Fake followers sur Twitter : une enquête ouverte pour tromperie et « usurpation d’identité »

Mauvaise nouvelle pour les services spécialisés dans la vente de fake followers : les autorités s’en mêlent…

Devumi

Le petit commerce pépère des faux followers permettant à des profils de paraitre beaucoup plus importants (ou influents) qu’ils ne le sont en réalité sur les réseaux sociaux a-t-il du plomb dans l’aile ?

C’est en tout cas ce que pourrait laisser penser cette nouvelle initiative judiciaire. Le procureur général de l’État de New York Eric Schneiderman a ouvert une enquête sur Devumi, une société qui a vendu plus de 3,5 millions de faux adeptes des réseaux sociaux (principalement sur Twitter) à des célébrités et des politiciens.

Alors que les bots (robots permettant de simuler ou automatiser un afflux massif de faux amis sur un profil Twitter ou autre) ne sont pas forcément illégaux en eux-mêmes, il semblerait que dans le cas mentionné, les méthodes de la plateforme Devumi soient un peu plus discutables, voire carrément hors-la-loi : celle-ci aurait en effet « offert » au moins cinquante-cinq mille comptes en utilisant les détails personnels de personnes réelles, dont certains vivent à New York. Selon le procureur Schneiderman il s’agit là d’un cas manifeste d’usurpation d’identité et de la tromperie. Une pratique d’autant plus douteuse que certaines de ces personnes « vendues » malgré elles ne sont pas majeures.

Et il ne mâche pas ses mots pour annoncer l’ouverture de l’enquête, via un tweet sans équivoque :

« L’usurpation d’identité et la tromperie sont illégales selon la loi de New York. Nous ouvrons une enquête sur Devumi et sa vente apparente de robots utilisant des identités volées. »

La double tromperie des « fans malgré eux », quelque soit leur âge

Parmi les clients de Devumi, des personnalités aussi diverses que des acteurs comme John Leguizamo ou Kathy Ireland, ou encore Michael Dell ainsi que des supporters ou détracteurs de Donald Trump. Le plus embarrassant dans l’histoire étant que ces personnalités ne sont pas forcément au courant de ces méthodes, et pire, qu’elles ne sont même pas à l’origine de ces achats de fans. Il est en effet courant que d’autres s’en chargent pour elles à leur insu, par complaisance… ou pour leur nuire.

Devumi est l’une de ces innombrables plateformes d’achat de fans sur les réseaux sociaux, dont l’usage peut mener à toutes les dérives, comme celle décrite ici, mais également à une forme de tromperie sur la réelle influence d’un compte qui « vend » son compteur de fans à prix d’or à des marques parfois un peu naïves.

Twitter ferme régulièrement des comptes fake pour violation de ses politiques anti-spam. Cependant, , comme l’indique notre confrère Engadget, la découverte de l’ampleur des opérations de Devumi soulève une question : pourquoi Twitter ne fait-il pas plus pour filtrer les comptes spam en premier lieu, en utilisant par exemple un captcha ? Cela n’empêcherait pas les « vrais » robots de fonctionner (tels que ceux qui tweetent automatiquement des événements historiques), mais contrecarrerait les comptes de masse qui n’ont clairement aucune implication humaine réelle.

Il faut savoir que plus un compte est populaire, plus il est exposé à engranger de faux utilisateurs, bien malgré lui. Voir ce que j’expliquais à ce sujet il y a quelques temps à propos du compte Twitter de Presse-citron (666.000 followers à ce jour).


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