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French Tech 120 : tout juste dévoilée, la liste des startups fait déjà polémique

Les heureux élus se réjouissent d’intégrer ce classement qui les situe dans l’univers de la Tech française, mais certains experts du secteur pointent cependant les limites de ce dispositif.

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French Tech
© French Tech

Les jeux sont faits. Après la sélection de 40 startups (Next 40) à fort potentiel en septembre dernier, le gouvernement a dévoilé la liste complète de la French Tech 120 qui comprend finalement 123 entreprises. L’objectif a une nouvelle fois été rappelé par le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O, lors d’une interview donnée au Figaro. Il s’agit d’accélérer le développement des sociétés et de créer ainsi de nombreux emplois.

French Tech 120

© French Tech

«C’est en enjeu en termes de créations d’emplois, car la dynamique French Tech est en train de devenir l’un des principaux moteurs de la création d’emplois en France avec plus de 25 000 emplois nets qui seront créés en 2020 par nos start-up. C’est un enjeu en termes de souveraineté, car notre économie a besoin de leaders mondiaux pour participer à la définition des standards de l’économie internationale et préserver notre modèle social », précise-t-il.

Des services sur-mesure pour les startups

Les sociétés sélectionnées bénéficieront justement d’une aide précieuse de la part de l’état français. L’idée est en effet de mettre en place un programme d’accompagnement sur-mesure pour leur simplifier la vie. Une cinquantaine de correspondants French Tech sont ainsi répartis au sein de l’administration française et seront leurs interlocuteurs privilégiés. Les services fournis tournent autour de cinq catégories : le développement à l’international, le financement, l’accès au marché, le recrutement de talents et l’accompagnement dans toutes les relations avec l’administration.

Les startups sélectionnées ont des attentes très précises quant à ce dispositif. Le journal Les Échos cite l’exemple de Sébastien Ricard, le fondateur de LumApps basé en région lyonnaise. Pour ce dernier, la sélection est un coup de projecteur très bienvenue : « Nous ne sommes pas dans les réseaux parisiens, et faire partie de cet indice nous donne une certaine crédibilité. Cela est inspirant et insuffle une dynamique aux autres entrepreneurs de la région qui peuvent se dire qu’il est possible d’y arriver. »

Contacté par nos soins, Yoann Valensi, fondateur et co-associé de Certideal, un site spécialisé dans la vente de smartphones reconditionnés à destination du grand public, abonde dans le même sens : « Nous n’étions pas en mesure de candidater pour le Next 40 et cette fois-ci c’était possible. C’est l’occasion pour nous de se situer dans le panorama de la Tech française. Cette sélection est aussi une très bonne chose pour nos équipes et cela les rend fiers. » L’entrepreneur espère maintenant que le dispositif permettra à Certideal de poursuivre sa progression. Selon lui, la French Tech pourrait notamment permettre d’avancer sur les thèmes des visas, des permis de travail et pourquoi pas offrir un accès plus facile aux marchés publics.

Des critiques sur le principe d’une sélection

Au total, 327 entreprises ont candidaté et 83 ont été retenues. La sélection, lancée fin octobre, reposait sur plusieurs critères parmi lesquels, la croissance du chiffre d’affaires ou des levées de fonds. Pour des raisons de représentativité géographique, elle imposait également un objectif de deux startups par région.

Ce choix a suscité des critiques car 250 entreprises candidates, souvent parisiennes, étaient éligibles et auraient donc pu intégrer le classement. La directrice de La French Tech, Kat Borlongan, s’en est expliquée dans La Tribune :

Nous avons appliqué les critères de manière très stricte, quitte à refuser de beaux dossiers, mais c’était la seule façon de pouvoir justifier tous nos choix. Certaines startups qui ont levé beaucoup d’argent et qui ont un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions d’euros n’ont pas été sélectionnés parce qu’elle n’avaient pas une hyper-croissance de plus de 25% sur trois ans.

Certains n’hésitent pourtant pas à critiquer ce mode de sélection. C’est notamment le cas de Jean de la Rochebrochard, associé chez Kima Ventures, qui intervient auprès de 800 entreprises, et qui représente déjà 25 % du Next 40. Dans un billet, il conteste l’idée de figer un classement de startups dans le marbre alors que ces dernières ont un équilibre économique très fragile. Cela risquerait de mettre l’accent sur certaines pépites, alors que d’autres mériteraient tout autant de l’aide et une mise en lumière.

Il a précisé plus tard sa pensée chez nos confrères des Échos :  « Nous avons beaucoup de talents et de capitaux, mais il serait dommage de ne concrétiser que 25 % de notre potentiel. Je trouve que le marché nous porte et qu’on ne fait pas assez d’efforts pour en tirer, cueillir les fruits. Ceux qui investissent dans les fonds doivent exiger un meilleur suivi des entreprises dans lesquelles les structures qu’ils soutiennent investissent. »

Lors d’une récente interview qu’il nous avait accordée, Pascal Gauthier, le dirigeant de Ledger, une société intégrée dans le Next 40, allait un peu dans le même sens. Il louait les efforts du gouvernement en faveur des startups mais incitait les entreprises à penser leur développement par elles-mêmes :

« Il est extrêmement important de réussir à monter des entreprises globales et leaders sur leur secteur, parce qu’à vouloir faire des entreprises trop françaises dans un monde digitalisé, on a tendance à construire trop petit. En justement, en construisant trop petit, on est à la merci de se faire racheter et / ou d’avoir une concurrence trop forte avec des acteurs mondiaux en face. Je crois que les annonces du gouvernement vont dans ce sens là, mais je crois que les entrepreneurs doivent eux-mêmes aussi réfléchir à construire les plus grandes entreprises possibles leaders sur leur secteur », précisait-il.

Pour limiter au maximum les frustrations, le gouvernement a toutefois promis de revoir sa sélection tous les ans selon des critères qui ne sont pas encore connus et qui pourraient justement donner des sueurs froides aux entreprises déjà intégrées dans le dispositif.

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