Foursquare abandonne Google Maps, complications en vue pour Google ?

Foursquare a annoncé la semaine dernière sa décision d’arrêter d’utiliser les cartes fournies par l’API de Google Maps pour son site. La firme de Mountain View aurait-elle du souci à se faire face à une soudaine montée en puissance de la concurrence open source ?

Foursquare a annoncé la semaine dernière sa décision d’arrêter d’utiliser les cartes fournies par l’API de Google Maps pour son site. L’application de géolocalisation sociale va en effet désormais exploiter le potentiel du projet OpenStreetMap en s’appuyant sur les services de la startup MapBox. La firme de Mountain View aurait-elle du souci à se faire face à cette soudaine montée en puissance de la concurrence open source ?

L’information ne vous aura peut-être pas échappé : le célèbre réseau social basé sur la géolocalisation a décidé de quitter Google et son API Google Maps la semaine dernière pour passer à l’utilisation des cartes du projet OpenStreetMap, basé sur le crowdsourcing — une sorte de Wikipédia de la géographie.

Foursquare utilise l’API Google Maps depuis sa création. Au cours des six derniers mois, de nombreuses compagnies s’appuyant sur la géolocalisation ont cependant commencé à effectuer une migration vers d’autres options gratuites, en alternative à l’API de Google, ce qui a très certainement dû susciter l’intérêt de Foursquare.

Au cours de son hackaton organisé en janvier, l’un des ingénieurs de la firme s’est posé la question suivante : “à quoi ressemblerait le monde si nous dessinions nos propres cartes ?”. Sa réponse, il l’avait alors en partie trouvée dans l’impressionnante base de données tenue par OpenStreetMap.

Récupérer les données fournies par OpenStreetMap et en générer des cartes sous forme d’images est un travail assez laborieux, surtout lorsque l’on souhaite couvrir le monde entier. C’est ce qui explique le choix de Foursquare de faire appel à une autre startup, MapBox, qui se présente comme “une belle alternative à Google Maps”. Au vu des cartes très design et épurées que MapBox est capable de générer, on comprend aisément le choix de la firme. Foursquare l’a d’ailleurs affirmé mercredi dernier sur son blog : “en tant que startup, nous pensons souvent à la manière dont nous pourrions rendre la vie plus facile pour les autres startups”.

Foursquare a choisi MapBox pour trois raisons : le fait que la startup utilise et traite les données libres d’OpenStreetMap — un projet voué à évoluer dans le bon sens –, les opportunités offertes en termes de flexibilité du design, qui permettent à Foursquare d’adapter les polices et couleurs des cartes à l’interface de son application, et l’usage par MapBox de la librarie JavaScript open source Leaflet, à laquelle souhaitent contribuer activement les développeurs de Foursquare.

En début de semaine dernière, MapBox a mis en ligne son API, MapBox Streets, qui a été utilisée pour le remaniement des cartes du site foursquare.com. Ces dernières se voient ainsi accoutrées de nouveaux boutons et de couleurs différentes, et elles sont, il faut bien l’avouer, assez sympathiques. Ne pouvant pas l’intégrer dans cet article, voici pour vous une petite page comparative qui vous permettra de vous faire une idée sur les différences entre l’API fournie par MapBox et celle de Google Maps.

A noter que ce changement n’affecte pas les cartes de l’application pour smartphones, celle-ci faisant en effet appel aux composants déjà intégrés dans iOS et Android. Le iPhone SDK et l’API Android Maps se basant sur Google Maps, Foursquare devrait continuer à utiliser ces cartes.

OpenStreetMap est l’un des plus gros projets de groupe actuellement entrepris sur la toile. La relation entre Google et ce dernier est néanmoins assez tumultueuse : une personne utilisant une adresse IP en provenance de la firme de Mountain View aurait en effet cherché à vandaliser le projet, introduisant de nombreuses informations erronées dans certaines villes, allant jusqu’à inverser le sens de circulation de certaines rues à sens unique… Le projet, lancé en 2004, a encore une longue route à parcourir, mais son support par Foursquare devrait à coup sûr lui donner un bon gros coup de boost.

De tels changements techniques peuvent parfois être assez dangereux, ou du moins risqués. Cela ne devrait pas trop toucher Foursquare, qui ne met en place sa nouvelle API que sur son site web pour l’instant, mais il est bien connu que l’utilisateur moyen est très rarement enclin au changement, on en a d’ailleurs récemment eu l’exemple avec le retour de la barre noire chez Google.

Pour rester dans le domaine de la géolocalisation, la société Garmin aura elle aussi pu en faire l’expérience. Il y a un an, celle-ci avait décidé de faire tourner son service GPS, auparavant basé sur Google Maps, sur les cartes de Bing Maps. Bien que l’API de Microsoft ait évoluée depuis, celle-ci n’était pas à l’époque adaptée aux besoins des utilisateurs des produits Garmin. Après avoir reçu de nombreuses complaintes, la firme a fini par mettre en place, au bout d’un an tout de même, la possibilité pour ses utilisateurs de choisir leurs cartes entre celles de Google Maps ou de Bing Maps.

Bien que Foursquare s’avoue enchanté d’utiliser des données open source, c’est aussi le prix d’utilisation de l’API Google Maps qui a été cité comme principale raison de ce changement.

Google Maps aura longtemps été le grand standard pour les applications et sites web faisant appel à un système de cartographie. La simplicité de l’API, sa popularité auprès des utilisateurs ou encore (et surtout) son prix d’utilisation (jusqu’alors gratuit) avaient su séduire et convaincre les développeurs.

Cependant, en novembre dernier, la firme de Mountain View avait annoncé qu’elle ferait payer ses plus gros utilisateurs dès le 1er janvier 2012. Cette nouvelle politique de prix concernait alors environ 4000 utilisateurs, dépassant chacun les 25 000 visualisations de cartes par jour (Foursquare les dépasse très largement), chaque tranche de 1 000 pages visionnées supplémentaire étant par la suite facturée au minimum 4 dollars à ces derniers.

Foursquare n’est pas la première plateforme à abandonner Google Maps, et elle ne sera certainement pas la dernière. Le contrôle presque total exercé jusque là par la firme de Mountain View dans l’espace géo-social devrait en prendre un coup.

La recherche de solutions moins onéreuses par les développeurs d’applications à succès est par la même occasion très certainement liée au fait que désormais, les recherches locales se font désormais depuis les applis mobiles. Une étude publiée par comScore le 29 février a en effet révélé que 49% des utilisateurs de smartphones et tablettes utilisent leurs applications pour la recherche d’informations locales (le fameux SoLoMo).

Foursquare a d’ailleurs annoncé la semaine dernière, au Mobile World Congress 2012, que son application devrait bientôt intégrer de nouvelles fonctionnalités, parmi lesquelles on pourra retrouver une technologie de prédiction, qui permettra à ses utilisateurs de se voir suggérer de nouveaux endroits proches d’eux.

La firme, qui est clairement l’un des plus gros leaders sur le terrain, pourrait bien avoir de ce fait renforcé une tendance qui risque de clairement jouer en défaveur de Google et de son service de cartographie en ligne. Les solutions open source dans ce domaine commencent par la même occasion à pointer le bout de leur nez. On peut notamment citer MapQuest, dont l’API est sortie le mois dernier. Celles-ci vont de toute évidence s’améliorer au fil du temps, et finir par devenir des concurrents sérieux pour la firme de Mountain View.


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28 commentaires

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  4. OpenStreetMap est parfois d’une richesse de détails assez incroyable par rapport à Google Maps, mais n’est pas vraiment connu 🙂

  5. Je suis un fan de Google et de Google Maps, je pense néanmoins qu’ils ont loupé le virage du crowdsourcing (en tout cas pour Maps).

    J’ai rajouté d’humbles updates à OpenStreetMaps (ce n’est pas évident mais on s’y fait avec le temps) et j’ai essayé de contacter Google Maps pour demander des modifications de certaines de leurs infos qui étaient complètement fausses.

    La réponse de Google arrive après un mois, elle est du genre « est-ce que le moniteur est branché, est-ce qu’il y a du courant dans la prise? ». Je leur ré-explique où est l’erreur (une mairie déplacée de 2 km qui a atterri sur une maternelle) et, un mois on me dit que tout est réparé alors que rien ne l’est (toujours pas changé après des mois d’ailleurs).
    Dommage, ils pourraient permettre de faire des modifications mineures, avec peut-être un système de réputation pour des modifications plus sérieuses.

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  7. Vu le nombre de domaine ou google est présent, c’est certain qu’il peut pas être au top partout… en tout cas gg map ça reste quand même la référence pour des millions de personnes (ceux qui ne font pas partie des 4000 qui dépassent 25 000 visu par jour)

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  9. Plus localement en france 🙂 il y a des sociétés comme Azaé (http://azae.net) qui sont capable de mettre en oeuvre à la fois un rendu adapté à la charte graphique du client et les serveurs necessaire pour afficher ces cartes sur internet.

  10. C’est quand même chouette de voir qu’il existe de bonnes alternatives à Google, pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier…

  11. Moi je souhaite beaucoup de réussite à OpenStreetMap et MapBoxpour leur projet très ambitieux, c’est bien que les petits poissons attaquent de temps en temps les gros requins!

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  13. Une alternative de + à Google, c’est cool ça. Si ça continue GG va se faire démonter au fil des années. Rajoutons à cela son intégration de G+ aux SERP…

  14. J’ai demander à Google Map de corriger des noms de rues qui étaient orthographiés incorrectement et cela a été actualisé au bout de quelques mois .. La réactivité n’est pas des meilleurs certe, mais j’ai un peu de crainte sur ce que pourrait devenir un système de cartographie ouvert en cas d’attaques concertés ..

  15. Je suis preneur si quelqu’un connaît des solutions alternatives aux API Google suivantes :
    – Directions API
    – Distance Matrix API
    – Geocoding API

    Comme Wojtek, j’ai rencontré des grosses difficultés à contacter Google pour obtenir des infos (je reçois des e-mails types en allemand après plusieurs semaines).

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  17. un manque à gagner de plus à Google, à savoir aussi que le service eBookstore qui est accessible partout dans le monde, mais la plateforme de lecture numérique, fait l’objet de plusieurs poursuites en justice, notamment pour plusieurs affaires de compatibilité de copyright.

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  22. Juste pour info sur les téléphone Nokia, foursquare tourne sur ovi map. Ce qui me fait dire qu’il reflechise depuis un moment a réussir a se passer de Google map

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