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Le piège invisible qui freine la carrière des femmes : vous le subissez peut-être sans le savoir

Petits services entre collègues, grands freins à la promotion…

Donner un coup de main au travail peut sembler anodin. Mais ces petits gestes du quotidien, souvent assumés par les femmes, freinent leur carrière. Une étude alerte sur le poids invisible des tâches informelles dans les inégalités professionnelles.

Des tâches domestiques du bureau

Dans de nombreuses entreprises, les femmes endossent une charge invisible qui freine leur progression, des sortes de tâches domestiques du bureau. Accueillir les nouveaux arrivants, organiser les pots de départ ou d’anniversaire, prêter main forte sur un dossier en urgence… Autant de missions chronophages, peu valorisées, mais jugées indispensables au bon fonctionnement du collectif.

Résultat, elles ont moins de temps pour les missions principales, donc moins d’opportunités de promotion. Diane Bergeron, chercheuse au Center for Creative Leadership et auteur de l’étude, l’a observé dans un cabinet de conseil : les employés les plus aidants recevaient de bonnes évaluations, mais voyaient leur avancement freiné, faute d’heures facturables suffisantes.

Les femmes se portent plus volontaires

Pourquoi ces tâches reviennent-elles toujours aux mêmes ? Parce qu’il est en général plus difficile, pour une femme, de dire non. Sortir des rôles attendus, c’est-à-dire serviable, disponible et conciliante, expose à des jugements négatifs. Refuser, c’est risquer d’être perçue comme moins sympathique.

Et cette pression est intériorisée. Des chercheurs ont ainsi remarqué que, lorsqu’une mission peu valorisante est proposée à un groupe mixte, les femmes se portent volontaires deux fois plus souvent que les hommes, mais seulement après s’être assurées que personne d’autre ne le fera.

Au-delà de l’impact sur la carrière, ces comportements pèsent aussi sur la santé mentale : stress, surcharge, difficulté à concilier vie professionnelle et personnelle, etc. À cela s’ajoute un autre phénomène : ce qui était à l’origine un coup de main ponctuel devient progressivement une mission permanente, intégrée informellement au poste. Et plus on accepte, plus on est sollicité.

Burn Out
© Andrey_Popov / Shutterstock.com

Des biais profondément ancrés

Une autre étude met le doigt un double standard flagrant : les hommes sont plus souvent félicités ou récompensés lorsqu’ils rendent service, alors que l’aide apportée par les femmes est perçue comme allant de soi. Ce biais entretient l’idée qu’ils méritent des éloges exceptionnels là où les femmes ne font que leur devoir.

Pour sortir de ces schémas, il faut repenser collectivement la répartition des tâches invisibles, estiment les experts. Ainsi, les entreprises doivent agir de manière proactive pour garantir une meilleure équité. Car derrière ces petits coups de main se cachent de vraies inégalités encore trop souvent ignorées, voire entretenues.

  • Une étude récente met en lumière le rôle des tâches informelles, souvent assumées par les femmes, dans le ralentissement de leur carrière.
  • Ces missions peu valorisées, mais essentielles à la vie de bureau, prennent du temps sur les objectifs prioritaires.
  • Un déséquilibre encore renforcé par des biais de genre profondément ancrés.

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