Passer au contenu

Les gisements de pétrole et de gaz déclinent plus vite que prévu, et c’est très inquiétant

Un signal d’alarme pour les marchés… Et pour la planète.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de lancer un avertissement lourd de conséquences. Dans un rapport publié ce 16 septembre, cet organisme intergouvernemental chargé de veiller à la sécurité énergétique mondiale et de conseiller les États, révèle que les gisements de pétrole et de gaz s’épuisent plus vite que prévu.

Un déclin naturel qui s’accélère

En analysant les données de 15 000 champs pétroliers et gaziers dans le monde, l’AIE montre que les taux de déclin se sont nettement accélérés ces dernières années. Concrètement, cela signifie que sans investissements constants, la production mondiale chuterait de 5,5 millions de barils par jour chaque année, soit l’équivalent de la production cumulée de la Norvège et du Brésil.

Tous les gisements ne sont pas touchés de la même manière. Les super-champs du Moyen-Orient, comme l’Iran ou l’Arabie saoudite, déclinent très lentement, autour de 2 % par an, quand les gisements offshore européens perdent en moyenne 15 % de leur production chaque année.

Pire encore, les gisements non conventionnels, tels que le pétrole et le gaz de schiste, connaissent une chute très rapide : leur production baisse de 35 % dès la première année sans forage, puis d’environ 15 % l’année suivante. « L’industrie doit courir beaucoup plus vite juste pour rester sur place », résume Fatih Birol, directeur exécutif de l’agence. Tout cela n’est pas sans conséquence ; bien au contraire.

Pétrole
© Grant Durr / Unsplash

Une dépendance accrue aux hydrocarbures

Car cette dynamique impose des investissements massifs. Près de 90 % des 500 milliards de dollars investis chaque année dans l’amont pétrolier et gazier servent uniquement à compenser ce déclin, et non à répondre à une éventuelle hausse de la demande.

Or, maintenir la production actuelle d’ici à 2050 nécessiterait plus de 45 millions de barils par jour issus de nouveaux champs conventionnels et près de 2 000 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires, soit l’équivalent de la production cumulée des trois plus grands producteurs mondiaux.

Si elles permettent d’éviter les pénuries à court terme, ces injections de capitaux risquent de piéger durablement le monde dans l’ère des hydrocarbures et de retarder la baisse des émissions polluantes.

Le monde se retrouve donc face à un dilemme : investir toujours plus pour maintenir un système énergivore, au risque d’aggraver la dépendance aux énergies fossiles, ou réduire structurellement la demande pour limiter à la fois les besoins d’exploration et les émissions. Sans inflexion majeure, le centre de gravité de la production basculera vers le Moyen-Orient et la Russie, renforçant leur poids stratégique sur les marchés mondiaux.

  • L’AIE alerte sur l’accélération du déclin naturel des gisements pétroliers et gaziers dans le monde.
  • Sans investissements massifs, la production chuterait de millions de barils chaque année.
  • Cette situation accentue la dépendance aux hydrocarbures tout en renforçant le poids stratégique du Moyen-Orient et de la Russie.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech