Le Center for Democracy and Technology (CDT), une ONG américaine spécialisée dans les droits numériques, vient de publier une étude édifiante sur l’usage de l’IA dans les établissements scolaires. Réalisée auprès de 1 000 lycéens, 1 000 parents et 800 enseignants, l’enquête révèle une adoption massive de ces technologies par les jeunes, mais aussi un glissement progressif vers des usages parfois troublants.
Des IA qui écoutent, rassurent et séduisent
Ainsi, près d’un élève sur cinq déclare avoir eu, ou connaître quelqu’un ayant eu, une relation romantique avec une IA. De même, 42 % disent avoir utilisé un chatbot comme ami, thérapeute, ou échappatoire à la réalité. Ces chiffres résonnent avec ceux d’une autre étude menée par l’ONG Common Sense Media, selon laquelle 72 % des 13-17 ans ont déjà utilisé un « compagnon IA », ces agents conversationnels conçus pour imiter des échanges humains.
Pour Elizabeth Laird, coautrice du rapport du CDT, ces témoignages doivent alerter : « Les élèves doivent comprendre qu’ils ne parlent pas à une personne. Ils interagissent avec un outil, qui a des limites connues ». D’autant que certains chatbots, notamment ChatGPT, ont déjà été impliqués dans des cas de suicide ou d’auto-mutilation chez des jeunes. OpenAI a d’ailleurs introduit un contrôle parental il y a quelques jours.

Deepfakes et harcèlement
L’étude met aussi en lumière l’émergence de pratiques malveillantes facilitées par l’IA. Près de 36 % des élèves disent avoir entendu parler de deepfakes représentant des camarades de classe, souvent dans un contexte sexuel. Et 12 % ont connaissance de l’existence d’images à caractère intime générées par IA, sans le consentement de la personne concernée.
« Cette technologie est un nouveau vecteur de harcèlement sexuel et de cyberintimidation », résume Elizabeth Laird, interrogée par NPR. Une situation empirée par le manque de connaissances du corps encadrant à ce sujet : moins d’un quart des enseignants disent avoir reçu une formation sur la manière de gérer de tels incidents.
Enfin, 23 % des enseignants signalent des fuites de données massives dans leur établissement, souvent en lien avec les outils d’IA utilisés à l’école.

L’encadrement est primordial
Si l’IA peut s’avérer précieuse pour l’apprentissage ou le soutien individualisé, son usage personnel par les jeunes échappe encore largement au contrôle des adultes. Ces résultats soulignent l’urgence de former élèves, parents et enseignants à ces outils, et de mettre en place des garde-fous clairs.
- Une étude américaine révèle que 19 % des lycéens ont déjà eu une relation romantique avec une IA, et 42 % l’utilisent comme compagnon ou soutien émotionnel.
- Ces usages inquiètent les experts, notamment face aux risques de dépendance, de mauvaise influence, ou de dérives graves.
- Le rapport alerte aussi sur la hausse du harcèlement numérique via des deepfakes sexuels et des fuites de données, soulignant le manque de formation des écoles face à ces nouveaux dangers.
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