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Exceptionnel : ce minéral n’a été trouvé qu’une seule fois sur Terre

Le diamant n’a qu’à bien se tenir !

Les minéraux rares sont de véritables trésors de la nature, souvent recherchés par les collectionneurs et les joailliers : painite, diamant rouge, serenbidite ou grenat bleu, ceux-ci se forment dans des conditions géologiques très particulières, ce qui limite leur formation dans les entrailles de la Terre.

Un spécimen minéralogique d’une rareté absolu a été découvert au Myanmar (Asie du Sud-Est). Le kyawthuite (prononcé « cha-too-ite ») demeure à ce jour l’unique exemplaire répertorié sur notre planète. Ce cristal aux reflets ambrés, d’un poids de 1,61 carat (soit un tiers de gramme), révèle une composition chimique inédite de formule Bi3+Sb5+O4 (antimonate de bismuth). Son existence solitaire et ses propriétés singulières en font un témoin inestimable de mécanismes géologiques planétaires que nous ignorons peut-être encore.

kyawthuite
Le seul exemplaire de kyawthuite au monde. © Kampf et al. / Mineral. Mag., 2017

La découverte d’un minéral complètement unique

En 2010, dans l’agitation d’un marché de Chaung-gyi (canton de Thabeikkyin, au centre du Myanmar), le gemmologue Kyaw Thu acquiert ce qu’il présume être un échantillon de scheelite, un minéral de tungstate de calcium. Son expertise et son intuition le poussent à s’intéresser à cette pierre qu’il qualifie lui-même d’« étrange » dans une interview accordée au Myanmar Times en 2016.

Après un travail de taille et de polissage, l’expert constate des propriétés inhabituelles qui l’incitent à approfondir ses recherches. Le grain minéral, caractérisé par une teinte orangée saturée aux nuances rougeâtres et une rayure blanche distinctive, présente des caractéristiques physico-chimiques sans équivalent connu. Les analyses approfondies menées par la suite au laboratoire de l’Institut de Gemmologie d’Amérique à Bangkok confirment le caractère exceptionnel de sa découverte : une structure cristalline de bismuth antimonate (BiSbO4) jamais observée dans la nature auparavant.

Cristallisation sous haute tension

Ce kyawthuite est le fruit d’une genèse que l’on pense très complexe. Les analyses géologiques convergent vers une origine magmatique, intimement liée aux pegmatites, ces formations rocheuses caractéristiques du sous-sol birman. Une pegmatite est une roche ignée intrusive à gros grains, c’est-à-dire qu’elle se forme par le refroidissement lent d’un magma riche en éléments volatils (comme l’eau et le fluor) à l’intérieur de la croûte terrestre.

À l’image d’un laboratoire naturel souterrain, ces roches volcaniques constituent donc le creuset idéal pour la formation de cristaux atypiques. La structure de la pegmatite, comparable à celle d’un gâteau aux fruits où différents minéraux se côtoient, procure un environnement très propice à la cristallisation ; certains cristaux peuvent même mesurer jusqu’à plusieurs mètres.

Le kyawthuite s’y est développé selon un processus unique, aux côtés d’autres cristaux plus communs. Sa formation porte les marques distinctives des forces géologiques à l’œuvre : des veines tubulaires, dites « en échelon », parcourent sa structure, preuve des contraintes mécaniques intenses subies pendant sa cristallisation. Ces motifs peuvent être considérés comme de véritables cicatrices géologiques, qui attestent de l’authenticité de sa formation naturelle.

Sa signature géochimique, elle aussi, est très particulière. La présence simultanée de titane, niobium, tungstène et uranium constitue un marqueur caractéristique des formations pegmatitiques. Les expérimentations en laboratoire ont apporté un éclairage supplémentaire : la cristallisation de l’antimonate de bismuth nécessite des températures spécifiques, correspondant précisément à celles observées dans le magma en phase de refroidissement, une fois que le volcan l’a expulsé.

Toutefois, cette énigme demeure entière : si les pegmatites sont relativement communes dans cette région du Myanmar, pourquoi ce minéral n’a-t-il été découvert qu’une seule fois ? Cette unicité suggère l’intervention de conditions environnementales particulières, une conjonction de facteurs si spécifique qu’elle ne se serait produite qu’une fois dans l’histoire géologique connue.

Actuellement préservé au Musée d’Histoire Naturelle du comté de Los Angeles, ce minéral de kyawthuite n’a tout simplement pas de prix. Pour comparaison, la painite, citée dans l’introduction de cet article, considérée comme le seconde minéral le plus rare au monde, atteint des valorisations comprises entre 50 000 et 60 000 dollars le carat. L’or, quant à elle, se monnaye autour des 12 dollars le carat selon son cours. S’il était un tableau, le kyawthuite serait comparable à La Joconde des minéraux et ne sera donc jamais exposé aux spéculations du marché.

  • Le kyawthuite, découvert au Myanmar, est un minéral unique avec une composition chimique inédite (Bi3+Sb5+O4).
  • Il s’est cristallisé dans des pegmatites sous des conditions géologiques extrêmement rares et spécifiques.
  • Conservé au Musée de Los Angeles, il est un trésor scientifique sans prix et le minéral le plus rare au monde.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. On pourrait supposer qu’à défaut d’être minéral, l’humain plutôt végétal et animal ne serait lui aussi que peu banal. De fait aux carats de son poids il performerait en valeur au côté de ce qui est inestimable !
    Mais chut ! Personne ne le sais…

Les commentaires sont fermés.