Passer au contenu

Scandale autour du Doliprane : Sanofi empoche 10 milliards d’euros, sans opposition

Le laboratoire français Sanofi vient de vendre sa filiale Opella, qui commercialise notamment le Doliprane.

Quand on pense aux géants de l’industrie française des noms comme Alstom, Michelin, Thales, Airbus et tant d’autres. Mais on oublie bien vite les géants du monde pharmaceutique. À commencer par Sanofi. Le laboratoire fondé en 1973 a depuis connu une croissance fulgurante.

Sanofi c’est la troisième plus forte valeur boursière de France (derrière LVMH et Total), c’est aussi une entreprise très rentable, avec plus de 3 milliards de dollars versés à ses actionnaires en 2018. Son médicament le plus connu est de loin le Doliprane.

Un vrai mastodonte de l’industrie pharmaceutique. C’est le médicament le plus consommé en France, avec près de 300 millions de boîtes écoulées tous les ans. À titre de comparaison, aucun autre traitement ne dépasse les 100 millions de ventes. C’est dire l’avance du Doliprane sur la concurrence.

Un rachat qui pose question

Alors évidemment, un tel champion attire les envieux. Depuis plusieurs mois la rumeur prenait de l’ampleur. Sanofi serait sur le point de vendre des parts d’Opella — sa filiale en charge du Doliprane. Finalement l’annonce officielle est tombée ce mercredi, quelques minutes seulement avant le conseil d’administration de l’entreprise.

Dans un communiqué de presse, le laboratoire annonce que la vente permet au fonds d’investissement américain CD&R de récupérer 50 % des parts d’Opella. Ce même document donne des détails sur l’offre, très généreuse, faite par le géant pharmaceutique dans cette opération.

« Sanofi a reçu un montant net total en numéraire de l’ordre de 10 milliards d’euros »

Pour le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, « ce nouveau chapitre marque le début d’une aventure prometteuse » pour Opella. Si la vente semble donc le séduire, il apparaît comme le seul heureux de cette situation. Depuis la fin d’année dernière, et l’annonce de l’ouverture des négociations exclusives pour la vente d’Opella, des employés du groupe s’étaient mis en grève.

Le groupe assure de son côté que le Doliprane, bien que très populaire, était peu rentable. Sa vente va permettre à Sanofi de se concentrer sur d’autres missions. L’argent récolté servira au développement d’autres médicaments, dans des secteurs plus intéressants comme l’oncologie ou les maladies rares.

L’État pouvait empêcher la vente ?

Sur les réseaux sociaux, l’arrivée du Doliprane sous pavillon américain ne semble faire plaisir à personne. Les internautes, unanimes, fustigent cette décision. Beaucoup redoutent une explosion des prix dans les années à venir. Au milieu de ces craintes anonymes, le député LFI de la 1ère circonscription du Nord, Aurélien le Coq assure que “la voracité des actionnaires” est sans limite.

Il rappelle notamment que Sanofi a licencié de nombreux chercheurs. Le groupe pharmaceutique a également touché des subventions publiques (pour développer d’autres médicaments, faire de la recherche et notamment travailler sur un vaccin contre la Covid-19). Il demande aujourd’hui au groupe de « rendre l’argent ».

D’autres élus, de tous bords, ont critiqué cette décision, assurant qu’Emmanuel Macron avait le pouvoir d’empêcher une telle vente. Légalement, le gouvernement a effectivement ce pouvoir. Depuis l’adoption de la loi « Pacte » en 2019, le ministère de l’Économie dispose d’un « droit de veto » pour empêcher un rachat dans un « secteur sensible ».

La loi l’autorise même à donner ses conditions. Comme l’intégration d’une part étatique dans le capital de la société en question. Dans le cas du Doliprane, l’État aurait pu investir via BPIFrance aux côtés de CD&R. Mais il a décidé de ne pas le faire.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

TousAntiCovid
TousAntiCovid
Par : Gouvernement français
4.4 / 5
k324.5 avis