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- Selon une nouvelle étude, plus de la moitié des parents exposent leurs enfants sur les réseaux sociaux
- 3% des parents en dégagent des revenus
- Une majorité ne respecte pas la loi en vigueur
Faut-il légiférer sur l’exposition des enfants aux réseaux sociaux ? Selon une nouvelle étude* de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, plus de la moitié (53%) des parents ont déjà partagé du contenu de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Parmi eux, 91% l’ont fait avant que leurs poupons n’aient atteint l’âge de cinq ans, 43% dès la naissance.
Toujours selon cette étude réalisée avec l’entreprise canadienne Potloc (spécialisée dans les études de marché géo-ciblées), 39% des parents publient des photos et vidéos de leurs enfants sur les réseaux sociaux au moins une fois par mois. 3% vont même jusqu’à publier un post mettant en scène leurs enfants une fois par semaine.
Exposer ses enfants, un business lucratif
Parmi les parents exposant leurs enfants régulièrement, une toute petite partie (3%) font partie de la catégorie des influenceurs. Comprenez qu’ils bénéficient d’avantages (cadeaux, promotions ou rémunération) en échange de publications de leurs bambins.
Dans cette catégorie de « créateurs de contenus » rémunérés, 47% en ont fait leur principale source de revenus avec, dans 70% des cas, des montants pouvant atteindre les 5 000 euros par mois. Cette « internet money », les parents la doivent à leurs enfants qui, toujours selon l’étude, sont à 74% les « personnages » principaux dans les vidéos qu’ils publient, même si 37% des parents-influenceurs indiquent qu’ils accompagnent leurs enfants sur les vidéos.
Plus inquiétant, l’exposition de ces enfants d’influenceurs est très précoce souligne FranceTV Info. 75% d’entre eux sont exposés avant leurs 5 ans, 21% dès les premiers jours de leur vie. 17% seulement ont vécu leur première exposition entre 10 et 16 ans.
Des pratiques condamnables ? 76% des influenceurs ayant répondu à l’étude affirment en tout cas avoir reçu des critiques pour avoir posté des photos ou vidéos de leurs enfants sur les réseaux sociaux.
Parents hors la loi ?
Il faut dire qu’en l’absence de législation claire sur cette industrie si particulière, l’incompréhension peut toucher le grand public. Pourtant, l’article 32 de la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne portant sur l’interdiction du travail des enfants et la protection des jeunes au travail est clair :
Le travail des enfants est interdit. L’âge minimal d’admission au travail ne peut être inférieur à l’âge auquel cesse la période de scolarité obligatoire, sans préjudice des règles plus favorables aux jeunes et sauf dérogations limitées. Les jeunes admis au travail doivent bénéficier de conditions de travail adaptées à leur âge et être protégés contre l’exploitation économique ou contre tout travail susceptible de nuire à leur sécurité, à leur santé, à leur développement physique, mental, moral ou social ou de compromettre leur éducation.
Des règles que les parents influenceurs semblent ignorer. L’étude de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, basée sur des réponses déclaratives, en témoigne. Parmi les influenceurs interrogés, la majorité laisse entendre que ces règles ne sont pas respectées.
6 parents sur 10 affirment par exemple qu’il leur faut jusqu’à une heure de préparation avant de publier une photo ou une vidéo de leurs enfants. La même proportion explique qu’il faut recommencer de 2 à 10 fois avant d’obtenir le contenu désiré.
La fréquence de travail est encore plus significative. 60% des parents interrogés admettent qu’ils ne respectent pas les temps de repos, des devoir ou des loisirs de leurs enfants. 36% imposent un temps de pause et 30% seulement fixent une fréquence maximum de création de contenus.
D’autres chiffres finissent d’accabler la pratique. 85% des parents influenceurs publient au moins une fois par semaine des contenus nécessitant cette intensité de travail, 38% le font au moins une fois par jour. Plus grave, 44% des parents assurent avoir obtenu le consentement de leur enfant avant de publier du contenu sur lui. En lisant cette donnée dans l’autre sens, cela signifie que 66% des parents ne respectent pas le consentement de leurs enfants. L’étude ne précise pas la part de parents non-influenceurs publiant sans le consentement de leurs enfants.
Du travail d’enfants dissimulé ?
Puisque leur image permet de générer des revenus, comment sont rémunérés ces enfants-influenceurs malgré eux ? Sur ce point, la loi française dispose déjà de règles strictes. Le décret du 28 avril 2022 fixe les modalités relatives à l’encadrement de l’exploitation commerciale de l’image des enfants de moins de 16 ans sur les plateformes en ligne.
Les entreprises ont l’obligation de verser à la Caisse des Dépôts les revenus monétaires revenant à l’enfant. C’est ce que l’on appelle un dépôt spécialisé. La Caisse des Dépôts a pour mission de garantir la conservation de leur rémunération jusqu’à leur majorité. Les représentants légaux ne peuvent en aucun cas créditer ou débiter ce compte.
Voilà pour la théorie. En pratique, certains parents influenceurs, avec le concours des entreprises partenaires, semblent contourner ce système de manière très simple : en apparaissant sur les vidéos avec leurs enfants même si ce sont eux les stars du contenu. Les entreprises rémunèrent donc les parents et non les enfants.
Ainsi, selon l’étude l’Observatoire de la parentalité, 66% des parents-influenceurs utilisent leur rémunération pour leurs enfants (vêtements, loisirs, activités extra-scolaires). Pour 60% d’entre-eux, la rémunération est utilisée pour le matériel scolaire ou l’alimentation de toute la famille. Pire, 36% des parents expliquent utiliser ces revenus pour eux-mêmes.
Pour mettre fin à ces abus, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire a lancé début 2023 une consultation publique. Des influenceurs ont déjà été épinglés pour des pratiques commerciales trompeuses.
*Cette étude de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, a été réalisée par l’entreprise Potloc, via un questionnaire sur les réseaux sociaux du 9 au 21 novembre 2022. 1 273 personnes ont répondu à ce questionnaire, dont 1 000 parents français d’enfant(s) de moins de 16 ans et 273 parents français influenceurs d’enfant(s) de moins de 16 ans.
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Je suis totalement opposé à ça. Laisser les parents faire ce qu’ils veulent bordel ! Chacun est différent et ce sont ces différences qui créer de la diversité et qui enrichi le monde. La seule chose à surveiller c’est que l’enfant n’est pas en danger de mort. Point. Tout le reste c’est de la folie digne des pires dictatures du monde. Les parents élève leur enfant comme ils veulent point !!!!