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Des journalistes de France 24 et Mediapart ont été victimes de Pegasus selon l’ANSSI

L’autorité nationale en matière de sécurité et de défense des systèmes d’information (ANSSI) révèle que des journalistes de France 24 et Mediapart ont été victimes du malware Pegasus. L’affaire a été transmise au parquet.

Au moins trois journalistes ont été victimes de cette suite d’espionnage qui exploite les failles de sécurité des iPhone. Edwy Plenel, le rédacteur en chef de Mediapart, Lénaïg Bredoux, journaliste d’investigation pour le même journal, et un journaliste de France 24 dont le nom n’a pas été dévoilé sont les premières victimes de Pegasus officiellement confirmées par l’ANSSI.

Et c’est en soit une petite bombe, car depuis les premières révélations récentes autour de Pegasus, aucune agence gouvernementale n’avait confirmé ou infirmé l’utilisation d’un tel malware pour espionner des cibles. Forbidden Stories, une ONG parisienne ainsi que Amnesty International avaient dévoilé un peu plus tôt une liste de 50 000 numéros de téléphone.

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France 24 annonce qu’il y aura des conséquences légales

La liste était présentée comme un répertoire des cibles des clients de Pegasus depuis 2016. Le numéro de téléphone d’Emmanuel Macron et du premier ministre Edouard Philippe font partie de cette liste, suscitant une certaine émotion. NSO Group dément pourtant l’information. Selon l’éditeur du malware Pegasus, jamais Emmanuel Macron n’a été la cible de ses clients.

Selon la firme, la présence d’un numéro sur cette liste ne confirme en aucun cas le moindre espionnage. NSO continue par ailleurs d’affirmer que Pegasus est strictement réservé à la surveillance de criminels et de terroristes. Pourtant, les découvertes de l’ANSSI confirment désormais le contraire.

La direction de France 24 se dit ainsi “profondément choquée” d’apprendre que l’un de ses journalistes était visé par Pegasus. “Nous sommes à la fois en colère et stupéfaits que l’un de nos journalistes aient pu faire l’objet d’espionnage. Nous ne laisserons pas passer cela. Il y aura une action légale”, explique une source à la rédaction de France 24.

Selon le Monde, le journaliste de France 24, basé à Paris, été sélectionné pour être “potentiellement mis sous surveillance”. Mais des experts de la police ont découvert que le spyware a en réalité été utilisé pour cibler le téléphone du journaliste à trois reprises, en mai 2019, septembre 2020 et janvier 2021. Le téléphone d’Edwy Plenel contenait quant à lui des “traces” de Pegasus.

“Cela met fin à l’idée selon laquelle tout cela n’est que mensonges et fake news. C’est la preuve dont nous avions besoin”, a réagi Lénaïg Bredoux. Et d’ajouter : “cela prend du temps d’en prendre conscience, mais c’est très déplaisant de penser que l’on est en train d’être espionné, que des photos de votre mari, enfant, vos amis – qui sont des victimes collatérales – sont épiées : qu’il n’y a aucune manière d’y échapper. C’est très dérangeant”.

Lénaïg Bredoux explique par ailleurs être encore plus inquiète pour ses sources que pour elle-même. Dans les conséquences de l’affaire, l’Elysée a ordonné la semaine dernière l’ouverture d’une enquête. En Israël, les locaux de NSO Group ont été visités par des enquêteurs la semaine dernière. Le quotidien local Haaretz rapporte qu’une réunion de crise avec les firmes de sécurité a été organisée pour évaluer l’impact de ces révélations sur cette industrie.

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Par : Bitdefender