Le développement du métavers est sans aucun doute le plus grand projet de Facebook et de son fondateur Mark Zuckerberg pour les années à venir. Pour rappel, il s’agit en quelque sorte de créer un réseau social en réalité virtuelle dans lequel les internautes peuvent interagir avec des objets numériques et les représentations numériques d’eux mêmes et des autres utilisateurs.
Cette idée n’est pas sans poser de vraies questions en matière de vie privée et de sécurité. Trois chercheurs de l’Université du Nebraska à Omaha viennent justement de publier une tribune passionnante dans The Conversation. Ils estiment ainsi que ce nouveau monde virtuel pourrait représenter une aubaine pour certains groupes terroristes.
Tout d’abord, les scientifiques tiennent à préciser qu’ils ne sont pas opposés à ce concept. Au contraire, ils se disent « enthousiasmés par son potentiel pour le progrès humain ». Mais très vite, les auteurs reviennent sur les dérives potentielles de cette technologie.
Le métavers pourrait devenir un espace de préparation pour les terroristes
En ce qui concerne le recrutement, les leaders extrémistes pourraient trouver dans le métavers un excellent espace de communication immersif. Ils évoquent des meetings virtuels avec la possibilité de réunir des gens venus du monde entier en un même lieu. Les scientifiques vont même jusqu’à imaginer un Ben Laden ressuscité qui viendrait prononcer un discours pour convaincre de potentielles recrues…
Ce monde virtuel peut par ailleurs devenir un formidable espace de coordination. Les universitaires citent l’exemple de l’attaque du Capitole qui pourrait être simulée avec des lieux reproduits à l’identique. Ils ajoutent : « Les membres pourraient apprendre à connaître les chemins viables et efficaces, coordonner des itinéraires alternatifs si certains sont bloqués et établir de multiples plans d’urgence en cas de surprise. »
Enfin, le métavers pourrait donner l’idée à certains de passer à l’action… virtuellement. Ils porteraient ainsi atteinte à des bâtiments ou objets de ce monde numérique. Les chercheurs émettent des hypothèses emblématiques, avec par exemple une reconstitution de la chute des « twin towers ».
Bien sûr, cela serait symbolique et aucun mort ne serait à déplorer. Pour autant, l’impact serait bien réel si des organisations venaient à dépenser beaucoup d’argent pour occuper ces espaces.
Pour éviter de telles dérives, les chercheurs font assez peu confiance aux grandes plateformes qui ont, selon eux, échoué à empêcher la diffusion de la haine et de la violence sur leurs supports. Dès lors, toutes les personnes qui vont s’impliquer dans le métavers doivent avoir conscience des risques afin de mieux les contrer.
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