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Vous prenez l’avion aujourd’hui ? Attendez-vous à des annulations et des retards

Les aéroports parisiens sont secoués par un mouvement de grève ce vendredi. Quelles en sont les conséquences ?

Ce vendredi 4 juillet rime avec départ en vacances pour des millions de Français. Mais leur envie d’ailleurs pourrait être contrariée par un mouvement de grève des contrôleurs aériens. Les principaux aéroports français sont concernés, notamment les deux sites parisiens (Orly et Charles de Gaule).

Au total, ce sont des centaines de vols qui risquent d’être annulés à la suite de ce mouvement de grève. À l’origine de cette protestation, deux syndicats minoritaires en Europe. Ils demandent une amélioration de leurs conditions de travail ainsi qu’une augmentation des effectifs.

Une journée noire est prévue dans les deux aéroports parisiens pour ce vendredi. La DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) a demandé aux compagnies aériennes de réduire de 40 % leurs programmes de vols. Pour le ministre des Transports, Philipe Tabarot, cette grève est tout simplement inacceptable. Il assure qu’elle fait perdre « des millions » aux compagnies aériennes.

Même son de cloche du côté de Matignon. Le Premier ministre François Bayrou se dit « choqué » par ce mouvement de grève. Il assure qu’il s’agit d’une « prise en otage » pour les Français qui ont choisi de partir en vacances.

Une grève “intolérable”

Dans le détail, la DGAC estime que 933 vols ont été supprimés au départ ou l’arrivée en France, sur la seule journée de jeudi. Localement, certains aéroports ont été particulièrement touchés. C’est par exemple le cas à Nice avec un vol sur 2 seulement. Dans la capitale un vol sur 4 a été annulé par les autorités, faute de personnel.

Premières touchées, les compagnies aériennes sont très remontées. Dans une prise de parole, Ourania Georgoutsakou, la directrice générale d’Airlines for Europe (A4E) — la principale association européenne de compagnies aériennes — a qualifié cette grève « d’intolérable ». Elle rappelle que les contrôleurs français sont déjà responsables « des retards parmi les pires en Europe ». Elle regrette que les « agissements d’une minorité d’aiguilleurs du ciel aillent perturber les projets de vacances de milliers de personnes en France et en Europe. »

Vendredi noir ?

Concernant la journée de ce vendredi, les aéroports parisiens s’attendent au pire. À Beauvais « temple du low cost » les perturbations devraient atteindre les 40 %. Sur les sites d’Orly et de Charles de Gaule, les chiffres devraient rester similaires à la veille, avec 25 % d’annulations et de nombreux retards.

Finalement c’est dans le sud du pays que la situation devrait être la plus tendue. Les aéroports de Marseille et Nice ont été particulièrement touchés ce jeudi. Il devrait en être de même aujourd’hui. Le taux d’annulation est estimé autour des 50 % sur les deux sites.

Quelles revendications ?

Du côté des aiguilleurs en grève, les revendications sont restées inchangées cette nuit. Le syndicat Unsa-Icna, deuxième mouvement social du pays, demande une augmentation « significative » des effectifs, pour lutter contre un « sous-effectif structurel ».

Ils mettent aussi le doigt sur leurs moyens de travail, jugés des « obsolètes ou défaillants ». Ainsi que sur une hiérarchie où la « surveillance règne à outrance » avec une absence totale de « considération ». De son côté le ministre des Transports a assuré qu’il « tiendrait bon » face « à ce chantage ».

Pour lui, certaines revendications ne sont « pas justes ». Il a rappelé qu’une grande réforme du monde aérien était en cours (bien que contestée en interne) après un « incident grave » sur l’aéroport de Bordeaux en 2022. Il a également rappelé que les aiguilleurs du ciel bénéficient de conditions de travail très particulières. Ils travaillent 32 heures par semaine, ont eu le droit à une augmentation de salaire de 7 % l’an dernier, et disposent d’un départ à la retraite anticipé à 59 ans.

Rappelons que le droit à la grève est un fondement de notre démocratie. C’est un droit à valeur constitutionnel (depuis 1971). Il est protégé en France depuis 1864 et la loi Ollivier. 

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Par : Opera