Elle devait révolutionner le monde, Theranos ferme finalement ses portes

Alors qu’elle a été largement accusée de fraudes, la startup Theranos met finalement la clef sous la porte, mettant fin aux ambitions de sa fondatrice Elizabeth Holmes.

Theranos

© Kris Tripplaar – Sipa USA / AP

Lorsqu’elle a été fondée il y a plus de 10 ans, Theranos promettait de simplifier les tests sanguins pour dépister de nombreuses maladies beaucoup plus rapidement que ce n’est le cas aujourd’hui. Très prometteuses, la startup et sa fondatrice ont rapidement séduit de nombreux investisseurs, si bien que de nombreux fonds ont été levés. Puis Theranos a été accusé de fraudes et d’arnaques, si bien qu’Elizabeth Holmes risque aujourd’hui jusqu’à 20 ans de prison. Retour sur la startup qui a menti à la Silicon Valley.

En 2003, Elizabeth Holmes décide de créer Theranos afin d’offrir une alternative aux tests sanguins particulièrement coûteux aux États-Unis. Alors âgée de 19 ans, elle se penche sur la question afin de chercher à concevoir une technologie efficace pour dépister de nombreuses maladies, dont le diabète et le cancer. Elle ambitionne de réaliser des diagnostics en réalisant près de 370 examens médicaux dont l’origine serait le prélèvement d’une unique goutte de sang avec un boîtier simple d’utilisation.

Rapidement, les investisseurs s’intéressent au projet, si bien que la jeune pousse est valorisée à 9 milliards d’euros en 2014. À cette époque, Elizabeth Holmes possède une fortune estimée à 3,6 milliards d’euros, la Silicon Valley va jusqu’à la comparer à Steve Jobs et le magazine Time la place parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde.

Theranos, quand l’étoile montante de la Silicon Valley redescend sur Terre

C’est en 2015 que les choses se gâtent, lorsque le Wall Street Journal dévoile une enquête dans lequel il met à mal la technologie de Theranos. Le média américain explique que la technologie de la startup est défaillante, si bien que la jeune pousse se servait de machines classiques plutôt que de son propre boîtier. Considéré comme prometteur, ce dernier était en fait incapable de produire des résultats d’analyses sanguines correctes. En somme, la startup a fourni des résultats -qu’elles savaient inexactes- aux médecins et aux patients ayant utilisé son service.

Elizabeth Holmes Theranos

Elizabeth Holmes © Theranos / Kit Presse

Un an après, la jeune pousse invalide deux ans de tests sanguins, soit des milliers de résultats, et les poursuites fédérales commencent. Accusé de fraude par le département de Justice, la SEC et la Food and drug administration, Theranos est mis à mal. Il est alors interdit à Elizabeth Holmes de posséder ou de diriger un laboratoire durant deux ans.

Au mois de mai 2018, la fondatrice et le président Ramesh Balwani sont jugés et inculpés pour fraude par un jury californien, si bien qu’ils risquent 20 ans de prison et une amende maximum de 2,75 millions de dollars chacun.

Comme l’explique le Wall Street Journal dans un article publié le 6 septembre, la lente décomposition de la startup qui a menti à la Silicon Valley semble prendre fin. En effet, le journal a eu accès à une correspondance mail entre un investisseur et un dirigeant de Theranos. David Taylor, actuel PDG de Theranos indique : « Aucune piste n’a finalement permis une transaction. Nous n’avons plus de temps ». De fait, la startup va fermer afin de rembourser ses créanciers dans les mois à venir avec le reste de sa trésorerie. Clap de fin.


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