Les alertes sur l’état des comptes de la France n’en finissent plus. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un économiste, de tous bords, ne vienne tirer la sonnette d’alarme. En février dernier, la Cour des comptes parlait de « dépenses publiques en roue libre ». La France était alors « face au mur » et devait arranger la situation, très vite.
La semaine dernière, les avertissements ont atteint une sphère internationale. C’est le FMI (fonds monétaire international) qui a pris la parole. Dans son rapport, il assure qu’il est essentiel de « prendre des mesures difficiles » pour redresser le plus rapidement les comptes de l’État.
Des promesses trop “optimistes” ?
Du côté du gouvernement, on assure que les choses avancent, et que les efforts consentis aujourd’hui auront un impact. On parle notamment d’un retour du déficit public sous les 3 % d’ici à 2029. Cette règle budgétaire, imposée à toute l’Union européenne par le président Mitterand n’a été que trop peu respectée dans notre histoire moderne.
Une annonce qui ne semble rassurer personne. Et pour cause, plus grand monde n’accorde d’importance à un tel discours. Aujourd’hui le déficit français est de 5,8 %, l’un des plus hauts de l’Union européenne. Face à cet état de fait, la Commission européenne, le FMI et même la Cour des comptes jugent l’exécutif trop « optimistes » face à la gravité de la situation.
Sans mesures « significatives », la France va continuer à vivre avec un déficit autour des 6 %. La dette publique va alors augmenter, atteignant un point de non-retour en 2030. Pour l’analyste Christopher Dembik, la France pourrait bien finir « sous tutelle » d’une autorité financière mondiale comme le FMI ou la BCE.
Un destin similaire à la Grèce ?
Nous nous souvenons tous de la crise financière qui a frappé la République hellénique entre 2010 et 2015. La France pourrait-elle connaître le même sort dans quelques années ? Certainement pas. Pour plusieurs raisons, à commencer par l’expérience acquise en Grèce.
La Banque Centrale européenne (BCE) sait beaucoup mieux gérer des crises liées à une dette souveraine aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Elle a renforcé ses mécanismes d’aides et de contrôle. Le programme OMT, créé en 2012 et encore jamais utilisé, prévoit notamment le rachat d’obligations sur le marché secondaire, facilitant le retour de taux d’intérêt intéressants.
En échange, l’État touché par ce programme doit mettre en place un « plan d’ajustement budgétaire » plus ou moins négocié avec l’Union européenne. Une solution de la dernière chance, décrite par tous les économistes comme « austère, très douloureuse. »
L’analyste Christopher Dembik évoque notamment une baisse des dépenses publiques de près de 10 points. La façon la plus simple serait alors de remettre en question (encore une fois) l’âge de départ à la retraite. Car c’est bien cette dépense, de loin la plus importante, qui cristallise toutes les attentions.
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