Passer au contenu

Pourquoi la France passe les comptes de Nissan à la loupe ?

La DGCCRF vient de demander à Nissan de lui fournir des documents financiers. Le début d’une enquête contre le constructeur nippon ?

Nissan est l’un des constructeurs automobiles les plus populaires dans l’hexagone. Mais cela ne l’empêche pas de se retrouver dans le viseur de la justice. Dans une lettre datant d’août dernier, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a indiqué vouloir examiner des documents financiers détaillés liés à l’exercice 2024 du constructeur automobile.

Pour rappel, la loi en France oblige les entreprises à payer leurs fournisseurs sous 60 jours. Mais dans le cas de Nissan des soupçons laissent penser que cela n’a pas été toujours fait dans les temps. Autrement dit, le constructeur automobile aurait réglé des factures en retard.

Pour l’heure aucune preuve n’a été découverte sur de tels manquements. S’ils venaient néanmoins à être confirmés, Nissan pourrait être condamné à une amende ou des pénalités de retard de paiement. Dans le cadre de cette affaire, la somme pourrait dépasser les 2 millions d’euros.

Pourquoi la France enquête-t-elle sur Nissan ?

La DGCCRF n’a pour l’heure pas donné de motifs à son examen des comptes de Nissan. L’organisme de lutte contre la fraude n’a besoin d’aucun justificatif pour saisir ces documents. Mais le timing de cette demande interroge.

En effet, Nissan a entrepris en 2024 un large plan de redressement financier. L’objectif affiché par le constructeur était de réduire les coûts de 3,4 milliards de dollars sur la période. Avec une telle volonté de faire table rase du passé, Nissan aurait encouragé ses sous-traitants à « attendre un peu » leurs paiements.

Dans un article publié en juin dernier, l’agence de presse Reuters affirmait que Nissan Europe avait proposé à plusieurs de ses sous-traitants européens et britanniques des paiements différés. Une pratique illégale donc. Pour Nissan, ce paiement tardif aurait permis au groupe de libérer des liquidités importantes sur le court terme. Une pratique finalement assez commune dans le monde des affaires, bien qu’elle soit pénalement répréhensible.

Le Japon a déjà condamné Nissan

Bien que le constructeur automobile soit toujours innocent jusqu’à preuve du contraire, les soupçons sont de plus en plus grands. Il y a quelques semaines, les autorités japonaises ont déjà rendu leur verdict dans cette même affaire. Elles ont condamné Nissan pour avoir sous-payé des fournisseurs pendant près de deux ans.

Or ces paiements en retard ne sont pas sans conséquence. La Commission européenne estime que près d’un quart des faillites sur le vieux continent sont liés de près ou de loin à des paiements différés. Les fournisseurs des grandes entreprises comme Nissan n’ont pas toujours la trésorerie suffisante pour fonctionner pendant 4 à 5 mois en attendant un chèque qui n’arrive jamais.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech