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Fusion nucléaire : cette startup est bien partie pour lancer un réacteur avant ITER

La startup britannique privée Tokamak Energy va-t-elle délivrer les premiers vrais réacteurs commerciaux de fusion nucléaire, avant ITER ? L’approche retenue est en tout cas étonnamment bon marché et très prometteuse…

La firme britannique Tokamak Energy est l’une des quelques entreprises dans le monde à avoir construit son propre réacteur de fusion nucléaire Tokamak expérimental. Et la firme vient d’atteindre une étape majeure vers le tout premier réacteur de fusion nucléaire commercial. La firme annonce avoir atteint les 100 millions de degrés Celsius dans son réacteur ST40 – qui a plusieurs caractéristiques très intéressantes.

D’abord il s’agit d’un réacteur compact plutôt petit, et relativement bon marché à construire, du moins sur le papier – au contraire du réacteur expérimental ITER qui accumule à peu près tout les superlatifs (mais est encore loin de son premier allumage). Le concept derrière Tokamak Energy remonte aux années 1980. L’un des fondateurs de la startup, Alan Sykes, réalise en marge d’une étude que changer la forme des tokamak était susceptible d’améliorer les performances.

Le secteur privé pourrait délivrer la fusion nucléaire avant ITER

Le confinement du plasma et ses variations imprévisibles sont le problème numéro 1 à résoudre pour commencer à produire de l’énergie propre issue de la fusion. Alan Sykes propose dans son papier scientifique de passer d’une forme toroïdale à un tokamak plus rond, un peu à la manière d’une pomme. Le principe de fonctionnement est autrement similaire. Mais selon les recherches préliminaires ces choix devaient permettre à l’entreprise d’obtenir une pression de plasma nettement plus importante à une intensité du champ magnétique donnée.

Un axiome que Tokamak Energy semble bel et bien en passe de démontrer avec son réacteur ST-40. Construire ce réacteur n’a en effet couté à la startup que 50 millions de livres Sterling, un montant à des années-lumières du budget du réacteur expérimental ITER (plus de 21 milliards de dollars, à date). Certes ITER n’a pas tout à fait les mêmes buts. Il ne s’agit même pas, de facto, à ce stade, de produire de l’énergie, mais plutôt de bien comprendre tous les mécanismes nécessaires à la fusion avant de développer d’autres réacteurs.

Bien sûr, le problème évident de ITER, c’est sa durée. Le projet avance extrêmement lentement, et selon le calendrier révisé, à date, il faudra attendre 2025 pour assister au tout premier allumage du Tokamak, et 2035 pour le premier plasma de deutérium-tritium. Le vrai réacteur pratique, baptisé DEMO, viendra ensuite – sa construction n’est même pas encore programmée. Puis un réacteur PROTO proche d’une solution industrielle complète sera construit avant les toutes premières centrales à un horizon assez lointain.

Lire aussi – Fusion nucléaire – cette solution miracle pourrait accélérer l’arrivée de la première centrale

“Nous sommes fiers d’avoir atteint cette étape majeure qui nous rapproche d’un pas vers une nouvelle source d’énergie plus sûre et excepte d’émissions carbonées”, explique Chris Kelsall, PDG de Tokamak Energy, qui annonce en parallèle déjà la construction de son prochain réacteur : “notre prochaine machine combinera les acquis [de ST40] avec [la technologie des aimants HTS ou Supraconducteurs Haute Température, ndlr] pour la première fois, une étape indispensable pour nous permettre de délivrer de l’énergie à bas coût dans des modules de fusion compacts”.

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10 commentaires
10 commentaires
  1. Qu’ont ils fait de mieux que la vingtaine de Tomahawk qui fonctionnent sur cette planète ?
    Heureusement qu’ils ne coûtent tous pas le prix d’ITER !
    A l’école polytechnique de Lausanne vous en avez un…

    1. Oui, mais il n’a pas un rendement électricité produite sur électricité utilisée positif, comme aucun de ceux qu’il y a dans le monde, là où ça devrait être le cas d’ITER, du fait de sa taille entre autres justement.

  2. Faut arrêter de prendre pour argent comptant la propagande de cette société. Il n’y aura pas de réacteur à fusion en 2030. Les résultats de cette société n’ont rien d’extraordinaires. Il s’agit juste de rassurer les investisseurs. Peut être que Presse Citron pourrait embaucher des journalistes pour creuser ses articles au lieu de faire des copiés collés de communiqués de presse.

    1. Le problème avec ces initiatives privées c’est bien la sécurité…
      Si la fusion nucléaire est une énergie relativement sûre et sereine… Une fois maîtrisée.
      Sa compréhension et son étude relève de l’étude de la puissance du soleil…
      Autrement dit elle est excessivement dangereuse et un accident entraînerait un cataclysme pour la planète.
      Ça on ne nous le dis pas assez et franchement moi j’ai peur face à ces sociétés privées…
      Qui jouent aux apprentis sorciers…

      1. N’importe quoi.
        Ce n’est pas parce que le processus est le même que dans le soleil (ce qui est déjà faux en soit), que la puissance doit être la même…
        La fusion n’est pas “excessivement dangereuse”. Elle est même encore plus sure que la fission.
        Si les températures vous font peur, considérez que ITER ne contiendra que 1g de plasma. Très chaud certes, mais à un pression proche du vide absolu. Même en cas de rupture catastrophique du tokamak, c’est l’air extérieur qui s’engouffrerait dedans.

        1. Malgré tout, il semble qu’il y ait d’autres risques potentiels, notamment en ce qui concerne le beryllium qui tapisse la chambre à vide et qui pose des problèmes de toxicité pour les inévitables opérations de maintenance. La poussière de beryllium est plus toxique que l’arsenic…

          Le projet ITER essuie d’ailleurs actuellement des contretemps sérieux, liés en particulier à des questions de sécurité et de pression sur le personnel (une mise au pas des critiques qui me parait inquiétante).

  3. Comme 80 % des start up qui chasse les sponsors et les subventions, ils disparaîtront une fois la moisson de cette chasse dépensée au seul profit des initiateurs du projet. Mon arrière petit fils qui a deux ans verra peut être une ampoule s’éclairer avec de l’électricité produite par la fusion nucléaire, mais je n’en suis même pas sûr.
    Pour l’instent, on a les renouvelables qui peuvent faire.

  4. Toutes les startups du secteur poussent d’une façon ou d’une autre sur l’engrais que constitue les milliards dépensés pour ITER. C’est le projet qui permet de former le plus de travailleurs et de fournisseurs sensibilisés aux subtilités des différents concepts de fusion possibles… et c’est très bien comme ça puisqu’il s’agit d’un réacteur de recherche!

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