter ces données. Que la vie ait été présente un jour ou non, l’amélioration du socle de nos connaissances sur Mars nous aidera à comprendre davantage les processus qui ont permis la vie sur Terre. Amy Williams, astrobiologiste à l’université de Floride développe cet aspect précis : « L’histoire ancienne des deux planètes présente de nombreux points communs, c’est à se demander pourquoi elles ont ensuite évolué de manière si différente ». Les petits hommes verts ne sont pas pour demain !

  • Grâce aux missions de Perseverance et Curiosity, la quête de la vie sur la Mars continue à progresser.
  • Des indices indiquent aujourd’hui que la planète aurait pu accueillir des formes de vie dans son passé, mais rien n’est encore confirmé.
  • L’interprétation des données récoltées doit se faire dans la plus grande prudence de la part de la communauté scientifique.

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