Passer au contenu

Le découvert autorisé automatique va s’arrêter : 22 % des Français en situation délicate

Bientôt, la banque pourra refuser votre découvert si elle estime que vos finances ne le permettent pas. Problème : 22 % des Français déclarent être à découvert tous les mois ou presque.

À partir du 20 novembre 2026, les règles du découvert bancaire automatique vont radicalement changer. Jusqu’ici accordé presque sans formalités, il sera désormais encadré comme un crédit à la consommation. Une réforme discrète, mais qui concernera directement un Français sur quatre.

Le découvert considéré comme un crédit à la consommation

Cette évolution découle d’une directive européenne transposée dans le droit français par une ordonnance de septembre 2025. Objectif : mieux protéger les consommateurs et limiter les situations de surendettement. Concrètement, à partir de novembre 2026, toute autorisation de découvert au-delà de 200 euros sera soumise aux mêmes règles qu’un crédit à la consommation ; il ne s’agira plus d’un service automatique que la banque peut accorder sans vraiment réfléchir.

Chaque fois qu’un client voudra un découvert supérieur à cette somme, la banque devra vérifier sa situation financière avant de se décider. Elle s’attardera sur les revenus, les dépenses mensuelles, les éventuels crédits en cours ou les incidents de paiement. En outre, elle sera dans l’obligation de remettre un document clair et complet précisant le coût réel du découvert, son taux d’intérêt (le fameux TAEG), ainsi que et les conditions de remboursement, exactement comme pour un prêt à la consommation.

Paiement Internet Revolution
© TStudious / Shutterstock

Plus d’inégalités ?

Cette réforme a de quoi inquiéter. Selon un sondage CSA Research pour lesfurets.com, 22 % des Français déclarent être à découvert tous les mois ou presque. Et ce sont surtout les foyers modestes et les familles avec enfants qui y ont recours pour boucler leurs fins de mois. « Les revenus sont trop bas. Je travaille la semaine et le week-end, mais je n’ai pas assez de rentrées d’argent par rapport à mes dépenses », explique Kévin, 22 ans, interrogé par Europe 1.

Car ceux qui ont le plus besoin du découvert seront très probablement ceux qui auront le plus de mal à y accéder. Les ménages aisés, eux, n’auront aucune peine à prouver leur solvabilité et à obtenir cette autorisation. Dans ce contexte, plusieurs spécialistes redoutent des inégalités encore plus marquées.

Les institutions financières devront pour leur part conserver des justificatifs et présenter des offres conformes au droit du crédit. Cela représente un casse-tête administratif de plus, mais devrait aussi réduire leurs risques. À noter que cette mesure ne devrait pas être rétroactive : les découverts déjà existants ne seront donc pas concernés.

  • À partir du 20 novembre 2026, le découvert bancaire ne sera plus automatique : au-delà de 200 euros, il sera traité comme un crédit à la consommation.
  • Les banques devront examiner chaque demande et pourront la refuser si le client n’est pas jugé solvable.
  • Une réforme qui risque de pénaliser les ménages modestes, déjà nombreux à finir le mois dans le rouge.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech