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Fintech : la fête est finie

La crise frappe aussi les start-up françaises de la finance. Les levées de fonds ont dégringolé en 2023, passant de 2,9 milliards en 2022 à moins d’un milliard cette année.

736 millions d’euros. Voilà le montant total des levées de fonds réalisées par les start-up françaises de la banque et de l’assurance, annonce ce mardi l’association professionnelle France FinTech et Bpifrance. C’est près de quatre fois moins que les 2,9 milliards levés en 2022.

Dans un environnement « chahuté » la fintech subit les effets d’une « forte pression à la baisse des financements » indique le communiqué. Une tendance confirmée par Marc Simoncini, fondateur d’Angell Bike, qui nous confiait lors de la présentation du premier vélo Angell x Mini, que les investisseurs se montraient particulièrement frileux, encore plus lorsqu’il s’agit d’industrie.

Si la banque et l’assurance sont loin de ce secteur, elles essuient tout de même les plâtres d’une situation macroéconomique compliquée. Cette dynamique était d’ailleurs déjà palpable en 2022 : au cours du deuxième semestre, un quart seulement des levées de l’année ont été réalisées.

Jusqu’ici tout va bien

Malgré cette baisse des investissements, les start-up fintech vont bien. Ce temps mort se révèle même bénéfique : elles ne licencient pas et sont plus rentables que jamais. Un tiers d’entre elles le sont, contre 28% en 2022. 53% d’entre elles réalisent plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires, contre 36% en 2022.

« Les fintech françaises ont eu la chance d’avoir beaucoup de financements assez tard dans le cycle précédent très agressif » confie Cyril Chiche, cofondateur et président de Lydia, à Tech & Co Business. Beaucoup d’entreprises ont levé beaucoup d’argent dans des grosses start-up entre 2021 et 2022. Elles ont donc du cash et de la trésorerie pour tenir et soutenir les projets ».

Les projets, justement, se concentrent davantage sur les « super banques ». Lydia, N26 ou Revolut (pour ne citer qu’elles) sortent de leur cocon pour venir se frotter aux banques traditionnelles.

Toutes préparent ou ont lancé des offres de crédit à la consommation, proposent des solutions d’épargne et s’apprêtent à déployer des offres de crédits immobiliers. Autant de points qui empêchaient les clients de se tourner vers les néobanques pour en faire leur compte courant principal.

Reste que pour continuer à avancer, les start-up de la fintech devront tôt ou tard retrouver des financements. Si Revolut ou Lydia ont annoncé des recrutements grâce à leurs précédentes levées de fonds, d’autres n’ont pas cette chance. Et pour répondre à la « montée en puissance de segments tels que le web3, l’assurtech, ou la finance à impact » il faudra encore de la trésorerie. Reste à voir si les investisseurs seront de nouveaux au rendez-vous. Pour le moment, ils serrent la ceinture.

Les 3 infos à retenir

  • Les levées de fonds des start-up de la fintech se sont effondrées en 2023
  • Toutefois, cette coupure du robinet a des effets positifs sur le secteur
  • Mais les projets d’avenir nécessiteront davantage de cash

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