Une plateforme intuitive qui regroupe toutes les formations accessibles aux lycéens pour faciliter leur choix d’études supérieures. C’est le pari d’Edumapper, une jeune pousse qui espère grandement simplifier ce processus si crucial. Elle vient de clôturer un tour de table à hauteur de 5 millions d’euros.
Répondre à une problématique sociétale
Car sélectionner une formation adéquate peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant. Non seulement car le stress accumulé est immense, mais également car la méthodologie actuelle a tendance à renforcer les inégalités des chances.
« Certaines familles offrent un accompagnement solide à leurs enfants, notamment lorsque les parents sont enseignants ou très informés sur le sujet. D’autres ont les moyens de financer un soutien extérieur, comme du coaching. Mais pour une grande partie des élèves, qu’ils soient éloignés de ces privilèges ou qu’ils vivent dans des zones moins accessibles, le parcours devient un véritable défi », commente Sébastien de Lafond, cofondateur d’Edumapper, dans un entretien accordé à Presse-citron.
Le constat est sans appel : chaque année sur Parcoursup, 900 000 jeunes tentent leurs chances. Seulement 700 000 d’entre eux sont bacheliers, les 200 000 restants, eux, n’ont pas trouvé leur compte dans la formation préalablement choisie et tentent de trouver chaussure à leur pied. Ainsi, on estime à 2 milliards d’euros le coût annuel global des mauvaises décisions d’orientation, indique Edumapper. La plateforme, qui vient tout juste d’être rendue publique, répertorie plus de 25 000 formations de post-bac à master disponibles en France, mais aussi à l’étranger.
« Chaque formation est accompagnée d’informations précises sur les conditions d’accès : niveau requis, type de bac, prérequis académiques, mais aussi aspects financiers comme le coût, les possibilités de bourses ou la gratuité éventuelle », énumère le dirigeant. Mieux encore, le site détaille le contenu de chaque formation, en plus de ses débouchées précises, qu’il s’agisse d’études supplémentaires ou de professions.

Edumapper s’appuie sur la data science
La plateforme a réalisé des investissements massifs en data science. Une discipline qui lui permet, par exemple, d’estimer les chances d’un élève d’accéder à telle ou telle formation selon ses notes et ses spécialités. L’idée est de « personnaliser les chances », résume Sébastien de Lafond.
Et justement, il peut s’appuyer, aux côtés de deux des autres cofondateurs, Julien Cheyssial et Jordan Sanial, sur son expertise technologique acquise lors d’une aventure entrepreneuriale précédente. En effet, les trois hommes sont à l’origine de MeilleursAgents, une plateforme qui a chamboulé le secteur de l’immobilier en apportant aux consommateurs des informations fiables et transparentes sur les prix du marché. Elle a été rachetée pour 200 millions d’euros par le groupe de presse Axel Springer en septembre 2019.
Valentine Mandon vient compléter l’équipe fondatrice. Elle a notamment créé, en 2017, l’association Correspondre pour accompagner des élèves issus de ZEP et de milieux ruraux à accéder à Sciences Po. Ils sont accompagnés d’une équipe de chercheurs issue du prestigieux Centre Borelli. « Ils vont analyser les parcours étudiants et identifier ceux qui conduisent à la réussite, ainsi que ceux qui présentent des difficultés. Les mathématiques et la science sont au cœur de notre approche », assure l’entrepreneur.
Une « entreprise à mission » gratuite pour les lycéens
Se décrivant comme une « entreprise à mission », Edumapper a même obtenu le label deeptech, démontrant les importantes capacités techniques déployées pour proposer un service de qualité. D’ailleurs, l’objectif est avant tout de compléter Parcoursup, pas de s’y opposer, note Sébastien de Lafond, avec des informations sur les formations plus simples à digérer.
Dans cette optique, Edumapper sera entièrement gratuite pour les lycéens et leur famille. « Nous ne voulons pas de barrière d’accès, le produit est fait pour eux », soutient-il. L’entreprise adopte plutôt un modèle B2C2B : les institutions publiques ou privées sont toutes référencées gratuitement mais, si elles le souhaitent, elles peuvent payer pour se mettre en avant et attirer plus d’étudiants.
« Le but est de créer une dynamique gagnante pour tous. Il ne s’agit pas que certaines formations en profitent au détriment d’autres, mais bien de favoriser le bon équilibre » précise le dirigeant. Car en aidant les étudiants à choisir des études adaptées à leur profil et à leurs aspirations, les formations y gagnent aussi. Edumapper a ainsi vocation à transformer en profondeur l’orientation.
« Notre ambition est que tout le monde en sorte gagnant : les étudiants, leurs familles et les formations de qualité. En revanche, les établissements peu sérieux, aux coûts excessifs et aux débouchés inexistants, risquent d’être mis en lumière », pointe-t-il.

Des investisseurs cadors dans la French Tech au rendez-vous
Le concept convainc déjà et Edumapper peut se targuer d’avoir réalisé une belle levée de fonds dans un contexte très difficile pour l’écosystème de la French Tech. Ce premier tour de table est principalement financé par le fonds de capital-risque Daphni, qui a notamment accompagné BackMarket ou Swile dès leurs débuts. Eurazeo (via le fonds HEC Ventures), Ring Capital et Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel, complètent l’opération, en plus d’une poignée d’entrepreneurs.
Le financement va permettre à la société de renforcer ses équipes pour faire passer son nombre de salariés de 7 à 20, notamment en recrutant des spécialistes de la data science. Elle doit aussi investir dans le marketing, particulièrement sur les réseaux sociaux. Et si elle n’en est qu’à un stade embryonnaire, Edumapper voit déjà loin et espère s’imposer comme un incontournable du système éducatif en France, et au-delà.
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