Enfin un alibi culturel pour surfer sur un site coquin !

Le Tag parfait est un site web qui traite de la culture de la pornographie en considérant le sujet comme une des facettes de la culture populaire. Le créateur du site, Stephen des Aulnois a accepté de nous en dire plus sur cet ovni du web.

© Guilhem Malissen

Comment définiriez-vous le Tag Parfait ?

Stephen des Aulnois : C’est un site qui traite de porno avec un angle culturel, anthropologique et sociétal. En moins ronflant, parce qu’on n’aime pas trop se prendre au sérieux, on peut dire qu’on traite de porno comme d’un objet pop en se mettant du côté des consommateurs.

Vous pensez qu’il existe une culture porn comme il existe une culture web ? Si oui, qu’est-ce qui la définirait ?

Pour nous la culture porn découle de la culture web puisque le porno, tel qu’on le voit est intrinsèquement lié à internet. La culture porn est un mélange de valeurs, de représentations partagées par ses consommateurs. C’est une subculture, comme peut l’être la culture gaming par exemple.

Votre site est accessible depuis les bibliothèques et les écoles malgré le nombre de corps dévêtus que l’on peut y voir. Est-ce de part le fait que vous avez une visée éducative, un peu comme l’aurait la page « Glande de Skene » sur Wikipedia ?

Oui et non. Comme on est qualifié de site pornographique par la plupart des firewall, on n’est pas si accessible que ça dans les écoles ou les entreprises, ça dépend de la bienveillance des administrateurs réseaux. Par contre, je ne pense pas qu’on ait une visée éducative, on a plutôt une visée culturelle, à mi-chemin entre le journalisme et le blogging. Si par ce biais, nos lecteurs apprennent des choses tant mieux mais concrètement on ne va pas leur expliquer le fonctionnement de l’éjaculation féminine.

Fapper, clopper, James Deen… est-ce que vos références sont assez cryptiques pour que vos parents ne comprennent pas le langage codé que vous utilisez sur le site ?

L’utilisation de néologismes et de termes liés à la culture porn permettent en effet de créer une terminologie propre au site pour que les lecteurs se sentent chez eux. Il y a un fossé générationnel entre nos parents et nous. Contrairement à eux, nous avons grandi avec internet et l’accès immédiat et total au porno. Mais, on n’essaye pas non plus de rendre le site cryptique, on est juste attaché au fait que les gens qui se reconnaissent dans la culture web, se reconnaissent par extension dans Le Tag Parfait. On a 80 % de notre lectorat qui a entre 18 et 35 ans, c’est bien qu’ils s’approprient cette culture sans forcement la partager avec leurs parents.

J’ai essayé de tricher en donnant deux cœurs à Bernard de La Villardière sur votre rubrique « Tu fappes ou tu passes ». Quelle sanction prévoyez-vous dans ce cas-là ?

Pour cette catégorie qu’on vient de lancer, on essaye d’introduire plus d’interaction. Ça ressemble un peu au Do ou Don’t de Vice mais c’est le public qui choisit de savoir si telle image ou telle représentation peut-être une support masturbatoire (fappe est la version francisée de “to fap”, néologisme anglosaxon pour dire se masturber). Mais j’ai un problème avec les sondages en ligne, on peut trop facilement voter plusieurs fois. Chez nous on ne peut pas tricher car c’est une IP par ordinateur. Donc si on essaye de voter deux fois, on est très sévèrement puni.

A la rentrée dernière, quand on likait votre page Facebook, on voyait apparaître dans les suggestions de pages similaires « Anne Hidalgo », candidate à la mairie de Paris. Cela a duré plus de deux mois. Avez-vous plus d’explications sur ce phénomène étrange ?

C’est le mystère, on a demandé à Anne Hidalgo de nous répondre sur Twitter mais elle a fait la sourde oreille. On ne sait pas si c’était intentionnel ou le fruit du hasard, mais effectivement Anne était bien là avec nous, montrant sa petite bouille à chaque fois que quelqu’un interagissait sur notre page Facebook. C’est aussi arrivé à une écrivaine récemment qui s’est retrouvée en page similaire avec une actrice porno canadienne, le seul point en commun était qu’elles étaient toutes les deux rousses. Pour Anne on n’a pas encore percé son secret.

Une autre de vos passions est la gastronomie. Si le Tag Parfait était un plat, lequel serait-il ?

Du cru évidemment, un tartare de bœuf aux huitres ? Un aspect qui peut paraître vulgaire mais qui révèle une vraie finesse. C’est l’idée qu’on se fait du porno gonzo par exemple.

Vous êtes également DJ et grand amateur de musique : quelle est la play-list idéale pour surfer sur le Tag Parfait ?

Toute la musique perverse, celle qui possède une tension sexuelle, malsaine, oppressante ou jouissive. On a fait pas mal de playlist et de mix qui vont dans ce sens, on en a dédié une catégorie, c’est la rubrique pornophony.

Comment saurez-vous que vous avez enfin découvert le Tag parfait ?

La perfection ne s’atteint pas, on ne peut que tendre vers elle. Il n’y a donc pas de tag parfait, il y a des moments de grâce où cette perfection se frôle pendant un instant et disparaît. C’est une quête, « atteindre l’inaccessible étoile » comme le chantait Jacques Brel.

Vous tournez depuis quelques mois des pornos maison. Est-ce Montebourg qui vous a convaincu que rien ne valait le made in France ?

Ça fait depuis longtemps qu’on a ça en tête mais la situation économique du porno en France est vraiment très compliquée. C’est un marché en crise, on représente également des consommateurs qui ont l’habitude du gratuit et ce n’est certainement pas un eldorado comme on pourrait le croire. Mais on se dit qu’il y a quand même quelque chose à faire, c’est-à-dire apporter une alternative qui ne soit ni du Dorcel, ni du Jacquie Michel, un entre-deux qui nous correspond plus sans forcement avoir la prétention de révolutionner quoi que ce soit. Juste du porn made in France qui apporte un peu de fraîcheur.

Et si les lecteurs ou lectrices de Presse-citron souhaitent postuler, comment doivent-ils faire ?

Ils ou elles nous envoient un mail à casting@letagparfait.com et on en discute (c’est seulement réservé aux aspirants acteurs et actrices par contre).

Cliquez ici pour accéder au site du Tag Parfait.

Note aux lecteurs : cette interview devait être à l’origine publiée à l’occasion de la Journée de l’Orgasme qui a fait le buzz sur la toile samedi dernier, mais un petit souci de timing ne nous a pas permis de le faire à temps.


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6 commentaires

  1. Comme d’habitude sur PC, impossible de trouver un lien direct et évident vers le site dont l’article traite. Il faudrait vous forcer à rajouter une rubrique « lien utile » à la fin de chaque article quand même…

  2. Culture gaming, sub culture ? Le jeu vidéo est un art, majeur parfois même… Le porno… C’est un passe temps.

  3. @MB: l’anchor texte « pornophony » te renvoi direct sue le site  » une inner page  » mais c’est sur le site donc ta remarque !!!
    Un aperçu ou une approche à un porno intellectuelle qui reste de la marchandise à vendre selon moi
    et du coup ça marche
    BONNE ANNÉE à tous

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