Twitter vit une période pour le moins intéressante. Au sortir du COVID-19 les performances de l’action de la firme peinent à convaincre. Face à la désinformation, le réseau social a dû mettre en place plus de modération, espérant créer un espace d’expression plus prompt à la monétisation. Il y a eu aussi le retour, puis le départ du fondateur Jack Dorsey dont l’action a manqué de convaincre – il a été remplacé en novembre 2021 par Parag Argawal. Et pour ne rien arranger, désormais, l’un des plus gros comptes et objets de divertissements sur twitter, Elon Musk, vient de s’en mêler.
L’entrepreneur a d’abord pris une participation de près de 10% dans le réseau social, puis annoncé son arrivée au conseil d’administration du réseau social… avant d’y renoncer au dernier moment et de proposer de racheter la totalité du réseau social pour un montant de 54,20 dollars par action (notez la référence au 4/20 – ou four-twenty en anglais, faisant référence à la consommation de cannabis aux Etats-Unis, récurrente dans les tweets de l’entrepreneur…). L’OPA inamicale n’est pas certaine de réussir. D’autant que Elon Musk a déjà annoncé qu’il ne négocierait pas.
Elon Musk explique sa vision de Twitter, de la liberté d’expression ce ce qu’il compte faire du réseau social
En effet, en cas d’échec, Elon Musk “reconsidèrerait son investissement dans Twitter”. Une déclaration qu’il ne faudrait “pas prendre comme une menace” car, sans les changements qu’il compte implémenter dans Twitter, explique-t-il, “sa participation ne serait pas un bon investissement”. Mais alors, que compte faire Elon Musk de Twitter, et pourquoi l’entrepreneur déjà si occupé avec Tesla et SpaceX compte s’immiscer dans les affaires du petit oiseau bleu ?
Elon Musk a parlé de ses raisons en marge d’une interview TED – tout en esquissant son idée très personnelles de la liberté d’expression, sur fond de libertarisme. Cette philosophie politique principalement développée dans les pays anglo-saxons repose sur l’idée qu’une société juste est une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu. Outre le libéralisme économique, la liberté individuelle et la liberté d’expression sont érigés en droit suprême, inaliénables qu’elle qu’en soit la raison.
Or, Elon Musk pense que les efforts de modération actuels de la plateforme sont contraires à la liberté d’expression. Et l’entrepreneur explique avec aplomb être certain de pouvoir “réaliser le plein potentiel de Twitter” dans ce domaine : “Twitter est devenu en quelques sorte la place publique par défaut. Il est juste très important que les gens aient à la fois la réalité et la perception qu’ils aient la liberté de parler librement dans les limites de la Loi”, explique Elon Musk.
Plus tard, l’entrepreneur affirme : “un bon test pour savoir si on est dans une situation de liberté d’expression : est-ce que qu’une personne que vous n’aimez pas a le droit de dire quelque chose que vous n’aimez pas ? Dans ce cas, on est en présence de liberté d’expression”. D’aucuns trouveront cette vision un peu naïve, surtout à l’aune des campagnes de désinformations mondiales opérées par certains pays – comme la Russie – depuis un certain temps, et la difficulté à lutter contre ces agissements.
Elon Musk : twittito ergo sum
Cela ne semble pourtant pas arrêter celui qui a révolutionné la voiture électrique et le lancement de satellites. Interrogé sur la question de la modération, l’entrepreneur précise, avec un brin d’hésitation, en marge de la même interview : “je pense que ce que l’on préfèrerait pêcher par excès, en cas de doute, de liberté d’expression [plutôt que de prudence, ndlr]”. Et d’aouter : “je ne dis pas que j’ai toutes les réponses dans ce domaine”.
Tout en répétant plusieurs fois sa préférence pour un espace qui autorise toutes les formes de discours, et son aversion pour les bannissements permanents de comptes polémiques : “je pense que nous souhaitons vraiment renoncer à supprimer des choses, et faire très attention avec les exclusions permanentes. Vous savez, les suspensions temporaires, je pense, valent mieux que des exclusions permanentes”.
Elon Musk précise d’ailleurs ce que tout le monde pensait plus ou moins déjà sur son propre comportement sur Twitter : “je tweete plus ou moins le flux de ma conscience. Ce n’est pas ‘laisse moi réfléchir à un masterplan sur mon Twitter. Je suis plutôt du genre, littéralement, sur les toilettes, à me dire ‘oh, ce que c’est drôle’ puis à le twetter, vous savez ?”.
Outre la liberté d’expression (impliquant une quasi-absence de modération), Elon Musk parle d’un bouton “Modifier” – ainsi que de rendre le code source de Twitter open source : “tout changement dans les tweets des utilisateurs devrait rester apparent. De sorte que tout le monde puisse voir que cette action a été prise pour qu’il n’y ait pas de manipulation en coulisses, que ce soit manuel ou via l’algorithme”.
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Autre changement : l’abonnement Twitter Blue passerait de 3 à 2 $ par mois – un tarif qu’il faudrait désormais payer annuellement. En échange, les utilisateurs payants auraient droit à un sigle de compte certifié. Et auraient un accès exclusif à des outils permettant de mieux gérer les tweets comme Tweetdeck.
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C’est vrai que les américains ne désinforme jamais 🤣🤣🤣
Lol. Ne vous y trompez pas – comme tous les puissants qui achètent des médias pour avoir l’oreille de nos puissants – c’est exactement le même principe ici. Musk aimerait pouvoir gérer Twitter car aujourd’hui c’est un média d’informations que beaucoup de gens dans le monde croient et qui est le seul utilisé pour s’informer. Contrôler ce type d’entreprise c’est avoir du poids pour contrôler nos politiques et ceux qui nous dirigent. Après, vous pouvez ajouter un peu de libre d’expression pour que ça passe bien. Mais bon 😉