Fondée en 2020, C12 s’est imposée comme un acteur singulier dans la course mondiale à l’ordinateur quantique. Sa particularité : une technologie que personne d’autre ne maîtrise, des qubits fabriqués à partir de nanotubes de carbone.
Car un ordinateur quantique ne fonctionne pas avec des bits classiques, ces 0 et 1 que manipulent nos machines habituelles. Il repose sur des qubits, qui peuvent exister dans plusieurs états à la fois. Cette propriété leur permet d’explorer un nombre colossal de possibilités en parallèle, là où un ordinateur classique avance pas à pas. En théorie, de quoi résoudre des problèmes aujourd’hui hors de portée, même pour les supercalculateurs les plus puissants.
Mais en pratique, les qubits sont d’une fragilité extrême. La moindre vibration, fluctuation électrique ou impureté dans le matériau suffit à les déstabiliser, et à faire s’accumuler les erreurs. C’est ce qu’on appelle la décohérence. Là où la plupart des acteurs du secteur tentent de corriger ces erreurs après coup, C12 a fait un choix différent : les empêcher d’apparaître en amont, en misant sur la pureté absolue du matériau. Ses nanotubes de carbone, mille fois plus fins qu’un cheveu, sont sélectionnés un à un, avec une précision laser, pour garantir des qubits aussi stables que possible dès leur fabrication.

Quatre générations de processeurs
La startup entend désormais se servir de cette fondation scientifique pour franchir une étape décisive. La startup dévoile, ce 16 avril, sa feuille de route technologique vers un calcul quantique dit « tolérant aux fautes ». C’est-à-dire en mesure d’enchaîner des opérations complexes sans que les erreurs ne viennent tout faire dérailler. L’horizon : 2033.
La trajectoire s’articule en quatre générations de processeurs, chacune portant un nom de la mythologie grecque. La première, Aïdôs, est attendue pour 2027. Elle constituera la démonstration du premier qubit logique de C12. C’est une distinction importante, car il s’agit d’un qubit fiable obtenu en combinant plusieurs qubits physiques pour neutraliser leurs imperfections.
En 2030, viendra ensuite Zélos, qui introduira une architecture modulaire permettant de faire grandir les processeurs comme des blocs emboîtables. Puis Styx en 2032, qui étendra cette logique à plus grande échelle. Enfin, Panopeia, prévu en 2033, représente l’objectif ultime : un système intégrant plus de 100 000 qubits physiques, avec des taux d’erreur infimes, le tout dans un espace de 17 mètres carrés. De quoi s’intégrer dans un data center classique.
« Notre objectif n’est pas simplement de construire plus de qubits », résume Pierre Desjardins, PDG et cofondateur de C12. « Le vrai défi, c’est de bâtir des ordinateurs quantiques capables de monter en puissance de manière fiable ». En parallèle, C12 travaille déjà avec des acteurs industriels de premier plan : Air Liquide, Thales, Dassault Aviation, mais aussi l’Armée française.
Leur but : identifier les cas d’usage concrets de l’informatique quantique, nous confiait le dirigeant il y a quelques mois. Car des secteurs entiers attendent de pouvoir s’appuyer sur cette puissance de calcul inédite.
- C12, startup parisienne pionnière des qubits à nanotubes de carbone, dévoile sa feuille de route vers un ordinateur quantique fiable et industrialisable d’ici 2033.
- La trajectoire se déroule en quatre générations de processeurs avec pour objectif un système de plus de 100 000 qubits physiques, intégrable dans un data center.
- Plutôt que de chercher à multiplier les qubits à tout prix, C12 mise sur la fiabilité et la correction d’erreurs.
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