Facebook doit combattre les fake news sur un autre front : WhatsApp

La propagation des fake news sur WhatsApp devient inquiétante. En Inde, la circulation de rumeurs sur l’application a déjà causé plusieurs lynchages.

Alors qu’il n’a pas encore trouvé la solution miracle pour combattre les fake news sur son réseau social, Facebook doit également faire quelque chose pour limiter la propagation de messages de désinformation sur WhatsApp. Et ce qui rend les choses plus compliquées, c’est que sur WhatsApp, les messages sont privés et chiffrés.

Pourtant, en Inde, le gouvernement vient de tirer la sonnette d’alarme. Comme le rapporte CNN, en l’espace de six semaines, « près d’une douzaine » de personnes sont mortes suite à des lynchages provoqués par des rumeurs propagées sur WhatsApp.

« Des messages irresponsables et explosifs remplis de rumeurs et de provocations circulent sur WhatsApp », a déclaré le ministère indien de la Technologie dans un communiqué. Il se dit préoccupé par les abus sur les plateformes comme WhatsApp « pour la circulation répétée de ces contenus provocateurs ».

Avec plus de 200 millions d’utilisateurs dans le pays, l’Inde est le pays où WhatsApp est le plus utilisé

L’entreprise se dit « horrifié par ces terribles actes de violence. » Et dans un message en réponse aux préoccupations du gouvernement, WhatsApp a évoqué des mesures qu’il compte prendre afin de contrer la propagation de ces rumeurs. Parmi ces mesures, une étiquette pour les chaînes de messages. « Cela pourrait être un signal important pour les destinataires afin de les conduire à réfléchir à deux fois avant de transmettre des messages, car il permet à un utilisateur de savoir si le contenu qu’il a reçu a été écrit par la personne qu’il connait ou une rumeur potentielle de quelqu’un d’autre », explique le réseau social. WhatsApp travaille également avec des chercheurs indiens afin d’en savoir plus sur la mécanique de propagation de ces rumeurs.

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D’après NDTV, l’entreprise aurait lancé un concours baptisé « WhatsApp Research Awards » pour financer des chercheurs indépendants. « WhatsApp se soucie profondément de la sécurité de nos utilisateurs. Grâce à ce nouveau projet, nous sommes impatients de travailler avec des experts universitaires de premier plan en Inde pour en savoir plus sur la façon dont les plates-formes en ligne sont utilisées pour répandre la désinformation », a déclaré un porte-parole.

Le fact-checking façon WhatsApp

Depuis 2016 et la mise en lumière du problème des fake news sur les réseaux sociaux, la vérification des faits n’a jamais été aussi importante. Mais jusqu’à présent, le fact-checking s’est surtout penché sur les articles (les liens).

Le projet Verificado 2018, au Mexique, s’est quant à lui penché sur les infos partagées sur WhatsApp, afin de protéger une élection.

D’après les explications de Neimenlab, Verificado 2018 est un projet initié par Animal Político, AJ+ Español, et Pop-Up Newsroom. Et sur WhatsApp, la vérification des faits est assez particulière, puisqu’elle tient compte du caractère privé de l’appli.

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« Nous ne voulons pas envahir. Nous comprenons que WhatsApp n’est pas comme Twitter ou Facebook – nous le voyons comme un espace privé pour les utilisateurs, qui leur permettent d’interagir avec la famille et les amis », a déclaré Diana Larrea Maccise, éditeur de contenu à Al Jazeera Media Institute. Au lieu d’utiliser la large diffusion, le projet a ainsi opté pour des relations individuelles.

Selon les explications de Neimenlab, « Verificado a mis en place une ligne WhatsApp où les utilisateurs peuvent envoyer des informations à vérifier; il répond ensuite à ces utilisateurs individuels ».


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