C’est un phénomène qui prend de l’ampleur en France et dans le reste du monde. De nombreux foyers utilisent des IPTV pirates qui leur permettent, pour une somme relativement modique, d’accéder à des milliers de chaînes et plateformes de streaming. Et justement, Pauline Combredet-Blassel, directrice générale adjointe de l’ARCOM, a fait le point sur cette pratique dans l’Hexagone dans un entretien accordé à nos confrères de La Dépêche.
Une lutte vaine contre les IPTV pirates ?
On apprend tout d’abord que cette technique de piratage est assez massive en France, et qu’elle concerne 5 % des internautes d’après un baromètre datant de l’an dernier. Le cliché de l’internaute manquant d’argent pour s’abonner et qui recourt à des moyens détournés en prend aussi un coup.
L’utilisateur type d’une IPTV illégale est en effet un homme trentenaire, assez aisé, appartenant à une catégorie socioprofessionnelle supérieure et vivant en région parisienne, d’après l’ARCOM.
Pauline Combredet-Blassel confirme par ailleurs que le recours aux IPTV illégales est en hausse en raison de la facilité d’utilisation de ces systèmes. Elle insiste sur le fait que ces derniers exposent les internautes à des arnaques. Quant aux autorités françaises, elles sont engagées dans une lutte contre les pirates en mettant notamment en place un blocage de nombreux domaines. Plus d’une centaine ont déjà été mis hors d’état de nuire depuis 2022.
En avril 2022, la nouvelle autorité se réjouissait d’ailleurs du fait que le blocage des sites avait entraîné une chute de 76 % du piratage de la Ligue des champions de football en France, soit la plus prestigieuse compétition de ballon rond en Europe.
Pour autant, la lutte est loin d’être gagnée. Plusieurs études ont en effet permis de constater que si le blocage des sites contribue à faire baisser leur audience, cela ne génère pas forcément de revenus supplémentaires pour les offres légales. Quant aux internautes désireux de pirater, ils trouvent toujours des moyens de le faire.
Rappelons par ailleurs que le droit français est potentiellement très punitif pour les clients d’IPTV. L’utilisation d’un service illégal est ainsi passible de 3 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. Pour autant, la loi n’est bien sûr pas appliquée, et c’est tant mieux, car il n’est tout simplement pas envisageable de mettre 5 % des internautes français sous les verrous.
En revanche, la répression des gestionnaires de plateformes pirates s’accroît en Europe. Par exemple, en mai dernier, un énorme coup de filet a été réalisé par la police fiscale néerlandaise associée à Europol qui ont démantelé un des plus importants réseaux d’IPTV illégal en Europe. On vous invite à relire notre article à ce sujet ici.
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