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En signant cette pétition, vos jeux vidéo ne pourront plus être supprimés par les éditeurs

Une initiative citoyenne européenne qui cartonne pourrait révolutionner notre façon de posséder nos jeux vidéo.

Imaginez que vous achetiez un livre et qu’un jour, l’éditeur débarque chez vous pour en effacer toute trace. Ça vous paraît dément et pourtant, c’est ce qu’il se passe en ce moment dans l’industrie du jeu vidéo. Quand Ubisoft a débranché les serveurs de The Crew en 2024, des milliers de joueurs ont vu leur achat partir en fumée. Plus de connexion, plus de jeu. C’est exactement ce scandale qui a fait naître la pétition « Stop Destroying Videogames », aujourd’hui soutenue par plus d’un million d’Européens.

Cette initiative citoyenne européenne ne demande pas la lune. Elle veut simplement que les éditeurs arrêtent de transformer nos achats en location temporaire. Quand vous achetez un jeu vidéo, vous devriez pouvoir y jouer pour toujours, non ?

L’arnaque des serveurs fermés frappe tous les gamers

Chaque année, des dizaines de jeux disparaissent dans les limbes numériques. Electronic Arts vient d’annoncer la fermeture des serveurs d’Anthem pour janvier 2026. Six ans d’exploitation, puis poubelle. Les joueurs qui ont investi temps et argent dans ce titre de Bioware n’auront plus qu’à regarder leur bibliothèque Steam avec amertume.

Cette pratique touche tous les genres. Des jeux de course comme The Crew aux MMO, en passant par les titres solo qui exigent une connexion permanente. Les éditeurs justifient ces fermetures par des coûts de maintenance, mais la réalité est plus insidieuse, ils préfèrent aussi pousser les joueurs vers leurs nouveaux titres plutôt que de maintenir les anciens.

Le plus révoltant ? Ces mêmes éditeurs inscrivent dans leurs conditions générales d’utilisation que vous devez « immédiatement désinstaller le produit et détruire toutes les copies » quand ils coupent les serveurs. Ubisoft, Sega, Electronic Arts, tous pratiquent cette politique. Aucun remboursement n’est prévu, évidemment.

Cette situation crée un précédent dangereux. Si les éditeurs peuvent effacer nos jeux à volonté, que possédons-nous réellement ?

Une solution européenne pour sauver nos bibliothèques de jeux

L’initiative « Stop Destroying Videogames » propose une solution élégante. Elle ne demande pas aux éditeurs de maintenir leurs serveurs éternellement. Elle exige simplement qu’ils laissent leurs jeux dans un état fonctionnel avant de partir.

Concrètement, cela signifie publier un patch qui permet au jeu de fonctionner sans leurs serveurs. Ou libérer les outils nécessaires pour que la communauté prenne le relais. Certains éditeurs le font déjà, mais trop rarement. Cette démarche respecte les droits d’auteur et n’impose pas de coûts supplémentaires aux développeurs. Elle demande juste un minimum de respect pour les consommateurs. L’initiative a déjà recueilli 1 250 000 signatures.

Cette mobilisation européenne pourrait créer un précédent mondial. Si l’Europe impose ces règles, les éditeurs devront sûrement s’y conformer partout. La préservation du patrimoine vidéoludique est en jeu. Des milliers de titres ont déjà disparu, emportant avec eux des pans entiers de l’histoire du média. Cette initiative pourrait freiner cette hémorragie culturelle.

Les prochains mois seront décisifs. Si cette pétition aboutit, elle marquera un tournant dans la relation entre éditeurs et joueurs. Fini le temps où nos achats pouvaient s’évaporer au bon vouloir des entreprises.

  • La pétition « Stop Destroying Videogames » veut empêcher les éditeurs de rendre nos jeux injouables quand ils ferment leurs serveurs
  • Plus de 1,25 million d’Européens l’ont signée suite au scandale The Crew d’Ubisoft
  • Si elle aboutit, elle obligera les éditeurs à laisser leurs jeux dans un état fonctionnel avant de les abandonner

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