L’autonomie de l’Europe dans le domaine spatial vient de monter d’un cran. Le 5 septembre, pour la toute première fois, une entreprise spatiale commerciale européenne a envoyé un satellite en orbite depuis l’Europe. Cet exploit a été réalisé par la société allemande Isar Aerospace, dont le QG se situe à Munich. Ce weekend, sa fusée Spectrum (28 m de haut et 2 m de diamètre) a décollé de la base de lancement d’Andøya, en Norvège, avant de déployer les charges utiles en orbite terrestre basse. Et il ne s’agissait que du second essai, pour une société créée en 2018.
“L’Europe dispose désormais d’un accès souverain à l’espace. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère pour les vols spatiaux européens”, se réjouit Daniel Metzler, le patron d’Isar Aerospace. Josef Aschbacher, le directeur général de l’Agence spatiale européenne, se réjouit également de cet exploit qui permettra à l’Europe de diversifier ses sources de lancements. D’ailleurs, il est à noter qu’Isar Aerospace a été financé par l’agence et participe au programme European Launcher Challenge de l’ESA, qui vise justement à développer de nouvelles capacités européennes de lancement.
Last night, @isaraerospace achieved the first launch to orbit from continental Europe.
The Spectrum launcher lifted off from Andøya Spaceport in Norway at 21:12 BST/22:12 CEST.
Isar Aerospace is the first to reach orbit under @ESA_transport‘s European Launcher Challenge.… pic.twitter.com/41gn6azaGE
— European Space Agency (@esa) September 6, 2026
Un énorme marché attend Isar Aerospace
Isar Aerospace vise les entreprises, ainsi que les clients institutionnels. Et, après la réussite de ce lancement, la société allemande prépare déjà d’autres missions. En effet, de nouveaux lanceurs sont déjà en production. Et Isar Aerospace prévoit aussi d’exploiter une usine de 40 000 m² qui lui permettra de produire jusqu’à 40 lanceurs par an. De plus, l’entreprise travaille sur une extension de son réseau de sites de lancement.
En tout cas, Isar Aerospace entre dans un marché dominé par SpaceX qui peine à satisfaire la demande. “Le lancement reste le principal goulot d’étranglement de l’industrie spatiale mondiale”, explique Daniel Metzler. Par exemple, à cause de cette pénurie, Amazon n’est pas parvenu à déployer une partie de sa constellation Amazon Leo dans les délais fixés par les autorités américaines, et a dû demander un nouveau délai.
Pourtant, les projets de constellations se multiplient dans le monde. Et l’Europe est en train de renforcer ses capacités de communication par satellite, afin de ne pas dépendre des technologies américaines, dont Starlink. D’ailleurs, Emmanuel Macron a réagi sur X, après l’annonce de la réussite du lancement d’Isar Aerospace. “L’Europe prend son destin en main, y compris dans le domaine spatial”, a écrit le président de la République, qui félicite “une prouesse pour l’Allemagne” et “une victoire pour toute l’Europe.”
L’Europe prend son destin en main, y compris dans le domaine spatial.
Après le succès d’Ariane 6 et ceux de Vega, Isar Aerospace vient à son tour d’écrire l’histoire.
Pour la première fois, un acteur privé européen a placé sa fusée en orbite après un lancement depuis le sol… pic.twitter.com/404vKlKIrM
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 6, 2026
- Ce weekend, la société allemande Isar Aerospace a réussi un lancement depuis la Norvège pour déployer ses charges utiles en orbite
- Il s’agit d’une première pour une société commerciale européenne, et pour l’Europe continentale
- L’entreprise, qui a été financée par l’Agence spatiale européenne, prévoit une capacité de production de 40 lanceurs par an
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