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Instagram censure la une de Charlie Hebdo : une erreur qui fait débat

Les deux journalistes, au compte Instagram bloqué samedi, n’ont pas apprécié la « censure » du réseau social.

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Instagram app
© Unsplash / Brett Jordan

La rencontre de deux débats. Samedi, alors que le dernier numéro de « Charlie Hebdo » avait été posté trois jours avant, deux journalistes de la rédaction du journal satirique et laïque ont fait savoir que leur compte Instagram avait été bloqué. Pour cause, leur repartage de la une « Tout ça pour ça », reprenant les caricatures du prophète Mahomet.

En parallèle au débat sur le droit au blasphème en France, s’ajoutait ainsi à nouveau ce week-end le débat sur la censure des réseaux sociaux. Durant près de vingt-quatre heures, les deux journalistes ne pouvaient plus utiliser leur compte Instagram.

Via Twitter, samedi soir, Laure Daussy a fait part de son mécontentement en expliquant, capture d’écran à l’appui : « Mon compte Instagram a été « désactivé ». La dernière photo que j’avais postée était la une de Charlie Hebdo. C’est donc probablement un piratage ou un signalement en masse, nouvelle forme de censure. Hallucinant. » 

« Un piratage ou un signalement de masse »

Dimanche matin, sa consoeur dessinatrice connue sous le surnom de « Coco » rapporta elle aussi que son compte avait été bloqué, certainement pour la même raison. Sans aucun accès à leur compte, leur mécontentement fut rapidement repris par les médias, jusqu’à ce qu’Instagram réagisse et remette à nouveau disponibles ces derniers.

Sans explications claires sur la nature des deux blocages, Instagram s’excusait et tentait de répondre à la journaliste Laure Daussy qui croyait en un « piratage ou signalement de masse, nouvelle forme de censure ». Via un porte-parole, le réseau social (à la propriété de Facebook) a fait valoir que « les comptes ont été supprimés par erreur et nous les avons rétablis dès que cela a été porté à notre connaissance ».

« Nous sommes désolés de la confusion et de la détresse que cela a pu causer. Pour info, cela n’avait aucun lien avec la couverture de Charlie, elle n’a pas été censurée par ailleurs et a été publiée sur le compte de Charlie », ajoutait Instagram.

« L’intelligence artificielle a ses limites »

Comme le rappelle un article de Libération, Instagram avait déjà eu l’occasion d’expliquer comment fonctionnait son système de régulation des publications, et ses potentielles failles. Dans une enquête des Inrocks au sujet de plusieurs comptes de féministes bloqués sur la plateforme, Instagram indiquait : « Bloquer ou supprimer un compte n’arrive qu’après signalements. Par mesure d’extrême précaution et de sécurité, après un signalement massif, nous allons rapidement supprimer le compte car nous estimons qu’il y a un danger. Parfois, cela peut nous amener à faire des erreurs. Nous restons humains, et l’intelligence artificielle a elle aussi ses limites. »

Le mois dernier pourtant, Instagram et Facebook prenaient une décision similaire et réfléchie avec le compte de l’humoriste Dieudonné, pour qui la mesure fut d’autant plus radicale. À la suite de la suppression de la chaîne YouTube du polémiste, le groupe de Mark Zuckerberg prenait une décision similaire en désactivant définitivement ses comptes Instagram et Facebook.

« En conformité avec notre politique sur les individus et les organismes dangereux, nous avons banni de manière permanente Dieudonné M’Bala M’Bala de Facebook et d’Instagram. Bannir une personne de manière permanente de nos services est une décision que nous pesons toujours avec attention, mais les individus et organisations qui attaquent les autres sur la base de ce qu’ils sont n’ont pas leur place sur Facebook ou sur Instagram », déclarait un porte-parole.

La censure, un dilemme pour Mark Zuckerberg

Le contexte n’est pas opportun au groupe Facebook, qui continue d’essuyer de nombreuses critiques sur sa politique de censure. Avec les élections présidentielles américaines, le sujet a fait débat ces derniers mois. Mark Zuckerberg, à la tête du réseau social propriétaire d’Instagram, prenait généralement la posture du désengagé face à d’autres comme Twitter et Snapchat.

À la suite d’une mise à jour de sa politique, le réseau social à l’oiseau bleu avait commencé en mai dernier à censurer certains tweets du président Trump relatifs à l’épidémie de coronavirus. En réaction à d’autres messages, Snapchat avait également choisi de désactiver le compte du président des stories à la une sur son onglet « Discover ».

La posture laxiste de Facebook face à la question de la censure aura eu des conséquences sur ses relations avec les parties prenantes. D’un côté, ses salariés avaient mené plusieurs mouvements de contestations jusqu’au mouvement de grève. De l’autre, ses plus gros annonceurs ont participé à un boycott pour faire savoir leur désaccord.

Instagram
Par : Instagram Inc
4.6 / 5
108,5 M avis
1 commentaire

1 Commentaire

  1. Tof

    8 septembre 2020 at 9 h 22 min

    L’inutilité et le néfaste de ces zéros sociaux saute chaque jour plus aux yeux de tous
    Malgré tout, tous les cretins en sont particulièrement contents et se sentent tellement branchés…a big Brother…
    La création de générations d’abrutis…. lol. No future!!

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