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Euphoria (saison 2) : la claque de ce début d’année ?

Après huit semaines de diffusion, la saison 2 de Euphoria s’est achevée ce dimanche sur HBO (et lundi sur OCS chez nous). Montagnes russes d’émotions, que vaut cette nouvelle saison ? Découvrez notre critique de Euphoria.

Le succès de Euphoria n’est plus à prouver. Depuis son retour début janvier, la série a complétement colonisé les réseaux sociaux et s’est retrouvé sur toutes les lèvres. Pour les bonnes comme pour les mauvaises raisons. Impossible, donc, de passer à côté. À moins, peut-être, de vivre dans une grotte…

Après deux ans et demi d’attente, les fans ont eu le plaisir de retrouver l’univers à la fois sombre et coloré de Euphoria. Un engouement qui s’est ressenti notamment sur les réseaux sociaux, la série devenant la plus tweetée depuis 2020 aux États-Unis. Avec ce retour en grande pompe, la nouvelle saison de la série de Sam Levinson a rassemblé le triple de spectateurs par rapport à la première saison diffusée en 2019. Elle devient l’une des séries les plus regardées sur HBO, juste derrière Game of Thrones.

Ainsi, nous ne pouvions pas passer à côté de cette pépite. Après huit semaines à suivre les aventures de Rue, Jules et leurs potes, le final de cette deuxième saison était diffusé ce dimanche 27 février sur HBO aux États-Unis. La saison 2 de Euphoria était-elle à la hauteur ? Verdict dans notre critique.

Le monde “merveilleux” de Euphoria

Attention, cet article contient des spoilers de la saison 1 de Euphoria. Si vous n’avez jamais vu la série, nous vous conseillons d’arrêter votre lecture dès maintenant et de revenir un peu plus tard.

Malgré deux épisodes spéciaux diffusés en décembre 2020 et janvier 2021 pour nous faire patienter, il était temps que Euphoria revienne. Après une première saison époustouflante, les attentes étaient grandes pour cette nouvelle saison. Trop grandes ?

Pour rappel, Euphoria suit Rue Bennett, une lycéenne anxieuse et accro à la drogue depuis la mort de son père. Dans la première saison, elle rencontre Jules et on va suivre l’évolution de leur relation tandis que Rue lutte pour rester sobre. On rencontre également les personnes qui gravitent autour d’elles comme Maddy, Cassie, Nate, Kat… Si leur vie est rythmée par des soirées qui conjuguent alcool, drogue et sexe, Euphoria va plus loin que cela.

Après huit épisodes, on laissait Rue seule en proie à ses démons alors que Jules quittait la ville sans elle. Les deux épisodes spéciaux, s’ils n’apportaient pas tant à l’intrigue principale, permettaient de creuser ces deux personnages importants et de mieux les comprendre.

Euphoria : expérience auditive et visuelle

Visuellement, Euphoria est une véritable claque. C’était déjà le cas avec la première saison et les deux épisodes spéciaux et cette nouvelle saison ne fait pas exception. L’équipe s’amuse à nous en mettre plein les yeux et on en redemande. Cette esthétique soignée et cette colorimétrie chaude contrastent avec les thématiques sombres qu’aborde la série.

Entièrement filmée à l’argentique, on se délecte du grain de l’image, un peu vintage, on savoure chaque plan, on se régale avec une mise en scène phénoménale. Sam Levinson nous offre du grand spectacle et n’hésite pas à glisser des références artistiques majeures. Euphoria est un festival visuel. La photographie de cette nouvelle saison est à la hauteur, de quoi marquer les spectateurs.

Sydney Sweeney dans la saison 2 de Euphoria
© HBO

Musicalement, cette nouvelle saison est un bonheur. Entre la bande-originale de Labrinth et les musiques choisies avec soin qui viennent ponctuer les épisodes, c’est le nirvana pour les spectateurs. Cette musicalité vient renforcer la beauté visuelle de Euphoria et appuie le scénario de cette nouvelle saison.

En r(o)ue libre : la descente aux enfers de Rue

Après le départ de Jules à la fin de la première saison de Euphoria, Rue sombre totalement. On plonge dans les tréfonds de l’addiction avec horreur et on redoute le pire pour le personnage incarné avec brio par Zendaya. On assiste à la descente aux enfers de Rue, qui enchaîne pilules et poudres dans le plus grand des calmes. Dans cette spirale infernale, on la voit gâcher sa vie, et celle de ses proches, détruire toutes les relations qui comptent pour elle et prendre littéralement les pires décisions.

Cette dégringolade se manifeste aussi par une narration en dents de scie. En effet, les fans le savent : Rue est la narratrice de Euphoria depuis le premier épisode et au fil de la deuxième saison, sa narration ralentit jusqu’à devenir inexistante. Son addiction affecte même le spectateur.

Malgré tout, Sam Levinson réussit à nous faire ressentir une empathie, une compassion démesurée pour son personnage principal. On souffre avec Rue. Mention spéciale à la scène de l’épisode 4 où Rue danse avec son père sur I’m Tired de Labrinth qui vient chatouiller nos glandes lacrymales.

Zendaya dans la saison 2 de Euphoria
© HBO

Rue touche le fond dans, à mes yeux, le meilleur épisode de cette nouvelle saison. Le cinquième épisode nous a complétement secoué et déboussolé avec un déferlement de violence à la fois physique et psychologique. Zendaya a livré une prestation époustouflante dans cet épisode déchirant. L’ouverture de quinze minutes est exceptionnelle et haletante. Le jeu des acteurs est inouï. Chapeaux bas pour Zendaya, Storm Reid (qui incarne Gia, la sœur de Rue) et Nika King (qui interprète sa mère). Cet épisode nous montre sans filtre les tréfonds de l’addiction et ses “dommages collatéraux”. Chute libre.

Ainsi, si Euphoria s’est retrouvée au cœur de nombreuses polémiques lors de la diffusion de cette deuxième saison, cette dernière nous offre une représentation de l’addiction brutale mais honnête. Alors non, Euphoria ne fait pas l’apologie de la drogue. Rappelons cependant que cette série est réservée à un public averti, surtout avec cette nouvelle salve d’épisodes qui va encore plus loin.

Montagnes russes

Au fil de ces huit nouveaux épisodes, le spectateur passe par toutes les émotions. Sam Levinson délivre des scènes fortes, nous confrontant sans vergogne aux traumatismes et démons de ses personnages, puis des moments plus légers qui nous permettent de respirer un peu mieux. On passe du rire aux larmes, de la peur à la colère.

Cette seconde saison permet d’explorer des personnages jusqu’alors laissés en arrière-plan. Comme un jeu des chaises musicales. On se réjouit de voir Lexi sur le devant de la scène (littéralement), notre amour pour Maddy ne fait que grandir, Fezco est devenu le chouchou des fans (et à raison).

Dans toute cette pénombre et gravité, alors que Rue touche le fond, Lexi nous livre une pièce de théâtre magistrale qui permet au réalisateur de s’amuser avec des prises de vues géniales et très meta. Nous n’en dirons pas plus pour ceux qui n’ont pas encore vu la deuxième saison mais elle vaut son pesant d’or. C’est extrêmement satisfaisant.

Maude Apatow dans la saison 2 de Euphoria
© HBO

Personnage détestable, le père de Nate a droit à une “origin story” digne de ce nom bien qu’elle ne pardonne pas ses agissements. L’ouverture de l’épisode 3 est d’ailleurs très émouvante.

Un goût amer…

Mais cette nouvelle saison de Euphoria n’est pas exempt de tout reproche. Bien au contraire. Si nous avons eu droit à des plans et des moments iconiques, qui traverseront les années, le scénario laisse à désirer. En effet, à plusieurs reprises, ce dernier s’essouffle. Déçoit.

Le réalisateur ouvre des portes, lance des pistes à explorer, introduit des nouveaux personnages… Pour finalement se perdre. Sam Levinson veut trop en faire mais boucler toutes les intrigues en seulement huit épisodes est délicat. Ce sentiment d’inachevé nous laisse un goût amer en bouche, une fois l’épisode final terminé. On ressent cette envie de vouloir accélérer le pas dans les deux derniers épisodes de la série et c’est vraiment dommage.

De ce fait, on reste sur de multiples questions sans réponses. Et une impression que tout va bien dans le meilleur des mondes alors qu’une tempête grondait trois épisodes plus tôt. Sérieux ?

Autre élément de frustration de cette nouvelle saison, les personnages de McKay et Kat passent complétement à la trappe. Pour McKay, ça va encore puisqu’il disparaît presque dès le deuxième épisode. Pour Kat, en revanche, elle continue d’apparaître mais son personnage, puissant dans la saison 1, est désormais vide et sans saveur.

Enfin, des personnages qu’on appréciait dans la première saison deviennent absolument insupportables et leurs fêlures n’excusent pas tout. Cassie est au cœur de cette saison, mais pas forcément pour le meilleur. Si on la comprend, dans une certaine mesure, c’est la douche froide à chaque épisode. C’est dommage car son personnage était tout de même intéressant dans les premiers épisodes. Un potentiel qui vole en éclats…

Cependant, Jules est celle qui pâtit le plus de cette écriture. Alors que l’épisode qui lui était dédié, J’emmerde tout le monde, sauf les blobs marins, était somptueux et très touchant et qu’il permettrait de mieux la comprendre, on dirait que ce dernier n’a jamais existé. Qu’il a été totalement inutile à la construction du personnage dans cette nouvelle saison. C’est très frustrant.

Enfin, on regrette de ne pas conclure sur une scène finale aussi époustouflante que celle de la première saison. On vous la remet, afin de vous rafraîchir la mémoire. Et pour le plaisir.

Ainsi, c’est peut-être ce qui m’a le plus manqué pour dire au revoir à la série avant de retrouver la saison 3 dans un an (au mieux…). Une conclusion digne de ce nom aurait permis de faire passer la pilule.

Saison 2 de Euphoria : à regarder ?

Finalement, la deuxième saison de Euphoria mérite tout de même le détour. Cette fois encore, nous sommes éblouis par la photographie, la mise en scène, la bande-son. Des pans de l’intrigue sont géniaux. En revanche, dans l’ensemble, le scénario laisse à désirer. Bien évidemment, tout n’est pas à jeter et cette saison 2 reste intéressante. On la regarde avec plaisir. On ressent des choses. Mais elle nous frustre.

Sam Levinson a délivré une saison assez inégale, avec des moments incroyables et d’autres bien plus creux. Cela dit, les attentes étaient très élevées après le chef-d’œuvre qu’était la première saison. Ceci explique peut-être cela… Malgré mes reproches, cette nouvelle saison de Euphoria m’a secoué à plusieurs reprises. Et rien que pour cela, elle vaut le coup.

En tout cas, on sait d’ores et déjà que la série a été renouvelée et qu’une troisième saison viendra pointer le bout de son nez en 2023 si nous sommes chanceux mais on mise plutôt sur 2024. Encore un peu de patience, donc.

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Euphoria - Saison 2

7.5

Note Globale

7.5/10

On aime

  • Une photographie exceptionnelle
  • Une mise en scène magistrale
  • Une bande-son incroyable
  • Un jeu d'acteur à la hauteur
  • Des thématiques importantes

On aime moins

  • Un scénario en dents de scie
  • Des éléments qui passent à la trappe
  • Des personnages sous-exploités
  • Difficile de tout faire tenir en 8 épisodes
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