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Il choisit un terme informatique pour sa plaque d’immatriculation, et sa vie tourne au cauchemar

Un chercheur spécialisé dans la sécurité informatique a choisi une chaine de caractères informatiques comme immatriculation de sa voiture. Mal lui en a pris…

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Immatriculation NULL
© Google Images

Nulle et non avenue. Tel pourrait être le qualificatif pour l’idée qu’a eue Joseph Tartaro, un informaticien américain, lorsqu’il s’est mis en tête de demander une « Vanity license plate », autrement dit une immatriculation personnalisée pour sa voiture, dont les numéros et les lettres peuvent être choisis par le propriétaire de la voiture. Il est ainsi possible de choisir une plaque à son nom (s’il n’est pas déjà pris) ou avec un mot ou une suite de caractères. Une pratique courante aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays, mais toujours pas autorisée en France.

Après avoir passé en revue plusieurs termes et codes informatiques liés à son activité, Joseph Tartaro s’est finalement arrêté sur « NULL », une chaine de caractères qui constitue une formule très courante signifiant « vide » ou « pas de données disponibles » et qui s’affiche généralement par défaut dans un programme lorsque aucune valeur n’est saisie. Bon, il faut dire aussi que le garçon a avoué avoir une autre idée derrière la tête : avec un peu de chance, la base de données des amendes de Californie verrait « NULL » et attribuerait tous ses PV à… personne.

Cela n’a pas été la meilleure idée de sa vie.

Alors que le DMV, le bureau des immatriculations de Californie, a accepté l’enregistrement de NULL comme plaque minéralogique de Joseph Tartaro en 2016, tout ne s’est pas par la suite passé comme prévu. Lorsque Tartaro a dû renouveler sa licence en 2017, « NULL » a été refusé, car le terme faisait planter le site web du DMV. Un bug marquant le début des ennuis pour le malheureux automobiliste, qui a commencé à recevoir des amendes par dizaines. Il s’est produit en fait exactement l’inverse de ce qu’il espérait.

L’informatique, c’est NULL

Car, comme indiqué précédemment, l’informatique ayant horreur du vide, chaque fois qu’un agent de la circulation verbalisait un automobiliste en omettant de saisir son numéro d’immatriculation, c’est la valeur « NULL » qui était enregistrée par défaut dans le système central. Vous avez compris la suite : toutes les amendes affichant « NULL » arrivent tranquillement dans la boîte aux lettres de Joseph Tartaro. Le pire étant que, pour une raison que l’on ignore, même des PV faisant apparaitre des marques différentes de celle de la voiture de Tartaro lui sont quand même adressées. Ainsi, alors qu’il conduit une Infiniti, il reçoit des prunes destinées à des Honda, des Toyota ou des Mercedes, dont certaines datent de 2014, soit deux ans avant l’enregistrement de l’immatriculation qui pose problème.

Au total, les amendes injustifiées ont atteint un montant dépassant les 12 000 dollars, une somme que Joseph Tartaro a réussi à ramener à 6 000 dollars après avoir expliqué le problème et âprement négocié avec le DMV. Mais il reste encore une grosse somme à régler, ce que l’informaticien ne veut pas faire, car même s’il ne restait que quelques dizaines de dollars de « dette », la payer signifierait l’acceptation de sa culpabilité, et alors le cauchemar ne s’arrêterait jamais : « Pour l’instant, je ne peux pas ré-immatriculer mon véhicule sans payer les amendes. Mais je ne peux pas payer les amendes car cela impliquerait que j’admets ma culpabilité, et à la minute où je l’admets cela ouvre la voie à tous les autres PV. Je suis dans une très mauvaise situation. »

Une mésaventure qui a fait réagir un certain… Christopher Null, journaliste de son état. Selon ce dernier, son patronyme ne cause que « des erreurs, des accidents et des maux de tête ». Christopher Null a lui-même dû faire face à d’innombrables désagréments, depuis l’abandon de son nom de famille par American Express jusqu’au refus de la Bank of America d’accepter les courriels de son domaine « nullmedia.com ».

L’informatique et l’administration, une histoire d’amour finalement universelle (et sans fin).

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5 Commentaires

5 Commentaires

  1. frey

    14 août 2019 at 18 h 52 min

    Elle est excellente cette anecdote , la meilleure du siècle .

  2. Eolyx

    15 août 2019 at 9 h 17 min

    Excellent et bien fait pour lui vu que c’était justement pour tricher et éviter les amendes qu’il voulait faire ça 😁

  3. mdes

    15 août 2019 at 10 h 06 min

    Cela prouve que bien des informaticiens codent comme des nuls. Il y a une grosse différence entre la chaîne de caractères « null » et la valeur null; le type de données est complètement différent.
    Mais c’est tellement gros comme erreur que je me demande si cette histoire est bien réelle…

  4. Arthur

    15 août 2019 at 18 h 12 min

    Étrange tout de même d’avoir autant de bugs, la valeur null et la string « null » dans la plupart des languages c’est pas la même chose.
    Sauf à eval la string, et dans ce cas j’attends avec impatience le mec qui aura l’idée de demander une plaque du style « while(1) fork() »…

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