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Des nouvelles de TomTom, en 2022

L’année ne promet rien de bon chez TomTom. La société mise tout sur une nouveauté prévue pour décembre.

À Amsterdam, là où tout à commencé en 1991, l’ambiance est morose chez TomTom. L’automatisation de la conception des cartographies précipitera une vague de licenciements de 500 employés ces prochaines semaines, a annoncé la société le 1er juin.

Via l’agence Reuters, la direction du groupe néerlandais disait être en cours de “l’évaluation complète des implications financières de la réinitialisation de l’unité Maps”. Comprenez par là que TomTom est en train de peaufiner les derniers détails pour savoir précisément sur combien de salariés la société pourra encore compter, au sein d’une branche vouée à disparaître.

Cela dit, la nécessité de tailler dans les coûts ne se résume pas à un simple besoin de modernisation. TomTom, qui produit aussi les appareils qui hébergent son logiciel de navigation, est ralenti par la pénurie des composants. Et la guerre en Ukraine n’a rien arrangé.

La problématique des stocks touche à la fois ses produits, mais aussi le marché automobile. Si TomTom estime à 8% la baisse des capacités de production des constructeurs, rappelons que les ventes européennes étaient en baisse de 21,7%, pour un sixième mois consécutif dans le rouge.

Les futurs licenciements chez TomTom ont certainement dû être réfléchis de longue date. Le mois dernier, le PDG Harold Goddijn disait à Reuters qu’ils avaient “déjà supposé que 2022 ne serait pas une année facile”. Et c’était peu dire.

Les pertes d’exploitation du premier trimestre l’ont confirmé, à 19,8 millions d’euros, alors que ses perspectives de revenus pour l’année 2022 sont comprises entre 470 et 510 millions d’euros. Loin des 540 millions des analystes. Pour l’année prochaine, les prévisions “seront réaffirmées”, y compris pour les flux de trésorerie.

Le projet le plus important de TomTom

Cette année marquera aussi le lancement commercial d’IndiGo, une plateforme ouverte destinée à être intégrée par les constructeurs sur leurs nouveaux modèles. Voilà deux ans que TomTom travaille dessus et compte sécuriser son activité en nouant des partenariats de long terme avec les marques.

Pour ce faire, la société a pris le sujet dans son ensemble et IndiGo sera à la fois un outil de navigation, mais il intégrera aussi l’assistant vocal Alexa (Amazon), Cerence (ex-Nuance Communication), Bosch, Microsoft, Harman, Faurecia Aptoide Automotive et Digital Charging Solutions, en tant que partenaires techniques.

TomTom IndiGO
© TomTom

Actuellement, TomTom peut déjà s’appuyer sur des gros contrats avec Stellantis, Renault, Toyota et Volkswagen. C’est avec cette activité d’intégration dans les ordinateurs de bord des voitures que la société a pu survivre à la vague de Google (Maps, Waze), qui a rapidement pris la tête du marché des applications mobile pour la navigation.

Tout avait commencé en 2008, lorsque TomTom avait noué un partenariat avec la marque au losange française Renault pour y intégrer ses outils dans la nouvelle interface R-Link. Jusqu’à 2015, c’est particulièrement grâce à lui que la société a résisté. Alors le lancement d’IndiGO, en fin d’année, promet d’être un événement décisif pour la suite. Google est aussi sur le dossier : l’Américain travaille déjà avec Volvo pour lui proposer une interface Android.

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